Panama, plus grande ville et capitale du pays du même nom

Vivre l'expérience panaméenne

Nous voici dans le trafic de la «ciudad» avec cette impression persistante de tourner en rond depuis un bon moment. Devant, trois panneaux autoroutiers en espagnol dont aucun ne nous semble familier, dont aucun ne semble pointer vers notre destination. À gauche comme à droite, des autos et des camions qui se coupent, s'entrecroisent, se klaxonnent allègrement... Tu voulais vivre l'expérience panaméenne, tu es servi! me répète en boucle mon subconscient.
La «ciudad», c'est la ville de Panama, comme dans voyage au Panama. Voilà un pays que nous ne connaissions pas. Un peu plus loin que les traditionnelles destinations de voyage «dans'l'sud» si populaires chez le Québécois. Mais avec une promesse de nouveauté.
Sauf que nous ne voulions pas être prisonniers dans une enclave de villégiature. C'est là que nous avons décidé de louer une auto. Pas de prendre les nombreux autobus locaux et taxis, comme à notre habitude. Louer une auto et nous lancer dans le chaos routier. En plus, à quatre têtes ça valait le coup, ou le coût, d'autant plus qu'un employé venait nous chercher à la porte avec la bagnole, une Picanto!
Le zoo-jardin botanique El Nispero est une des attractions du village El Vallé de Anton, lové dans un cratère volcanique.
Une Rimouskoise croisée sur place avec ses deux enfants, elle, ne voulait rien savoir de la conduite, des cartes... des panneaux incompréhensibles. Un choix assumé. Un enfant dans chaque main, elle a donc opté pour les ruineuses «excursions» des voyagistes.
Pas nous. Oh que non. Le pilote voulait prendre le contrôle, tenir le volant!
Nous nous étions familiarisés avec les us et coutumes du chauffeur panaméen les jours précédents, durant des virées moins longues. Mais cette fois-là c'était la grande aventure dans la capitale... 
À destination, un grand bouchon de circulation, couvrant toute-toute la capitale, nous attendait! Il faut dire que nous avions raté notre sortie d'autoroute après le pont Centenario... ce qui nous a forcés à atterrir directement au coeur de la cité. Après une éternité à naviguer dans le trafic, à sillonner Panama au ralenti, nous étions exaspérés, les nerfs à vif, ne sachant trop où nous nous trouvions. Une énième moto nous a alors barré la route sans ménagement; mais celle-là était chevauchée par le livreur d'un restaurant. Après avoir pesté... nous avons vu l'affiche du commerce. Il était temps d'arrêter. Ce resto fera bien l'affaire!
La longue, longue plage de Paya Blanca et son sable parfois... noir.
C'est donc par hasard que nous sommes attablés dans un établissement tenu par un... Italien. Un journal bilingue espagnol-italien, le Corriere di Panama, sur la table. Dépaysant.
Repus et refroidis, nous avons discuté orientation avec le serveur qui nous a démêlé le tricot routier pour que nous puissions visiter certains points d'intérêt. C'est aussi à sa recommandation que nous sommes passés sans arrêter dans Calidonia, quartier moins sécuritaire.
Soleil déclinant
Mais, le soleil déclinant à l'horizon, vient le temps de retrouver l'autopista pour rentrer au bercail. Nous voici donc face à ces trois panneaux autoroutier, une carte de papier sur les genoux, et rien de rien qui ne ressemble à ce qu'affiche cette carte pour nous diriger.
Ça faisait déjà de nombreuses fois que nous demandions de l'aide pour sortir de la ciudad. Rien à faire, deux coins plus loin, nous étions de nouveau égarés. Pas de nom de rue, des véhicules en surnombre, une conduite pour le moins «cow-boy». La dernière fois que nous avions interpellé quelqu'un, il avait même refusé de nous aider en nous disant que de toutes les façons, nous allions nous perdre...
Quitter la quiétude de la plage pour un bouchon de circulation monstre! La capitale panaméenne grouille de monde et joue avec les nerfs des chauffeurs.
Ouvrons une parenthèse : les plus perspicaces auront compris qu'il serait malvenu de louer une voiture et de s'élancer sur les routes du Panama sans une base d'espagnol; ou un forfait cellulaire avec assez de bande passante pour l'utilisation des applications cartographiques. Refermons la parenthèse.
Nous sommes donc pris dans un bouchon autoroutier... et notre subconscient - qui s'exprime à trois voix depuis les sièges des passagers - est de plus en plus fatigué. À voir les plaies béantes sur les voitures voisines, nous comprenons que nous risquons d'avoir besoin du forfait d'assurances contre les accidents du locateur si nous ne nous extirpons pas de là au plus vite.
Pas le choix. Nous profitons du surplace imposé pour ouvrir la fenêtre et interpeller l'homme dans la fourgonnette voisine. «L'aéroport Marcos A. Gelabert c'est par où?» C'est le seul lieu fiable sur cette carte et la route qui le contourne devrait nous mener au célèbre canal de Panama.
Sortie plus paisible, une balade à pied dans la petite bourgade de pêcheurs de Farallon permet aisément de sortir des enclaves touristiques.
Le chauffeur n'en sait rien, mais bredouille quand même des indications erronées. Misère. Surprise! un passager ouvre la porte latérale, sort sur le bitume, nous pointe la route à prendre (bien sûr, c'est celle à l'opposé d'où nous nous trouvons). Victoire. 
Voies «rapides»
Sauf que les boulevards et autres voies rapides du Panama... ne sont pas rapides. C'est donc parechoc à parechoc que nous réussirons à nous extirper du quartier Casco Antiguo, site colonial restauré. De là, nous avions une vue imprenable sur les quartiers financiers riches et modernes aux tours pointant vers les cieux. On croirait Miami.
Sauvés par notre bon samaritain, nous avons donc pu nous rendre au canal pour ensuite fuir la folie urbaine pour redescendre, de nuit, vers notre lit. Sauf que nous étions des milliers à jouer les tortues sur cette «autopista» qui n'a d'autoroute que le nom.
Par chance, après des heures de lenteur, la circulation s'est estompée graduellement pour nous laisser filer, un peu. La vitesse permise est souvent bien limitée. Et, contrairement à de nombreux pays latino-américains, les policiers sont ici très nombreux à s'assurer du respect de la signalisation. Prévoyez que le temps est élastique, que vous ne reviendrez pas à l'heure prévue!
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Des idées de sorties
La région de Rio Hato/Playa Blanca de la face pacifique est une des plus populaires auprès des chasseurs de soleil et de plages; un peu de Québécois, pas mal de touristes du Panama et d'Amérique du Sud. Quelques idées de sorties pour s'éloigner du décor :
• Anton : En direction de Penonomé, la station-service la plus près! Pratique quand on est en voiture... tant qu'on ne retrouve pas coincé derrière la procession d'une famille en deuil sur l'autopista (autoroute) à l'heure où vous devez rapporter le véhicule au locateur... 
• Penonomé : Capitale provinciale-commerciale, la petite ville fondée en 1581 compte une petite place centrale historique devant laquelle trône une cathédrale coloniale. 
• El Vallé de Anton : Beau village verdoyant construit dans le cratère d'un volcan endormi. Le Panama est montagneux (d'où ces fréquentes ondées de fin d'après-midi qui descendent vers la rive). Vaut le détour, autant pour la destination que pour le trajet en serpentins. Quelques attractions un peu touristiques. Un zoo-jardin botanique intéressant.
• Farallon : À pied par la plage ou en voiture, pour voir un petit village de pêcheurs (et d'expatriés dont des Québécois). Typique.
• Panama ciudad : Soyez zen! Et ne vous fixez pas d'heure de retour. Si vous êtes lousses, voilà une excursion... urbaine. Et le célèbre canal? Si vous voulez voir de gros gros bateaux passer une écluse, direction Las Esclusas de Miraflores.
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À savoir pour voyager à Panama
• Y aller : vols directs de Montréal et Québec en haute saison. C'est d'ailleurs de YQB que nous nous étions envolés, vers Rio Hato dans la province de Coclé.
• Santé : mieux vaut consulter, surtout si vous voulez voir du pays. Par chance, les provinces les plus prisées des touristes sont hors des zones de malaria (surtout présente à l'est du canal de Panama) et de fièvre jaune (aussi à l'est du canal). Mais il faut penser au vaccin contre la typhoïde si vous sortez des sentiers battus et réfléchir à la présence du virus Zika, entre autres. Selon le type de voyage planifié, des vaccins pourraient être recommandés, tout comme la prise de certains comprimés. 
• La conduite : franchement pas si difficile. Si on fait abstraction du manque de signalisation, des chiens, des piétons, des taxis et autobus qui arrêtent sans prévenir... ou des processions funéraires qui bloquent l'autoroute le temps que tout le monde vive le deuil en suivant le lent, très lent, cortège de piétons. Au fait, comme au Québec, le clignotant est «livrable» en option sur les voitures. Mais les Panaméens sont encore moins nombreux que les Québécois à commander cette «option». Au fait (bis), l'accotement est une voie non officielle; surveillez la droite.
• L'alimentation et le commerce : le niveau de vie est relativement élevé. Les commerces sont nombreux. Vous trouverez des pharmacies et des supermarchés qui rivalisent en grandeur avec ceux des États-Unis ou du Mexique. Même des magasins de babioles à 1 $. Mais aussi des étals et échoppes moins éléphantesques.
• L'argent : ici, la monnaie locale est pratiquement inexistante. Le dollar américain a été adopté il y a des lunes (pensez à en apporter).