Le monastère des Chartreux, au creux des montagnes qui portent son nom. C’est également un lieu de randonnée tout au long de l’année.

Partir vivre... au pied des Alpes

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

Nom : Nathalie Verville
Âge : 54 ans
Profession : formatrice en langues

Nathalie Verville

Trajectoire

«J’ai passé une partie de ma jeunesse à Lévis, près de Québec. J’ai fait des études à l’Université Laval en sciences politiques et j’ai poursuivi mon cursus à Toronto pour perfectionner mon anglais. Comme les voyages étaient à l’honneur dans ma famille, j’ai eu envie d’aller plus loin. Je vis aujourd’hui au pied des Alpes, à Voiron, près de Grenoble.»

Raisons

«À la suite d’un voyage en Europe, à l’été 1988, l’idée de partir étudier à l’étranger est devenue une évidence pour moi. Mon choix s’est posé sur Strasbourg, en France. 

Je pensais y rester un an ou deux, mais j’y ai rencontré mon mari et je vis en Europe depuis ce temps. Pour des raisons professionnelles, nous avons beaucoup bougé. Je me suis d’abord tournée vers le tourisme, les services canadiens, puis la formation en langues. Au cours des années 90, nous nous sommes installés à Voiron. Certains parlent de cette région comme d’une petite "Silicon Valley" à la française. Nous y avons eu notre fille, qui aura bientôt 18 ans.»

Sortie familiale dans le massif de la Chartreuse.

Le plus dur à apprivoiser...

«J’ai mis du temps à m’habituer à utiliser certains mots. On me dit que j’ai un petit accent français au Québec, et un petit accent québécois en France... En réalité, je me situe entre les deux et c’est peut-être un peu volontaire. 

Au départ, j’ai aussi eu du mal à apprivoiser les rapports hiérarchiques dans le milieu universitaire. La distance entre les professeurs et les étudiants me paraissait infranchissable.»

Grenoble et l’un de ses espaces dédiés aux sciences et au développement technologique, à 30 minutes de Voiron, quand la circulation est fluide.

Aujourd’hui, je vis comme une Voironnaise parce que...

«Je suis passée à un mode de vie plus rural. La vie en province est très différente de la vie parisienne. Les gens de la région sont plutôt sportifs et partent des journées entières gravir des sommets. Il m’arrive de faire de la photographie en montagne, mais je suis encore loin d’atteindre leur niveau.

Je suis aussi devenue accro aux marchés locaux.»

Je mange...

«Des spécialités régionales comme la tartiflette, la raclette ou le gratin dauphinois. Ces plats à base de pommes de terre, de fromage ou de crème sont souvent à notre menu en hiver. Les plats traditionnels ici sont des plats de montagnards et ne sont pas toujours légers.

J’aime beaucoup les noix de Grenoble enrobées de liqueur de Chartreuse et de chocolat. Plusieurs desserts de notre région sont d’ailleurs aromatisés de cette liqueur verte, une spécialité de notre ville connue dans le monde.»

Jambon de montagne dans un marché local du pays Voironnais.

J’habite...

«Dans une maison assez moderne au toit de tuiles en céramique qui rappelle un peu le sud du pays. Nous habitons dans un quartier résidentiel entouré de verdure et de montagnes. Nous vivons en périphérie d’une ville de 20 000 habitants située à une trentaine de minutes de Grenoble.

Le printemps est particulièrement agréable en Isère, avec les cerisiers en fleurs et les sommets enneigés en arrière-plan. Nous sommes aussi à quelques heures en voiture de la mer. Il nous arrive d’y faire un saut pendant les vacances scolaires.»

Je m’ennuie...

«Des fêtes de famille, mais chaque été, je rattrape le temps perdu. Je rêve parfois de tempêtes, de rafales et de neige. Le Québec dans son côté extrême... En Isère, nous avons de la neige en basse altitude, mais seulement quelques jours par année.

Les déjeuners aux odeurs de bacon, de cretons et de pain grillé font aussi partie des choses qui me manquent en France.»

Devant la place de la République, au cœur de Voiron, un lieu de rassemblement pour les fêtes de la ville.

Je reste branchée au Québec en...

«Me connectant quotidiennement sur Internet ou les réseaux sociaux. Je parle avec mes proches régulièrement au téléphone. Je ne ressens plus vraiment la distance entre nos deux pays. 

J’essaie aussi d’aller au Canada chaque année. Notre fille connaît nos expressions, nos lacs, nos lieux historiques et l’accueil si particulier des Québécois.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que j’apporterais au Québec...

«Les fêtes de villages ont toujours été d’agréables surprises pour moi, en France. La fête des Lumières empruntée de la ville de Lyon est sympathique. Les gens sont invités à mettre des bougies aux fenêtres et l’atmosphère est chaleureuse. La ville de Voiron lance en même temps les illuminations pour les fêtes de fin d’année.»

Sortie au lac d’Annecy, dans le département voisin, en Haute-Savoie. Il y a peu de lacs en France et le lac d’Annecy est l’un des plus grands.

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