L’anse Dufour, au sud de la Martinique

Les deux visages de la Martinique

Quand on planifie un voyage dans le Sud, des questions cruciales s’imposent. Eaux cristallines ou plages de sable noir? Tranquillité ou randonnées? En Martinique, nul besoin de faire ces choix déchirants, puisque ce petit territoire des Antilles offre tout cela... et beaucoup plus. Virée dans un département d’outre-mer français qui attire de plus en plus de Québécois.

FORT-DE-FRANCE, Martinique — D’un côté, il y a le Nord. Des paysages sauvages, de fin du monde, dominés par un volcan. De l’autre, il y a le Sud, avec ses plages de sable blanc et ses eaux turquoise.

Mais le Nord et le Sud n’ont pas de différents que leurs points cardinaux, ils sont aussi étonnamment distincts sur plusieurs points. Conséquemment, ils séduiront différents types de vacanciers... Voici un petit aperçu de chacun de ces deux mondes.

LE NORD

Le nord de l’île est caractérisé par une végétation tropicale et des paysages plus sauvages et moins fréquentés. On s’y rend pour sa tranquillité, son authenticité et ses magnifiques plages de sable noir.

Une route et des jardins

Une jolie route en serpentins traverse le nord de l’île, qui va de la capitale Fort-de-France jusqu’au Morne Rouge sur une trentaine de kilomètres.

Celle qu’on appelle la route de la Trace va de virage en virage, entourée de végétation luxuriante. La pluie et le soleil s’y succèdent parfois si rapidement que des colonnes de vapeur s’élèvent du sol.

Lorsqu’on a franchi la moitié du chemin environ, on passe devant le Jardin de Balata, un immense jardin botanique construit autour d’une habitation créole typique. La route passe aussi au travers des pitons du Carbet, un ensemble de cinq sommets de montagnes volcaniques.

À Morne Rouge, la route se sépare en deux. Alors que l’une des branches longe la côte des Caraïbes, l’autre se dirige vers la côte Atlantique. Il faut savoir où l’on s’en va, parce que la pointe de l’île est si sauvage que les deux routes ne s’y rejoignent pas.

Au nord, le village de Grand’Rivière est parsemé de petites maisons colorées. Tout au bout se trouve la plage de sable noir de Sinaï.

Un volcan

Si l’on tourne à gauche à l’embranchement, on met le cap sur la côte ouest, là où se trouve un volcan actif, la montagne Pelée. Le 8 mai 1902, une éruption a complètement englouti la ville de Saint-Pierre, qui se trouve à son pied. Celle qui était alors la capitale du pays a été complètement avalée par la lave, ainsi que ses quelque 30 000 habitants, morts en quelques minutes... sauf deux survivants connus, un prisonnier dans son cachot et un cordonnier dans son échoppe. On peut encore visiter les ruines du Saint-Pierre aujourd’hui reconstruit, qu’on appelait autrefois le «Petit Paris des Antilles».

Quant au volcan, le sommet le plus haut de l’île, il est possible de le gravir par de nombreux sentiers de randonnée qui partent à différents endroits. Bien qu’il soit toujours en activité, il se tient tranquille depuis 1929, et il est sous haute surveillance sismique.

Le bout du monde

Si on a envie de tranquillité tout en étant dépaysé, alors on bifurquera à droite à la fin de la route de la Trace pour se rendre à Grand’Rivière, en passant notamment par les bourgs d’Ajoupa-Bouillon et de Macouba.

Plus on se rapproche du bout, plus la route serpente et plus les lacets sont serrés. On trouve même en chemin deux ponts suspendus, si étroits qu’on doit klaxonner pour annoncer son passage.

Arrivé à Grand’Rivière, les lieux sont tranquilles et paisibles en cette fin d’après-midi tout en langueur. Dans la rue principale du village, qui épouse une jolie courbe, on trouve une rangée de petites maisons colorées qui débouche sur une jolie église, l’église Sainte-Catherine. Celle-ci jouxte un cimetière tout blanc, qui surplombe la mer.

Au bout du village, on peut se baigner (tout en surveillant les courants) à la plage de Sinaï, de sable noir évidemment. Par temps clair, on peut même apercevoir l’île voisine — et moins connue — de la Dominique.

Au nord, le village de Grand’Rivière est parsemé de petites maisons colorées. Tout au bout se trouve la plage de sable noir de Sinaï.

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LE SUD

Plus touristique, davantage fréquenté — notamment par les Québécois —, le sud de la Martinique dévoile ses charmes un à un. On y trouve un chapelet de magnifiques plages séparées par de charmants bourgs.

Les Anses-d’Arlet

Il s’agit d’une commune de pêcheurs, dont les plages à proximité vendent le rêve de la Martinique à sa plus simple expression, avec leur eau claire et leurs longues bandes de sable.

Parmi ces jolies plages, on trouve le duo de l’anse Dufour et de l’anse Noire. On y verra de nombreux nageurs le nez dans l’eau, dans l’espoir d’apercevoir des tortues marines. Si l’anse Dufour est une «vraie» plage du Sud avec son eau cristalline et son sable doré, sa voisine l’anse Noire, elle, a la particularité d’être la seule plage de sable noir du sud du pays.

Le bourg lui-même d’Anse-d’Arlet s’étend le long d’une grande langue de sable et compte de jolies maisons de style créole, ainsi que la magnifique église Saint-Henri.

Au sud, l’anse Dufour avec son eau cristalline et son sable doré

Le Diamant et Sainte-Luce

La grande baie du Diamant est l’une des plus connues en Martinique, notamment grâce au rocher éponyme qui dépasse de l’océan à quelques kilomètres au large. La plage est parmi les plus grandes du pays et ses eaux sont agitées.

Près du rocher du Diamant, sur la côte, on aperçoit une chaîne de montagnes qu’on appelle «la femme couchée». Le nez de cette dame allongée sur le dos représente le morne Larcher, un ancien volcan aujourd’hui éteint.

Tant qu’à être sur place, on fait un détour au mémorial de l’Anse Caffard, où des hommes de pierre sont figés dans une position accablée, épaules voûtées, en hommage aux esclaves qui ont été exploités dans l’île.

À l’est de Diamant se trouve Sainte-Luce, qui compte un grand nombre de plages, dont la beauté est aussi saisissante que les noms sont inusités : anse Gros Raisins, anse Fond Banane, anse Pont Café...

Et puisqu’un voyage en Martinique serait incomplet sans un petit peu de rhum, Sainte-Luce est également l’endroit idéal pour visiter l’ancienne distillerie des rhums Trois Rivières.

L’une des nombreuses plages à Sainte-Luce
Le mémorial de l’anse Caffard, où des hommes de pierre sont figés dans une position accablée, épaules voûtées, rend hommage aux esclaves qui ont été exploités dans l’île.

Sainte-Anne

La péninsule de Sainte-Anne est un incontournable quand on visite le sud de l’île. Non seulement on y trouve plusieurs plages, dont l’immense anse des Salines avec son sable blanc et ses cocotiers penchés, mais sa géographie est aussi totalement unique. Effectivement, la végétation y devient soudainement aride, voire désertique, dans ce qu’on appelle la Savane des Pétrifications. Une randonnée permet de la traverser, de l’anse à Prunes jusqu’à l’anse Trabaud, réputée pour être une très belle plage.

Le bourg de Sainte-Anne lui-même vaut la peine d’être vu, ne serait-ce que pour aller voir sa place centrale, sa jolie église et son marché couvert.

Le bourg de Sainte-Anne lui-même vaut la peine d’être vu, ne serait-ce que pour aller voir sa place centrale, sa jolie église et son marché couvert.

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Vaut aussi le détour... 

› La Caravelle: cette presqu’île offre, dans sa réserve naturelle, du surf, des randonnées et de magnifiques points de vue.

› L’Habitation Clément: en Martinique, le terme habitation ne s’adresse pas exclusivement à une maison, mais aussi à son terrain et à ses plantations. L’Habitation Clément, c’est un peu tout ça : du rhum, de la canne à sucre et une majestueuse maison traditionnelle créole... notamment!

› Les fonds blancs: il existe plusieurs hauts fonds en Martinique, c’est-à-dire des endroits où l’océan est peu profond, le sable blanc et l’eau dispense ses plus beaux reflets. Le plus connu est la baignoire de Joséphine, nommé ainsi en hommage à la première femme de Napoléon 1er, originaire de l’île, qui adorait s’y baigner. C’est du moins ce que raconte la légende, contestée par plusieurs! 

Les frais de voyage ont été payés par le Comité martiniquais du tourisme, qui n’a exercé aucun droit de regard sur le contenu du reportage.