Le circuit inférieur permet d'apprécier des vues panoramiques du «mur d'eau» que forment les cascades.

Les chutes d'Iguazú, spectacle grandiose de la nature

À la frontière entre l'Argentine et le Brésil se dresse l'une des plus impressionnantes splendeurs de la nature : les chutes d'Iguazú. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1984, ce site exceptionnel fait partie depuis 2011 des sept nouvelles merveilles naturelles de la planète. Incursion au coeur de la forêt tropicale, où prédomine le grondement sourd de ces centaines de cascades.
Les cataratas del Iguazú, ce sont quelque 275 cascades formant un immense mur d'eau qui se trouve en majorité du côté argentin, bien qu'environ 20 % des chutes sont situées au Brésil, de l'autre côté du Río Iguazú (fleuve). Les deux pays ont chacun aménagé un parc national, de part et d'autre de la frontière, où les visiteurs sont conviés à s'enfoncer dans la forêt tropicale, à admirer sa faune et sa flore et à se laisser submerger par la beauté des divers points de vue sur les chutes.
Nous avons découvert les chutes d'Iguazú à partir de l'Argentine. Le parc national est situé à quelque 20 kilomètres de la ville la plus proche, Puerto Iguazú, où l'on trouve de nombreux hôtels, restaurants et boutiques pour satisfaire les touristes. Des autobus se rendent à l'entrée du parc toutes les 20 minutes, mais il peut aussi être intéressant de s'y rendre en taxi à plusieurs. Un seul hôtel est aménagé à l'intérieur du parc; le Sheraton Iguazú offre une vue imprenable sur les chutes - pour peu que votre chambre soit du bon côté - mais les tarifs sont évidemment en conséquence.
Pour admirer les chutes sous tous leurs angles, il faut se préparer à marcher! De bons souliers, un chapeau, une bouteille d'eau, de la crème solaire et du chasse-moustique - bien que les insectes n'étaient pas un désagrément lors de notre visite début novembre - sont les essentiels à apporter avec soi. Qui dit forêt tropicale dit chaleur et humidité, et il faut s'attendre à se faire mouiller!
De l'entrée du parc, un petit train amène les visiteurs vers la Estación cataratas («station des chutes»), d'où partent les circuits supérieur et inférieur. S'il y a de l'attente à la station centrale, il vaut la peine de marcher les 600 mètres du joli Sendero verde («sentier vert») pour s'y rendre.
Le Paseo superior comprend une série de passerelles se trouvant directement au-dessus des chutes, qui ont chacune leur nom : Bossetti, Adan y Eva, Bernabé Mendéz, Mbiguá... La promenade de 1,75 km, qui ne compte pas d'escaliers, permet d'apprécier toute la hauteur et la force des cascades, là où les eaux bouillonnantes se jettent dans le vide. Un spectacle certes impressionnant, particulièrement lorsque le soleil est de la partie et que se forment des arcs-en-ciel couronnant les chutes.
À leur base, le Paseo inferior offre plusieurs points de vue pano-ramiques qui permettent d'apprécier le «mur d'eau» en demi-lune formé par les cascades. La majorité du circuit de 1,4 km est accessible pour les poussettes et les fauteuils roulants, mais une petite portion comprend des escaliers. C'est notamment le cas pour se rendre jusqu'au niveau inférieur du fleuve, là où les visiteurs avides de sensations fortes prendront un bateau - genre de gros canot pneumatique avec moteurs super-puissants - pour se rendre au pied des chutes et se faire littéralement doucher. Des sacs étanches sont prêtés pour garder ses effets personnels au sec, mais vêtements et souliers seront assurément trempés.
Les sentiers comptent d'innombrables passerelles très bien aménagées.
La gorge du diable
En langue guaraní - le peuple amérindien vivant dans la région -, Iguazú signifie «grandes eaux». Une visite des chutes ne serait pas complète sans aller voir de plus près la plus impressionnante d'entre toutes, la Ganganta del diablo («Gorge du diable»). Haute de 80 mètres, sa force est telle que les vapeurs d'eau nous atteignent même en son sommet, formant un nuage humide rafraîchissant. Pour s'y rendre, mieux vaut prendre le train de la Estación cataratas jusqu'à la Estación garganta, puisqu'il faut encore marcher 1,1 km avant d'y arriver et faire le même chemin en sens inverse.
Les passerelles qui surplombent la partie supérieure du Río Iguazú jusqu'à la Garganta del diablo sont très peu ombragées; il est donc conseillé d'éviter l'heure du midi pour s'y rendre, puisque le soleil y est alors particulièrement intense. Peu importe le moment de la journée, l'affluence est grande et il faut s'armer de patience (et jouer un peu du coude) pour avoir un bon point de vue sur le mirador perché au-dessus de la chute. Le grondement est tel que l'on peine à s'entendre, démontrant toute la puissance de ce géant d'eau.
Le circuit inférieur permet d'aller tout en bas, au niveau de l'eau au pied des chutes.
Riche nature
Si les chutes sont les vedettes du Parc national d'Iguazú, on ne saurait passer sous silence toute la richesse de la nature les entourant. La forêt tropicale recèle une flore des plus diverses, et les visiteurs peuvent croiser nombre d'animaux sur leur chemin : papillons multicolores, oiseaux exotiques (dont le toucan, pour les chanceux), singes capucins, coatis (proches cousins des ratons laveurs, aussi avides de nourriture), lézards... 
Une journée dans le parc permet de voir l'essentiel, mais on a un peu regretté de ne pas y avoir consacré une deuxième journée - d'autant plus que l'entrée est à moitié prix si l'on revient, à condition d'avoir fait tamponner son billet à la sortie le premier jour. Pour les amateurs de randonnée, le sentier Macuco - malheureusement fermé pour entretien lors de notre passage - offre un parcours de 7 km (aller-retour) jusqu'à une jolie cascade d'une vingtaine de mètres de hauteur. Aménagé plus sommairement et moins fréquenté, ce sentier serait idéal pour observer la faune et la flore de plus près.
Mieux vaut prendre le train pour se rendre à la Garganta del diablo, puisqu'il y aura amplement de marche durant la journée.
Lorsque la crue le permet, il est aussi possible de traverser sur l'île San Martin, qui fait face aux chutes, pour aller profiter d'autres points de vue. La difficulté du sentier est considérée comme élevée.
Le centre des visiteurs, près de l'entrée du parc, propose une exposition qui se penche notamment sur le peuple guaraní et sa culture. Un arrêt qui vaut le détour, mais les informations sont présentées seulement en espagnol et en anglais - comme partout sur le site, d'ailleurs.
Le parc est ouvert jusqu'à 18h, à l'exception de cinq soirs par mois, alors qu'il est possible d'admirer les chutes sous les lueurs de la pleine lune. 
Pour plus d'infos : iguazuargentina.com (site en anglais, espagnol et portugais)
Les chutes vues depuis le circuit supérieur. On aperçoit une passerelle en bas avec des promeneurs sur le circuit inférieur.
En chiffres
• 275 : nombre de chutes faisant partie des cataratas del Iguazú
• 3 km : les cascades s'étendent en demi-lune sur près de 3 kilomètres
• 80 m : hauteur de la plus haute des chutes, la Garganta del diablo
• 80 % : proportion des chutes qui se trouvent du côté argentin
La puissante Garganta del diablo, vue du sommet
Bon à savoir
Les Canadiens n'ont pas besoin d'un visa pour se rendre en Argentine, mais ils doivent acquitter une «taxe» de tourisme avant d'entrer au pays (78 $US lors de notre séjour). Un visa est toutefois exigé pour voyager au Brésil.