Selon La Presse canadienne, quelque 200 milliards de points Aéroplan attendent d'être utilisés.

Les cartes sans perdre la carte

On a un couple d'amis à San Francisco. On est allé les visiter à deux reprises ces trois dernières années, les deux fois sans payer le billet d'avion. Je dis sans payer, mais ce n'est pas tout à fait vrai. Nos points Aéroplan ont payé le prix de base des billets, mais les taxes, les frais, les suppléments de ci et de ça nous ont été facturés. Les cadeaux ont donc coûté plus de 300 $ chaque fois.
Il y a quelques années, je me suis procuré l'une de ces cartes de crédit «voyages» Aéroplan et j'ai commencé à tout payer avec elle : gomme baloune, épicerie, resto, factures, tout. Le premier avantage est qu'on économise sur les frais bancaires, le deuxième, qu'on accumule des points rapidement.
Mais 300 $ pour des billets «gratuits», est-ce une bonne affaire? Oui. Mais il faut calculer, et être extrêmement malin pour éviter les pièges et tirer le maximum de cette panoplie de cartes. Et ce qui est bon pour Pitou n'est pas toujours bon pour Minou. Voici quatre questions à se poser pour choisir sa carte... sans perdre la carte!
Quels sont les frais annuels?
Toutes les cartes de crédit assorties de récompenses intéressantes comportent des frais annuels à payer qui varient entre 30 $ (Visa CIBC Aéro Classique) et... 500 $ (Platine AéroplanPlus American Express). Plus la carte est chère, plus on accumule vite. C'est alléchant, sauf que si on prend trois ans (et qu'on paie donc 1500 $ en frais annuels) pour accumuler les points pour un vol qui vaut 1000 $, on se fait... voler! Mieux vaut payer 30 $ pendant cinq ans et prendre son mal en patience avant de s'envoler. Une astuce ici, pour un couple, serait de demander une deuxième carte (il y a parfois des frais) et d'accumuler des points dans le même compte.
Quel genre de points?
On distingue deux catégories : les programmes nationaux, comme AIR MILES et Aéroplan, et les programmes propres à chaque institution comme les points BMO et les milles Capital One. Avec les premiers, on échange ses milles contre des vols, avec les seconds, dit simplement, on se fait rembourser son voyage avec ses points. Et c'est un monde de différence. Les premiers sont beaucoup plus restrictifs quant aux transporteurs aériens disponibles et surtout quant aux vols qu'on peut choisir. En fait, les compagnies aériennes ne réservent qu'une petite partie de leurs sièges pour les programmes de récompense sur chaque vol. Alors, il faut réserver tôt, sinon on vous fera passer par Toronto et Calgary en deux jours pour aller à New York... À l'inverse, la plupart des programmes indépendants vous rembourseront simplement vos dépenses de voyage (voiture, vol, hôtel, etc.) sans rechigner.
Lequel est le mieux? Ça dépend. Début février, La Presse a fait le travail de moine de calculer, d'abord, quelles sont les cartes qui accumulent le plus vite et a ensuite comparé leurs performances pour différents scénarios de voyages. Par exemple, pour un Montréal-Îles-de-la-Madeleine, les cartes AIR MILES MasterCard BMO World et Prestige American Express se débrouillent très bien. Aéroplan fait mieux pour un Montréal-­Vancouver avec les cartes Or AéroplanPlus American Express et AéroOr CIBC/Visa Infinite et TD Aéroplan. La Capital One VoyagesPlus Word se distingue pour Las Vegas et Paris.
Comment accumuler?
Certaines cartes donneront davantage de points dans les épiceries, les essenceries ou les pharmacies, par exemple, alors que d'autres seront plus généreuses chez certaines bannières (Aéroplan chez Esso, AIR MILES chez Shell, par exemple). Plusieurs cartes permettront d'accumuler des points, peu importe la nature de la dépense et le commerce choisi.
Quelles récompenses?
Les vols et les voyages ne sont pas les seules options. Les récompenses peuvent servir pour des iPod, de l'essence, des ustensiles de cuisine ou peut-être même une manucure. Mais les calculs savants du site spécialisé Flightfox amènent à penser que l'achat de vols est généralement la façon optimale d'échanger ses points de récompense, et ce, autant chez AIR MILES qu'Aéroplan.
Quelques astuces
Malgré leur plus grande complexité, les programmes AIR MILES et Aéroplan peuvent être très avantageux. Avec Aéroplan, par exemple, un vol au Canada ou aux États-Unis, aller-retour ou multidestination, peu importe la ville ou le nombre de correspondances, coûte toujours 25 000 points. On peut donc maximiser la valeur de ses points avec des vols qui autrement coûteraient très cher, comme Québec-Winnipeg, Yellowknife, St. John ou San Diego.
Toujours avec Aéroplan (piloté par Air Canada), il faut savoir que les frais à payer à l'achat d'un vol sont ironiquement beaucoup plus élevés avec Air Canada qu'avec United, par exemple. Parfois, les vols sont sensiblement les mêmes, alors le second est à privilégier. Sachez aussi que certains aéroports, comme ceux de Québec et de Toronto, sont plus chers que d'autres, et c'est vous qui payez la facture.
Pour maximiser la valeur de ses points Aéroplan, Flightfox suggère d'utiliser ses milles Aéroplan pour des vols long-courriers, internationaux, des places en première classe, ou un mélange de tout cela. Quant à AIR MILES, il semble que les vols court-courriers et les vols de dernière minute soient les plus avantageux. Pour en avoir le coeur net, il suffit d'aller chercher le même vol sur un site comme Kayak pour calculer la valeur de ses milles.
Sites Consultés
Calculs de Flightfox :
L'étude de La Presse :
Ou dans La Presse+ du 2 février pour voir les tableaux comparatifs