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L'appel de la «van life»
Le Mag
L'appel de la «van life»
On les imagine une main sur le volant, l’autre sur leur téléphone cellulaire, libres d’avaler les kilomètres, loin des sentiers battus. Ce sont des nomades numériques, des vagabonds à moteur qui ont abandonné la p’tite vie au profit de la van life. Ils montent à bord de leur camionnette pimpée en maisonnette à roulettes et partent à l’aventure, chroniquant leur périple sur la toile. Discussion avec des passionnés qui ont transformé leur vie en road trip, puis leur road trip en gagne-pain.
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<em>Van life</em>, la vie sur la route [PHOTOS]

Van life

Van life, la vie sur la route [PHOTOS]

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
DOSSIER / De la van life, Julien Roussin Côté est sans doute la figure de proue — ou de calandre — au Québec. Ce Montréalais bientôt quadragénaire est à la tête du magazine-boutique en ligne Go-Van, qui l’a conduit jusqu’au petit écran dans la série La belle vie avec Go-Van, diffusée sur Unis TV. Pendant un arrêt aux puits dans sa métropole native, il a accepté de laisser Le Mag jeter un coup d’œil sous le capot de son style de vie unique.

Comment avez-vous découvert la van life?

«En 2013, j’ai acheté ma première van dans le but de partir. Je suis un surfeur. Comme c’est assez difficile à faire au Québec, je devais me rendre sur la côte est américaine, au New Hampshire et dans le Maine. Alors je voulais une voiture plus confortable. Ç’a changé ma vie quand je me suis retrouvé au volant de mon premier véhicule adapté, plus flexible, qui permettait d’arrêter partout, sur le bord de la route, pour manger un sandwich et faire une sieste avant de repartir. Ç’a m’a plus rapidement. Puis j’ai découvert la van life en rencontrant des gens et en fouillant sur les réseaux sociaux. C’est ce qui m’a inspiré à lancer Go-Van en 2015.»

Quel était ce premier véhicule?

«C’était un vieux Chevrolet Vandura 1989 que j’ai beaucoup aimé qui s'appelait Billy! Malheureusement, il ne satisfaisait plus mes besoins, notamment en production vidéo. Et je ne pouvais même pas me tenir debout dedans. Alors je l’ai vendu en 2016. Mais on reste toujours un peu nostalgique de son premier véhicule.»

Julien Roussin Côté et sa fiancée Karolina Krupa habitent dans leur <em>van</em> depuis un an et demi.

Que conduisez-vous maintenant?

«Un campeur Safari Condo, édition spéciale Go-Van. Safari Condo est une belle compagnie québécoise [née en Beauce]. Il y a quelques années, on a imaginé avec eux notre propre configuration de modèle avec tout ce dont on a besoin, à partir de notre expérience.» [NDLR : deux modèles Go-Van équipés dont les prix de base varient entre 107 000 $ pour la version ProMaster à l’essence et 131 000 $ pour la version Sprinter diesel.]

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RoadLoft, quand la van life vient en kit
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Comment avez-vous lancé votre entreprise?

«Ç’a commencé par un long road trip qui m’a mené au Mexique en janvier 2015. J’y allais pour lancer la plateforme de mon site Web, tourner des vidéos et produire du contenu inspirant. J’ai créé mon brand et ç’a fait boule de neige. J’ai vite compris qu’on pouvait en faire quelque chose de bien pour en vivre, en collaborant avec des bureaux de tourisme et des marques de plein air. C’est notre pain et notre beurre depuis le début. Après se sont ajoutés notre livre et notre émission de télé, qui est un peu le coup de circuit dont on rêvait.»

Et depuis vous vous promenez?

«Je vis à temps plein dans mon véhicule depuis ce voyage en 2015. Je ne suis jamais retourné dans une maison traditionnelle. À ce jour, j’habite dans mon véhicule. À Montréal, je suis installé devant mon entreprise. Et ma fiancée est venue me rejoindre depuis un an et demi.»

Que vous apporte ce mode de vie?

«Tout le monde a le réflexe de répondre la liberté. Et c’est vrai. Mais la meilleure façon que j’ai trouvée pour l’expliquer, c’est de récupérer quelque chose qu’on ne peut pas s’acheter : le temps. Ce n’est pas un jugement contre ceux qui possèdent une maison. Moi-même, je ne passerai pas toute ma vie en voiture. Reste qu’en ayant limité mes possessions et en ayant tout ce dont j’ai besoin dans un véhicule, je suis beaucoup plus flexible. Et ce qui est merveilleux, c’est de rencontrer des gens trippants et de passer du temps avec eux. On maximise notre retour sur le bonheur en limitant les obstacles et les désagréments dans une journée pour passer plus de temps sur ce qui nous passionne.»

À qui s’adresse la van life?

«À tous ceux qui ont la débrouillardise et l’entregent pour partir à l’aventure. Entregent parce qu’il arrive souvent qu’on croise des voyageurs ou des gens de la place qui partagent leurs conseils pour découvrir les plus beaux endroits. C’est un échange, la van life. C’est là que l’aventure commence. C’est une manière de voyager très authentique. On n’aime pas trop les attractions touristiques. On préfère les endroits plus reculés, les secrets bien gardés, les petits spots au bord d’une rivière où passer la journée. Sur les réseaux sociaux, ceux qui nous suivent ont entre 25 et 35 ans. Mais dans nos événements publics, on voit une grande clientèle de 50 ans et plus, des retraités au cœur jeune. Et il y a beaucoup de jeunes familles.»

Quelle est la bonne manière de s’y initier?

«La meilleure chose à faire, c’est de commencer par louer une van une fois ou deux. Chaque van est différente. Il y a toujours un compromis à faire, alors ça permet de préciser nos besoins : douche, cuisine extérieure, etc. Veut-on camper dans son véhicule ou éventuellement traîner sa maison? La différence est importante. Et on peut faire un mix parfois : sur une semaine de vacances, on passe la moitié du temps dans un bel hôtel, puis on poursuit en van ensuite. On n’est pas obligé d’être en van tous les soirs.»

Les divers modèles de véhicules doivent faire une énorme différence.

«Tout à fait. Ils sont de mieux en mieux équipés. On peut explorer plus loin et plus longtemps sans arrêt aux puits. Et grâce aux technologies de communication, on peut gérer n’importe quoi à partir de n’importe où. La van life, c’est vraiment un mouvement pour les nomades numériques, les digital nomads. Même si on ne le fait pas à temps plein.»

Les gens semblent avoir mille questions sur le sujet…

«Ça en fait rêver plusieurs.»

… mais parmi ces questions, une est incontournable : comment on s’arrange pour la douche et la toilette?

«Je l’attendais, celle-là! Je m’explique mal la fascination des gens par rapport à ça. C’est pourtant assez simple. Il y a plusieurs options. Dans mon cas, c’est juste une toilette chimique portative qu’on peut ranger dans un cabinet. On la gère une fois par semaine, ça ne sent jamais rien. On crée ses propres règles : nous, on fait juste des numéros un dedans. Pour les numéros deux, on va au resto! Il y a des systèmes plus fancy. Sinon, le bon vieux bucket fait la job quand on est seul!»

«Pour la douche, on a un système extérieur. On traîne 100 litres d’eau. On ouvre les portes, on snap un rideau et on est caché. Dehors en forêt, ça se fait bien. On a même un chauffe-eau au propane. Si on n’a pas ça, on reste au bord de l’eau ou dans un lac avec du savon biodégradable. Dans un mode de vie comme le nôtre, la gestion de la douche est différente quand on n’a pas à rentrer au bureau avec les cheveux parfaits chaque matin. Les standards d’hygiène ne descendent pas, c’est juste une approche différente. La van life nous rapproche beaucoup des éléments.»

L’espace est quand même petit dans un campeur. Devient-on claustrophobe à la longue?

«Je l’ai souvent aussi cette question-là. Évidemment, la réponse est différente pour bien des gens. Dans mon cas, quand je me suis acheté un condo en 2013, c’est là je me suis senti claustrophobe. Je venais de mettre quatre murs autour de moi et je sentais que mon espace s’arrêtait là, sans plus. En van, il n’y a plus de portes autour. Et le dehors est différent tous les matins. C’est de ne pas voir de mur qui est trippant.»

Une certaine réputation peut accompagner les amateurs de van life : des hippies, des fumeurs de pot et des accros à Instagram. C’est mérité?

«[Éclats de rire] Première fois que j’entends parler de ça, c’est vraiment drôle! Non, c’est tout l’inverse. Nous, on est des entrepreneurs qui opérons une compagnie depuis notre van. Il y a des photographes, des réalisateurs, des journalistes et même des infirmiers qui vivent comme ça. Oui, aux États-Unis des gens ont été forcés d’adopter la van life ou la car life après la crise économique de 2008. Mais ces gens ne sont pas hippies à mon sens. C’est une drôle de perception! C’est plutôt une communauté de nomades numériques remplie d’une créativité incroyable.» [NLDR : M. Roussin Côté compte 115 000 abonnés sur Instagram et 36 000 amis sur Facebook.]

Comment la crise de la COVID-19 a-t-elle affecté votre style de vie?

«Les gens réalisent mieux maintenant que c’est possible de faire des rencontres virtuelles, autant dans la vie personnelle qu’au travail. Alors plus rien ne nous retient. Certains me disent qu’ils ont découvert le télétravail et ne veulent pas retourner au bureau après la pandémie. Nous, on était déjà prêt à ça. La van life rend simple l’application de la distanciation sociale. Mais pour notre compagnie, c’est sûr que tous nos projets ont été mis sur la glace. Mais ça recommence. Les gens revoient leurs plans de vacances et veulent une van pour rester au Québec. Mon téléphone et ma boîte de courriels ne dérougissent pas. C’est bon signe.»

«Toutefois, il y a beaucoup de paranoïa envers notre communauté. On a été vu par certains comme des étrangers qui propageaient le virus. On m’a raconté que des gens aux États-Unis avaient trouvé des notes sur leur pare-brise disant de retourner chez eux, qu’on ne voulait pas d’eux, qu’on avait craché sur leurs poignées de porte. Au Québec, on entend que des gens en région ne veulent pas voir les voyageurs des centres urbains. J’espère que l’industrie saura rassurer tout le monde, car je ne voudrais pas qu’on crève nos pneus quand on débarquera dans Charlevoix ou au Bas-Saint-Laurent.»

Côté environnement, la van life n’encourage-t-elle pas l’émission de polluants?

«Il faut être conscient de son impact. Mais il existe de beaux programmes pour compenser les émissions de carbone, comme Carbone boréal ou NatureLab.World. C’est de plus en plus commun. Si on a les moyens de louer ou d’acheter une van, on a sûrement les moyens de compenser ses émissions de carbone en fonction du kilométrage. Par exemple, un road trip d’un mois à travers le Canada, soit environ 5000 km à 6000 km, coûtera seulement entre 60 $ et 75 $ pour compenser par la plantation d’arbres. Pour le reste, on entend des rumeurs que des vans électriques s’en viennent. On n’en est pas loin.»

Votre mot de la fin?

«À chacun sa van life! Si ton but est de décrocher de la vie avec ta van la fin de semaine, tant mieux! Si tu veux en faire une compagnie, tant mieux aussi! Sortir de sa zone de confort fait toujours sortir le meilleur de nous-mêmes.»

Info :

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Note : des passages de cette entrevue ont été légèrement édités afin de mieux cadrer dans un format de texte questions-réponses.

RoadLoft, quand la <em>van life</em> vient en kit [PHOTOS & VIDÉO]

Van life

RoadLoft, quand la van life vient en kit [PHOTOS & VIDÉO]

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
DOSSIER / La van life vous tente, mais les motorisés coûtent trop cher, les Westfalia sont toujours brisés et les roulottes sont un cauchemar à manœuvrer. La compagnie RoadLoft débarque avec sa solution : un kit amovible qui permet de convertir de façon temporaire votre minivan ordinaire en véritable autocaravane.

C’est lors d’un long voyage que Laurence Dufour et Samuel Gauthier ont attrapé la piqûre du nomadisme automobile. «En 2016, on cherchait une façon de découvrir le Canada et les États-Unis de manière économique et autonome. On était déjà de grands voyageurs, ayant parcouru beaucoup de pays en sac à dos, mais on s’est rendu compte qu’on ne connaissait pas notre propre pays», raconte Mme Dufour.

En explorant les options de transport, ils ont noté que certaines petites fourgonnettes familiales avaient une superficie intérieure comparable à celle d’un Westfalia, emblème de la van life. Le couple de Lac-Beauport a donc converti sa première van pour partir à l’aventure. Pendant huit mois, les complices ont visité le Canada jusqu’au Yukon, fait un détour en Alaska et ont descendu la côte ouest jusqu’en Californie.

Au retour, l’idée d’une entreprise qui miserait sur cette formule de voyage avait germé.

La <em>van</em> permet de s’évader, de relaxer, de se retrouver en nature, de voyager au loin ou juste de briser la routine la fin de semaine, explique la copropriétaire Laurence Dufour.

Dès 2017, RoadLoft était fondée. Sans attendre, le développement de prototypes (13 au total) a été lancé à vitesse grand V. Les partenaires en amour comme en affaires gribouillaient des ébauches, consultaient un designer industriel, fabriquaient leurs modèles à la main pendant de longues heures, testaient leurs inventions sur le bitume, choisissaient des matériaux et des vernis les plus sains et écolos possibles, etc. Toujours en cherchant à ajouter des fonctionnalités qui répondent aux «vrais besoins sur la route».

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Pendant trois années, ces anciens travailleurs du monde de la santé et de l’intervention sociale ont vécu dans leur minivan adaptée de mai à décembre. L’hiver, ils louaient un appart ou un chalet. Ainsi, ils pouvaient continuer de voyager, certes. Mais, surtout, ils économisaient des sous qu’ils réinsufflaient dans l’entreprise.

«Plus accessible»

Dans son atelier de Québec, RoadLoft confectionne des kits adaptés à plusieurs modèles de minivans sur le marché. Ils comprennent un lit, une table, des banquettes, une cuisinette coulissante avec évier et du rangement. Faits de peuplier, un bois léger, durable et résistant à l’humidité, ils peuvent loger deux ou quatre personnes et s’installent en cinq minutes sans avoir besoin d’endommager l’habitacle. Ils sont invisibles de l’extérieur et s’emboîtent pour être rangés hors de la voiture.


« C’est idéal de traîner cette maison avec nous : on a la stabilité et le confort, mais on est quand même en train de voyager! »
Laurence Dufour, cofondatrice de RoadLoft

Le prix: 4490 $ (taxes en sus) incluant un matelas en mousse de haute densité et cinq rideaux. On peut ajouter des accessoires au choix, tels réfrigérateur, panneaux solaires, toilette intérieure ou douche portative solaire.

«Il y a moyen d’être 100 % autonome. La van permet de s’évader, de relaxer, de se retrouver en nature, de voyager au loin ou juste de briser la routine la fin de semaine, partage Mme Dufour. C’est pourquoi on a créé un kit durable contre l’obsolescence programmée. Il répond aux besoins à un point tel qu’on se fait parfois arrêter sur la route par des gens qui veulent savoir ça vient d’où! Des voyageurs d’expérience de tous les âges nous disent que ça change leur manière de voyager. Plusieurs personnes de 45 à 65 ans qui ont déjà eu une fifth-wheel ou une roulotte l’aiment beaucoup.»

Le fondateur du magazine-boutique en ligne Go-Van, Julien Roussin Côté, abonde dans le même sens. «C’est un produit vraiment génial pour le prix. Pour quelqu’un qui n’a pas les moyens de se payer une van à 100 000 $, un kit converti qui permet de transformer son véhicule pour un week-end ou une semaine, ça rend la van life plus accessible à plus de monde. Il y a beaucoup d’innovation dans ce monde-là, dont une belle petite industrie québécoise.»

«Une solution recherchée»

Même si la crise de la COVID-19 leur a mis des bâtons dans les roues en forçant l’annulation des commandes et en reportant le déménagement de leur atelier de Québec, les entrepreneurs de 28 ans repartent sur leur «belle lancée». Ils espèrent exporter leurs produits chez l’Oncle Sam à l’automne. Ils ont même participé récemment à l’émission Dans l’œil du dragon à Radio-Canada, où ils ont accepté une offre de la femme d’affaires Isabèle Chevalier.

«La van life, c’est une solution très recherchée ces temps-ci, assure Laurence Dufour. On peut voyager au Québec, c’est beau chez nous. Et le faire avec un kit RoadLoft est une belle manière d’être autonome dans ses voyages.»

Info : roadloft.com et @RoadLoft sur Facebook, YouTube et Instagram

<em>Van life</em> : un chef en tournée… en autobus jaune [VIDÉO]

Van life

Van life : un chef en tournée… en autobus jaune [VIDÉO]

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
DOSSIER / Un cuisinier français installé à Québec depuis trois ans abandonne ses fourneaux pour partir en tournée dans la province à bord d’un autobus scolaire qu’il transforme… en restaurant.

Ce projet étonnant est celui de Loïs Desfarges, un homme de 25 ans du Périgord, dans le sud-ouest de l’Hexagone. Dès la fin juillet, si tout roule, il deviendra un chef à domicile itinérant, se déplaçant d’une ville à l’autre pour cuisiner chez l’habitant ou l’accueillir dans son bus aménagé.

«Dans un resto, on travaille 80 heures par semaine, six jours sur sept», lance celui qui bossait jusqu’à tout récemment comme sous-chef au Bello Ristorante, dans le Vieux-Québec. «Je veux maintenant découvrir autre chose. Quand je suis venu au Québec, je voulais visiter, rencontrer des gens, mais le travail étant ce qu’il est, c’était pas mal ce que je ne faisais pas du tout!»

Loïs Desfarges dans sa «bête» en chantier.

Quand un autobus scolaire de 40 pieds à prix raisonnable (6500 $) s’est présenté en mars, le cuistot a bondi sur l’occasion. Depuis, il métamorphose son véhicule en loft-cuisine-salle à manger roulant depuis la résidence d’amis de la famille à Stanstead, au sud de Sherbrooke, à 200 mètres de la frontière américaine. Rien ne manquera dans ce bus de 200 pieds carrés pour y vivre, dormir et travailler : divans, lit, poêle au gaz à six ronds, four, poêle à bois miniature Cubic, panneaux solaires et piles installés grâce à un partenariat avec Batteries Expert, etc. Un ambitieux projet de 30 000 $.

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«Ça deviendra un VR [véhicule récréatif]. Et je serai comme un artiste qui part en tournée pour faire un show à Montréal, puis à Toronto! Cela dit, je vais commencer par le Québec, question de me faire connaître. Plus tard, ce sera le Canada entier. J’ai envie de donner la vraie image du Québec, pas seulement le côté américain qu’on peut percevoir de l’étranger et qui n’existe pas vraiment au final.»

Le chantier du futur resto-bus va bon train.


L’utopie de l’autobus jaune

Pourquoi diable choisir un autobus jaune? «L’autobus scolaire me fait rêver depuis que je suis petit. En Europe, on le voit comme un des symboles de l’Amérique et de la liberté! On a l’utopie de monter dedans un jour, explique-t-il. En France, on a des cars qui n’ont vraiment pas de charme. C’est carré, c’est des boîtes d’aluminium.»

Surtout, n’allez pas comparer son projet — baptisé Loïs Bus — à un food truck. «Ce n’est pas de la cuisine de masse ou du fast food. Je ne veux pas faire un food truck. Je veux un échange entre les gens qui mangent ma nourriture et moi qui la prépare. Je veux arriver chez eux pour leur faire découvrir des produits locaux travaillés d’une manière différente», affirme-t-il.

Le Loïs Bus sera équipé de panneaux solaires et d'un poêle à bois miniature.

Si M. Desfarges a choisi le Québec comme terre d’accueil, c’est parce qu’il a fait un stage il y a cinq ans au Manoir Richelieu, dans Charlevoix, pendant ses études culinaires. C’est à ce moment qu’il est tombé amoureux de la Belle Province et du Rest of Canada. «J’ai découvert un beau pays et des gens incroyables. Je me suis senti comme dans une deuxième famille.»

Des menus locaux

Difficile pour l’instant de dévoiler ce qui se retrouvera dans les assiettes de M. Desfarges. L’inspiration viendra du lieu où il appliquera son frein à main. Les ardoises, comme les prix, varieront en fonction des trésors locaux. «Disons que je vais me balader au lac Brome, l’idée est de cuisiner leur produit phare, le canard, et de le faire traditionnel au four, mais avec une sauce à l’orange et au sirop d’érable, accompagné de pommes de terre de l’île d’Orléans au four avec de l’ail et du persil, lui aussi de l’île. Ça reste très basique, mais je vais tenter de sublimer le produit», explique celui qui affectionne la pâtisserie et la cuisine asiatique.

Un exemple de plat que M. Desfarges préparait au Bello Ristorante et qui représente le type d’assiettes qu’il veut servir dans son bus : un flétan poché dans un bouillon asiatique, salsa de chorizo et et de fenouil, crevettes grillés et coulis de mangue.

Son précédent patron n’a aucun doute sur les chances de succès de son ancien poulain. «Loïs est un excellent chef qui s’est démarqué dans nos cuisines. Toujours prêt à travailler, il est exceptionnel, un futur patron de grand restaurant», prédit Yanick Parent, propriétaire du Bello.

Carnet de route en ligne

La cuisine ne représente qu’une partie de l’aventure pour M. Desfarges. Il documente également ses progrès pour les diffuser sur YouTube et sur Instagram. «J’aime l’idée de pouvoir être vu par tout le monde, autant au Québec qu’en Europe. Je veux montrer là-bas tout ce que je vis et je fais ici. Mon but est d’arriver dans une petite ville, me garer près d’une rivière, tourner de la vidéo avec mon drone, pêcher le saumon, me filmer en train de le cuisiner et le monde en train de le manger, puis de mettre toutes ces images sur les réseaux sociaux. Ce sera comme mon carnet de route!»

Par ailleurs, il confie que la crise de la COVID-19 ne lui a pas trop nui, même si son paternel n’a pu traverser l’Atlantique pour l’aider avec le bus en raison de la fermeture des frontières. Il croit même que les circonstances pourraient jouer en sa faveur. «Quand les restaurants seront rouverts, peut-être que les gens préféreront rester chez eux et recevoir plutôt que de risquer de sortir. Alors, j’ose espérer que ça pourra m’être bénéfique.»

Ne reste qu’un dilemme : garder l’autobus jaune ou le peindre? «C’est sûr que le jaune est classique, mais en noir ou en blanc, ç’aurait plus de gueule!» Pour le moment, il penche pour le jaune. À suivre…

Info : loisbus sur YouTube et @desfargeslois sur Instagram

Trois destinations pour s’initier à la <em>van life</em>

Van life

Trois destinations pour s’initier à la van life

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
DOSSIER / Le fondateur du magazine-boutique en ligne Go-Van, Julien Roussin Côté, a proposé au Mag trois suggestions de destinations à essayer pour découvrir les joies du nomadisme automobile. Ces endroits ont été choisis «à proximité», question de respecter les règles de la Santé publique qui ne permettent pas, au moment d'écrire ces lignes, les grandes et longues sorties au loin. Bonne visite!

› LA ROUTE DES NAVIGATEURS
Cet itinéraire de 470 km suit le tracé de la route 132 entre Baie-du-Febvre (Centre-du-Québec) et Sainte-Luce (Bas-Saint-Laurent), en passant par la région touristique de Chaudière-Appalaches. «On se rend jusqu’aux portes de la Gaspésie, dit M. Roussin Côté. Il y a plusieurs beaux campings. Près du fleuve, on se trouve du bon côté des couchers de soleil. C’est un beau premier road trip sans trop s’éloigner des grands centres.»
Info : routedesnavigateurs.ca

La route des navigateurs

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› LA ROUTE DES SAVEURS
Ce chemin dans Charlevoix est «vraiment génial pour rencontrer des producteurs locaux», conseille le voyageur. «On trouve de beaux endroits pour s’arrêter, même en camping sauvage. La route est très belle et les gens super accueillants. Et pour les foodies, il y a de bons restos.»
Info : routedesaveurs.com

Un vignoble sur la route des saveurs dans Charlevoix.

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› L'ÎLE MANITOULIN, EN ONTARIO
«Dans la baie Georgienne, l’eau est turquoise, translucide, on se croirait dans les Caraïbes! Il y a des épaves au fond de l’eau, raconte-t-il. Du bout de la Péninsule-Bruce, dans le village de Tobermory, on prend le traversier vers l’île Manitoulin. C’est une belle région à découvrir. Il y a des endroits uniques en Ontario, surtout quand on longe les Grands Lacs.»
Info : norddelontario.ca

Le traversier <em>Chi-Cheemaun</em> vers l’île Manitoulin.