Jouissant d'un climat méditerranéen et de plus de 3000 heures de soleil par année, la côte nord de la Tunisie aligne de nombreux complexes hôteliers en bord de mer.

La Tunisie de A à Z

A comme aéroport
A comme aéroport
Les installations ressemblent à un décor de film des années 60 et les équipements de détection semblent avoir été achetés sur LesPAC. Ce qui frappe aussi, c'est le personnel vêtu de t-shirts, de jeans et d'espadrilles, bien loin des agents en uniforme. La surprise passée, c'est la même routine d'entrée au pays qu'ailleurs.
B comme blonde
Mesdames, vous n'êtes pas obligées de vous teindre. Sachez seulement que votre blonde tignasse attire les regards. Bien que les femmes tunisiennes sont très jolies, les Tunisiens aiment aussi régaler leurs yeux des tifs dorés des visiteuses.
C comme cigarette
Les Québécois ont écrasé depuis longtemps dans les lieux publics. C'est tout autre pour les Tunisiens qui fument beaucoup et partout. L'odeur de la fumée peut devenir dérangeante par moments, surtout au restaurant.
D comme desserts
Les makrouds, ce dessert en triangle composé de dattes et de semoule, est un classique de la cuisine tunisienne et du Maghreb. La gamme de produits sucrés se décline en plusieurs formes et saveurs où le miel et les amandes occupent une place de choix. À savourer avec un thé à la menthe, façon tunisienne.
E comme épices
Safran, cumin, curcuma, paprika ou encore la méconnue corète (mloukhia). Les épices sont reines dans les souks. Tout aussi agréable pour les yeux que pour l'odorat. À découvrir aussi, des mélanges d'épices comme le bien connu ras el hanout.
F comme français
L'arabe est la langue courante parlée de tous. Cependant, le français est très répandu. Dans les lieux plus touristiques, on s'adressera toujours à vous en français en premier. Peu de risque que vous ne trouviez pas d'aide.
G comme généreuse
La cuisine tunisienne est excellente et les portions sont généreuses. Les mezzés, assortiment de hors-d'oeuvre, l'équivalent des tapas plus connus au Québec, sont souvent inclus au menu. Ayez les yeux plus petits que la panse.
H comme harissa
C'est le ketchup tunisien fait de piments rouges. Vous le dégustez avec l'huile d'olive, avec le thon, avec le couscous, avec tout ce que vous voulez. Il est bon, mais fort. Il faut savoir le doser.
I comme indépendance
Malgré ses 3000 ans d'histoire, la Tunisie est un jeune pays de l'ère moderne. Sous protectorat français durant la première moitié du XXe siècle, elle a fait son indépendance en 1956. Elle traverse une phase importante de son apprentissage démocratique avec des élections prévues d'ici la fin de l'année.
J comme jeunes
La moitié de la population tunisienne est âgée de moins de 30 ans. Cela explique, en partie, l'ouverture grandissante de ce peuple au monde extérieur et à son besoin d'émancipation comme en a fait foi la révolution de 2010, qui a conduit le président Ben Ali a quitté le pouvoir.
K comme klaxon
Difficile de décrire la conduite des Tunisiens. Certains guides de voyage déconseillent de prendre le volant dans un pays où les arrêts et les feux de circulation seraient peu respectés. Étonnamment, il y a un certain ordre dans le chaos. Les conducteurs sont relativement polis et, Tunis mise à part, le klaxon se fait rarement entendre.
<p>Impossible d'aller en Tunisie sans visiter un souk, où les marchands vendent entre autres des produits frais comme ces dattes.        </p>
L comme louben
Dans un souk, un vieil homme m'offre une résine blanche dure au toucher. Avant même d'en connaître l'origine, je le mâche. Son goût savonneux m'indique que j'ai peut-être fait erreur. Eh non! C'est du louben, une substance naturelle qui fait office de chewing-gum pour faciliter la digestion. On l'essaie une fois seulement.
M comme mosaïque
La Tunisie est un des plus riches pays pour la qualité et la quantité de ses mosaïques. Un legs de la conquête romaine. Le Musée archéologique de El Jem et celui du Bardo, en banlieue de Tunis, en possèdent de splendides.
N comme négociations
Une paire de sandales vendue initialement 130 dinars (90 $) obtenue pour 20 dinars (14 $), c'est possible. Pour cela, il faut jouer le jeu de la négociation. Les vendeurs sont insistants, mais polis. Soyez-le aussi.
O comme olive
Quand on pense à l'olive, plus particulièrement à l'huile qu'on en tire, on pense à l'Espagne, l'Italie, la Grèce. Pourtant, la Tunisie arrive au quatrième rang mondial (cinquième selon les sources) des producteurs mondiaux. Elle est même première au chapitre de l'exportation. À découvrir.
P comme prière
Au Québec, les cloches des églises appellent à la prière. En Tunisie, où 99 % de la population est musulmane, cet appel est fait par la voix d'un membre des mosquées. Cinq fois par jour, de l'aube au soir, les haut-parleurs des minarets (tours des mosquées) se font entendre.
Q comme Québécois
Les Québécois ne sont pas nombreux à se rendre en Tunisie, mais il est possible de se faire reconnaître à l'accent. C'est ce qu'a fait le propriétaire d'une boutique qui possède un commerce... à Montréal. Aucun mérite.
R comme ribat
C'est le nom donné aux petites forteresses qui servaient à la défense du territoire aux premiers temps de l'expansion musulmane. La Tunisie en compte quelques-uns encore en très bon état. Celui de Monastir se dresse fièrement en front de mer avec sa tour de guet.
S comme souk
Vous ne pouvez vous rendre en Tunisie sans visiter un souk. Celui de Sousse, avec ses rues étroites, est un véritable labyrinthe. Les kiosques sont chargés, autant de babioles que de produits frais. L'effervescence et la diversité règnent dans ces marchés.
T comme thé
Le thé tunisien est, ma foi, délicieux. Un thé à la menthe auquel on ajoute du sucre. À déguster avec les desserts, façon tunisienne (lire plus haut).
U comme UNESCO
La Tunisie possède plusieurs sites inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Parmi eux, il y a l'amphithéâtre romain d'El Jem, le site archéologique de Carthage, les médinas de Tunis et de Sousse et la ville de Kairouan.
V comme vieille ville
On l'appelle la médina. C'est la partie ancienne d'une ville en opposition aux quartiers plus récents. En visiter une, c'est découvrir une architecture fascinante et s'imprégner de la vie de quartier.
W comme Waja
Habib Mohamed Waja, c'est le nom d'un guide à Mahdia. Intarissable, passionné, cultivé. S'il est disponible, engagez-le pour une heure ou deux. Vous le trouverez peut-être dans le bâtiment de l'association touristique passé la gigantesque porte de la médina.
X comme «Aux urnes!»
Les Tunisiens se rendront aux urnes d'ici la fin de 2014. Ils participeront à la seconde élection libre de leur histoire. Depuis janvier, une nouvelle Constitution a été adoptée et un gouvernement de technocrates assure la transition. Des «X» attendus sur les bulletins de vote qui marqueront le chemin politique qu'empruntera le pays, et que plusieurs souhaitent modéré.
Y comme «yeurk»
La révolution qui a secoué le pays, en 2010 - et a amorcé le Printemps arabe -,  a laissé des déchets qui s'accumulent à plusieurs endroits du paysage : sur la route, à l'entrée des villes. Dommage. L'un des projets prioritaires est de nettoyer le pays de tous les détritus qui causent des problèmes esthétiques et, dans les pires cas, de salubrité.
Z comme Zarrouk
Le restaurant Dar Zarrouk, littéralement Maison de(s) Zarrouk, à Sidi-Bou-Said, offre de bons repas, quoique un peu coûteux. On s'y arrête pour ce qui se trouve dans l'assiette et pour la terrasse avec une vue splendide sur la côte. À déguster : un brick, une entrée généralement au thon et aux oeufs, enroulé dans de minces feuilles de brick, faites de semoule de blé. Délicat et délicieux.
<p>Dans cet atelier à El Jem, les mosaïques trouvent leurs références dans le riche héritage que les Romains ont laissé en Tunisie.  </p>
Pour ne plus «bronzer idiot»
Derrière les nombreux complexes hôteliers alignés sur la mer se cache un patrimoine multimillénaire mal exploité, soutient l'ex-directeur de l'office du tourisme tunisien Wahid Brahim. «Nous pensions que nous faisions du tourisme, mais nous n'étions que des hôteliers. Le problème, c'est que les touristes ne veulent plus bronzer idiots», lance l'homme, qui plaide pour le développement du patrimoine tunisien. La nouvelle ministre du Tourisme travaille d'ailleurs à développer des structures, des circuits touristiques pour mettre en valeur le patrimoine.
C'est aussi ce que fait Houssam Berry. Il est propriétaire de Berry Travel Services (BTS). Le jeune homme d'affaires a créé son agence en 2012 dans l'intention d'offrir une façon nouvelle de visiter le pays. Bien sûr, il propose la gamme de produits traditionnels tout-inclus. Mais il s'ouvre aussi au tourisme culturel.
«Nous devons briser les barrières qui existaient autrefois entre les touristes et les gens», soutient-il, en référence à l'ancien régime, qui freinait les relations interpersonnelles. Il donne en exemple la possibilité d'ouvrir aux touristes les ateliers d'artistes qui fabriquent des mosaïques, nombreux dans la région d'El Jem. Il y voit une occasion de développer de nouvelles activités où les visiteurs pourraient fabriquer leurs propres mosaïques. «Le produit est là, il faut l'organiser», conclut-il.