Dubrovnik, surnommée la «perle de l’Adriatique»

La magnifique Croatie en six étapes

Ravagée par une guerre civile au début des années 90, la Croatie s’est vite redressée pour s’imposer comme une destination touristique de premier choix. Ses paysages grandioses, ses quelque 1200 îles et d’îlots donnant sur l’Adriatique, ses villes pittoresques à la riche architecture, dont l’unique Dubrovnik, autant d’attraits qui expliquent cet engouement. Du sud au nord, proposition de six étapes où il vaut le coup de s’attarder.

DUBROVNIK

La «perle de l’Adriatique», véritable musée à ciel ouvert, mérite toutes les louanges chantées à son sujet. Ses ruelles pavées, ses édifices baroques et son charme méditerranéen en font une destination incontournable. Comptez un bon deux heures pour une promenade sur les remparts qui serpentent sur près de 2 km. À la vue de ses milliers de toits en tuiles de terre cuite, difficile d’imaginer qu’il y a seulement une trentaine d’années, la ville a vécu les bombardements de l’artillerie serbe qui ont endommagé les deux tiers de ses bâtiments. La popularité de la télésérie Game of Thrones, tournée en partie à Dubrovnik, a drainé ces dernières années des légions d’amateurs de fantastique et créé une lucrative industrie de tours guidés. D’ailleurs, comme Venise et Barcelone, la ville souffre du tourisme de masse. Il faut absolument éviter de s’y rendre en haute saison : trop de monde, trop chaud, trop cher. Quand les bateaux de croisière accostent, c’est la cohue. En fin de journée, alors que le soleil se couche sur l’océan, l’endroit idéal pour prendre une bière relax est le Buza, un bar construit dans la falaise. Des jeunes s’y donnent rendez-vous pour plonger dans l’Adriatique du haut des rochers. Pour les amateurs de jazz, pointez-vous à l’extérieur du restaurant Troubadour, près de la cathédrale, pour un spectacle gratuit. Finalement, pour déguster des spécialités bosniaques, on vous recommande le... Taj Mahal. Aucun plat indien au menu, mais des mets copieux qui vous feront rouler jusqu’à votre hôtel.

DUBROVNIK

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ÎLE DE KORCULA

À mi-chemin entre Split et Dubrovnik, Korcula est l’une des plus belles îles de la Dalmatie du Sud qu’on apprécie pour son calme, sa végétation luxuriante et le charme de sa capitale médiévale. Avec un peu de chance, on peut dénicher un appartement nickel pour pas cher, avec vue imprenable sur la mer. La vieille ville, construite sur une petite péninsule, possède la caractéristique d’avoir des ruelles disposées comme les arêtes d’un poisson, un moyen ingénieux de profiter du vent chaud et d’amoindrir celui, plus froid, venu du nord. La cité est tout ce qu’il y a de plus tranquille, les autos y étant interdites. Korcula dispute à Venise la gloire d’être le lieu de naissance de Marco Polo. Qui dit vrai, les experts ne s’entendent pas. Quoi qu’il en soit, la cité portuaire joue à fond la carte du célèbre explorateur pour attirer les touristes, dont la mise en valeur de la maison où il serait né. Toutes les heures, un ferry effectue la navette entre Orebic et l’île. Si vous utilisez un GPS (on ne saurait trop vous le recommander), l’appareil vous indiquera peut-être d’emprunter un (très étroit) chemin de traverse pour vous rendre au traversier. Rebroussez chemin immédiatement et suivez plutôt les panneaux indicateurs sinon vous pourriez être forcé de faire marche arrière sur plus d’une centaine de mètres. Avec une voiture à transmission manuelle, dans une chaleur à faire cuire un œuf, les mots d’église viennent rapidement…

ÎLE DE KORCULA

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SPLIT

L’attrait de Split tient surtout à l’imposant palais de Dioclétien, l’un des plus importants vestiges romains encore debout. Réparti sur 38 000 mètres carrés, l’endroit regorge de monuments de différentes époques, dont un sphinx égyptien vieux de 3500 ans. La cathédrale Saint-Domnius est l’ancien mausolée où a été enterré Dioclétien, en l’an 311. En haute saison, comme à Dubrovnik ou au parc des lacs de Plitvice, on se marche sur les pieds, ce qui est de nature à gâcher la visite. Et tout aussi pour gâcher celle des 2000 citoyens qui l’habitent encore… Autour du palais, dans les salles souterraines et en direction du bord de mer, les vendeurs de babioles et de «cossins» sont légion, ce qui laisse un goût plutôt amer. 

SPLIT

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ZADAR

L’ancienne capitale de la Dalmatie, vieille de 3000 ans, est la ville croate qui a subi les plus lourds dommages pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme si ce n’était pas suffisant, elle a aussi beaucoup souffert de la guerre civile, à la fin de 1991. Rien ne paraît aujourd’hui de ces périodes sombres. Il fait bon déambuler dans cette cité portuaire où les vestiges romains abondent. Le musée d’art sacré, situé dans un monastère bénédictin, vaut le détour, mais aussi le Musée d’archéologie, à un jet de pierre de l’église Saint-Donat. La collection objets préhistoriques, antiques et médiévaux qu’on y retrouve est fascinante. Au coucher du soleil, habitants et touristes se donnent rendez-vous au bout du quai de la vieille ville pour se laisser bercer par les soupirs mélancoliques de l’orgue marin, unique au monde, fruit de l’ingéniosité de l’architecte Nikola Basic. Grâce à un système de trous, de tuyaux et de soufflets, qui s’active au rythme des vagues et des marées, l’air est baigné de sons hypnotiques qu’on écoute, assis sur des marches en pierre, entre deux bouchées de burek (tourte croate de viande ou de fromage). Au même endroit, une autre œuvre d’art du même auteur, visuelle celle-là, capte l’attention. Le Salut au soleil est un disque de 22 mètres de diamètre qui s’éclaire, une fois la nuit venue, grâce à l’énergie solaire emmagasinée pendant la journée par quelque 300 plaques photovoltaïques. Un jeu de lumière qui donne l’impression d’être sur le plancher de danse disco de Saturday Night Fever...

ZADAR

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LE PARC NATIONAL DES LACS DE PLITVICE

Situé à 130 km de Zadar, cet immense parc à la valeur écologique exceptionnelle est un chapelet de 16 lacs cristallins reliés entre eux par 92 cascades qui tombent en gradins sur un dénivelé de 130 mètres. C’est l’endroit touristique le plus visité de Croatie. Puisqu’un million de visiteurs passent chaque année dans ce lieu inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le plus grand et le plus ancien parc du pays, inutile de préciser qu’il faut arriver dès potron-minet pour ne pas rester coincé dans un goulot d’étranglement aux guichets. En haute saison, soyez prévenus, il y a du monde, beaucoup de monde. Dénicher un espace de stationnement relève de l’exploit. Mais pour peu qu’on soit prêt à vivre en promiscuité avec des hordes de touristes, dans les sentiers balisés, la promenade vaut le coup d’œil. Les sédiments et micro-organismes confèrent aux plans d’eaux de magnifiques tons de bleu, de vert et de turquoise. Une imposante chute de 78 mètres, baptisée La grande cascade, ne manque pas d’attirer les regards. Comptez au moins une demi-journée, sinon davantage, pour la visite, au prix d’une quarantaine de dollars en saison estivale.

LE PARC NATIONAL DES LACS DE PLITVICE

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ROVINJ

Un des derniers ports de pêche croates qui a su conserver son authenticité. Le campanile de l’église Sainte-Euphémie, semblable à celui de la basilique Saint-Marc de Venise, domine la ville. Si le cœur vous en dit (et vous le permet), un vieil escalier en bois donne accès au sommet, d’où la vue est imprenable. Haut lieu de la région de l’Istrie, Rovinj est réputée pour ses truffes. Impossible de ne pas rapporter dans ses bagages quelques petits pots de ce raffiné champignon macéré dans l’huile d’olive du pays. Les journées de grande chaleur, il est possible d’aller faire trempette près des rochers, prévoyez votre maillot de bain. Une bonne adresse pour un souper romantique, le Puntulina, où le repas se prend les pieds presque dans l’eau. Au crépuscule, l’endroit est tout simplement magique.

ROVINJ