Les pratiques culturel­les des Indiens kaqchiquels ont évolué, mais elles con­ser­vent des raci­nes mayas très fortes.

Initiation à la culture indigène maya

Mon premier contact avec le Gua temala maya s'appelle Catherine Moreras. Elle sera notre guide et possède de précieuses qualités pour nous introduire auprès des indigènes : enthousiasme, entregent, respect et un intarissable désir de communiquer.
Elle parle un français impeccable. Cathy s'est tissé un réseau d'amies dans les communautés mayas, nous permettant de faire de belles rencontres. Elle les encourage à développer une relation de témoignage et d'échange culturel qui dépasse de loin la simple transaction de vente d'artisanat. Dans l'autocar, elle me pose une question piégée : «Alors, Marc, est-ce que tu crois que je suis Maya?» Je ne sais que répondre, en me disant que toute la source d'énergie qui habite cette femme doit bien avoir une origine magique, certainement projetée par un lointain temple dans la jungle... Voyant nos visages perplexes, elle éclate de rire et nous présente les clés de l'énigme : les six caractéristiques des Mayas. Le recensement guatémaltèque exige d'avoir au moins quatre des six caractéristiques sui­vantes.
Un : utiliser des vêtements typi­ques et traditionnels. Deux : présenter des traits physiques tels que petite taille, cheveux noirs, présence d'une tache dans le dos à la naissance (tache mongoloïde courante chez les Asiatiques et qui relie l'origine des Mayas aux migrations qui ont emprunté le détroit de Béring). Trois : parler couramment un des 22 dialectes ma­yas. Quatre : pratiquer les coutu­mes traditionnelles. Cinq : habiter dans sa région d'appartenance ethnographique. Six : avoir un nom de famille maya.
Nous arrivons à San Juan Zacatepec, une petite localité où nous allons prendre un bain de foule au marché. Les lieux sont envahis de petites femmes souriantes qui portent des ouipile spectaculaires, des vestes parées de broderies aux motifs de fleurs multicolores, dont l'exécution exige des centaines d'heures de travail. Mères, filles et enfants sont assis côte à côte derrière des paniers et des sacs qui débordent de fruits, de légumes, d'herbes, de fleurs et de tissus. Les femmes transigent, discutent et parlent avec leurs voisines. L'accès au centre du marché se fait en rangs serrés.
Deux rivières de gens tout en couleurs se rencontrent : la file qui entre et celle qui sort. Un moment inoubliable de contact rapproché avec la population indigène. Mes yeux croisent sourires timides, chevelures noi­res montées en chignon, bébés emmaillotés dans le dos, sacs de jute surchargés qui vous frôlent le visage.
Kaqchiquels
L'ambiance enchante. Je suis en­touré d'Indiens kaqchiquels, un grou­pe ethnique d'origine ma­ya. Leurs pratiques culturel­les ont évolué mais elles con­ser­vent des raci­nes mayas très fortes qui unissent les indigènes guatémaltèques à leurs cousins du Mexi­que. Pour nous, les visiteurs, c'est un privilège d'entrer en con­tact avec ces descendants des Ma­yas. À son plus fort, vers l'an 800, la civilisation maya occupait une bon­ne partie de l'Améri­que centra­le et du sud du Mexi­que. Elle disparut assez rapidement pour des raisons encore inexpliquées.
Pourtant, les Mayas étaient très avancés en astronomie, en écritu­re et en mathématique. Céramis­tes accomplis, ils ont aus­si édifié de nombreuses cités dont on admi­re les vestiges. Leur ali­men­tation était principalement basée sur la cultu­re du maïs, un élément mythologique très important de la «bible» des Mayas : le Popol Vuh. Après plusieurs essais infructueux, les dieux auraient façonné l'hom­me à partir du maïs. «Donc, nous expli­que notre guide, si le maïs disparaît, c'est la fin du monde.»
Après la période Classique ma­ya, différents royaumes sont fondés par des ethnies comme les Kaqchiquels et les Quichés. Ils font partie de l'Empire aztèque à l'arrivée des Espagnols.
Visites archéologiques
Je recommande la visite de deux sites archéologiques qui attestent de cette période puisqu'ils sont facilement accessibles depuis la capitale. Le premier est Mixco Viejo, une forteresse stratégiquement localisée sur une terrasse entourée de profonds ravins. L'ensemble est composé de plusieurs plateformes pyramida­les aux murs abrupts et comprend deux jeux de balle ma­yas très bien reconstitués.
Le second site est Iximché, la dernière capitale des Kaqchiquels et la première ville espagnole du Gua­temala, rapidement incendiée et abandonnée après une révolte indigène. Des chamans mayas font régulièrement des cérémonies et il est possible d'y assister avec discrétion.
Conseils Pratiques
Quand et comment y aller
Je recommande de visiter le Guatemala en saison sèche, de novembre à avril. Le climat peut être plus frais en soirée et on appréciera les petits foyers installés dans les chambres de certains hôtels. Il n'y a pas de vol direct à partir du Québec : il faut passer par Toronto ou Miami. L'astuce nous est offerte par Nolitours, qui offre des vols directs Montréal-San Salvador en hiver. Le trajet en autobus vers Guatemala Ciudad prend cinq heures (compagnie King Quality). J'ai aussi un ami qui a voyagé en autocar avec sa famille, à partir du Mexique, de San Cristóbal de las Casas jusqu'au lac Atitlán (départs fréquents).
Langue et monnaie
L'espagnol est la langue nationale mais il est intéressant d'utiliser quelques mots et expressions des ethnies indigènes. La monnaie est le quetzal (8 Q pour 1 dollar canadien).
Santé et sécurité
Prendre les précautions sanitaires et vaccinations habituelles pour le Sud. Tenue vestimentaire discrète. Circuler en taxi ou à plusieurs la nuit.
Liens de vidéos réalisées par Marc Tremblay
Chichicastenango, Guatemala : http://vimeo.com/20608627
Ambiances du Guatemala : http://vimeo.com/27717833
Les Mayas contemporains : http://vimeo.com/27700884
Ce reportage a été réalisé grâce à l'invitation de l'Institut guatémaltèque du tourisme (INGUAT) : www.visitguatemala.com