Que ce soit pour s'adresser correctement à la population locale ou pour profiter pleinement des guides touristiques, apprendre à se débrouiller dans la langue du pays que l'on visite constitue un atout majeur.

Deux mois pour apprendre le mandarin

Pratiquer la langue du pays visité présente des avantages énormes. Il est pratique de savoir s'orienter ou déchiffrer un menu. La plupart des voyageurs sont assez débrouillards et utiliseront l'anglais avec un succès variable dans la majorité des contrées. Toutefois, la connaissance même partielle de la langue locale vous garantira des rencontres fantastiques avec les gens que vous croiserez. Vous obtiendrez des références de lieux branchés à visiter ou vous ferez même inviter chez les habitants.
Au Québec, la connaissance de l'anglais ne nous amène pas autant cette satisfaction puisqu'il fait partie de notre environnement immédiat. Déjà, lorsque j'ai appris l'espagnol, j'ai apprécié la différence d'attitude au Mexique. Ayant également assimilé l'italien, j'étais mûr pour affronter une langue complètement exotique. Mon voyage à Taiwan m'a procuré le motif. S'il faut des années pour maîtriser le mandarin, je me suis fixé deux mois pour absorber les rudiments pratiques.
La préparation: être méthodique
Je suis allé en librairie me procurer deux volumes. Le premier livre, Le chinois pour les nuls, ne propose pas un apprentissage progressif, et je le considère plutôt comme un ouvrage de référence avec des expressions pratiques classées dans des chapitres tels que «Sortir en ville» ou «Séjourner à l'hôtel». Le second ouvrage, intitulé Je sais parler chinois!, s'est avéré vraiment agréable et instructif. Avec son CD, il offre des sessions pratiques avec des questions et même une section pour s'initier à l'écriture des caractères chinois. J'aurais voulu trouver un dictionnaire de poche français-chinois, mais ils sont introuvables ici : il faut les commander de France. Heureusement, Ting, une jeune Chinoise de Québec, m'a prêté le sien et ce fut très utile.
Le mandarin peut s'apprendre sans utiliser les caractères. J'ai fait le choix de les étudier pour les assimiler lentement, mais pas avant le départ. On fait l'apprentissage du mandarin par l'intermédiaire d'un alphabet phonétique appelé le pinyin. Par exemple : chinois s'écrit «zhōngwén» en pinyin et, en fait, est prononcé «djonng ouenn». J'ai découvert qu'un même mot peut être prononcé selon quatre tons qui en changent le sens. Le mandarin a quand même certains avantages : pas de conjugaison, pas de pluriel, et il est facile d'apprendre les nombres et les dates.
Pendant deux mois, je me suis efforcé de me discipliner pour faire une leçon de 30 à 40 minutes par jour. Grâce au CD, je pouvais écouter et répéter dans l'auto. En plus, j'ai pu transférer les fichiers du CD sur l'ordinateur portable et l'iPhone. Le format du livre et les 46 fichiers audio ont convenu pour cette étape préparatoire au voyage.
Durant le voyage : prendre l'initiative
Le secret pour progresser est d'être motivé. Ensuite, il se faut se mettre dans un état d'esprit d'apprentissage : toujours alerte, en écoute et en observation. Les premières occasions de pratiquer seront des salutations, des remerciements et des recherches de toilettes. Prenez l'initiative et créez des occasions : laissez tomber votre gêne et la crainte de l'échec. Vos interlocuteurs seront généralement respectueux et vous aideront, touchés par votre désir de parler leur langue. Certains plus que d'autres. Il n'est pas rare que mes efforts louables aboutissent à une réponse en anglais. Au cours du séjour, je parviens à croiser des gens ou des compagnons de voyage patients qui acceptent de jouer le jeu. Pour le mandarin, un certain niveau d'anglais était nécessaire afin que je puisse valider le sens d'un mot ou la structure d'une phrase.
Après une bonne semaine, voici des expressions que j'arrivais à utiliser :
- J'aimerais parler chinois avec vous.
- Je vais prendre mon calepin de notes.
- Je suis enchanté de vous rencontrer.
- Qu'est-ce que c'est? Ceci est le sentier du ruisseau de montagne.
- Il y a deux mois, je ne pouvais pas parler chinois.
- J'ai terminé de manger.
J'ai toujours avec moi un petit carnet de notes où je consigne les nouveaux mots et les expressions apprises. C'est l'outil de travail et de référence que j'utilise avec le dictionnaire. À Taiwan, les gens m'expliquaient les mots en écrivant en caractères chinois dans mon carnet. J'ai donc commencé à m'y intéresser. Dans mes leçons, j'y portais un intérêt secondaire, les percevant de manière abstraite. Dans les rues de Taipei, les affiches et les indications sont omniprésentes, avec souvent une petite traduction en anglais dans les lieux publics. Les menus des restaurants sont également instructifs. Je me suis amusé à reconnaître des caractères familiers et, petit à petit, je me suis constitué une liste qui a grandi et enrichi mon vocabulaire.
Il a 40 000 caractères, mais le chinois cultivé en connaît 5000. Quatre types de caractères existent : les pictogrammes représentant un objet (exemple : arbre), les idéogrammes qui expriment une idée (le nombre 3), les combinaisons de pictogrammes et d'idéogrammes (exemple : femme 女+ enfant 子= bon), et enfin les phonogrammes associant le sens et le son. Les caractères ont été simplifiés en Chine continentale, alors que ce sont les caractères traditionnels qui sont encore utilisés à Taiwan et ailleurs (ex. : dans le Quartier chinois à Montréal). L'écriture japonaise provenant de Chine, beaucoup de caractères (kanji) sont semblables, un atout intéressant pour un apprentissage ultérieur du japonais. Je vous suggère de voir une introduction stimulante sur le chinois : on.ted.com/Chineasy.
Au retour : consolider les acquis
Si vous êtes comme moi, vous aurez déjà hâte de retourner dans cette région du globe. Sans nécessairement poursuivre les leçons de manière assidue, je vous encourage à entretenir et à faire croître tranquillement votre potentiel. Quand je suis revenu de Taiwan, je connaissais une centaine de caractères chinois. Depuis, j'en ai ajouté au moins une autre centaine. C'est-à-dire que je peux les lire et les écrire. Lorsque j'identifie un caractère important, je l'ajoute dans un fichier Excel. J'imprime de temps à autre une feuille d'exercice que je glisse dans ma poche pour écrire de mémoire les caractères lorsque j'ai quelques minutes. Également, les CD des leçons tournent souvent dans l'auto et la répétition aide à la prononciation juste.
Les outils et les ressources sont nombreux pour progresser. Sachez que votre ordinateur peut écrire des caractères chinois en convertissant les mots tapés en pinyin. Quelques mots en chinois feront sensation dans vos courriels avec les contacts que vous aurez connus dans votre voyage. Je peux assez bien traduire ce que je reçois grâce aux traducteurs en ligne disponibles sur le Web (Google ou Bing). Je recommande le dictionnaire en ligne suivant : www.mdbg.net.
Pour la pratique, le site www.chinese-course.com me fait parvenir un courriel quotidien avec la phrase du jour, et plus de contenu, si désiré. Cet envoi est reçu en simultané sur mon iPhone, où que je sois. On peut trouver facilement des films ou émissions de télévision en chinois sur YouTube, avec sous-titres en caractères chinois et en anglais. Enfin, il viendra une occasion où vous pourrez trouver un interlocuteur chinois près de chez vous. C'est la meilleure méthode pour parler chinois.