L'Arco de Santa Catalina est un symbole hyperphotographié d'Antigua : cette arche permettait aux soeurs de circuler entre le couvent et l'école sans être vues.

Coup de coeur historique pour le Guatemala

Le Guatemala regorge de sensations qui sollicitent tous nos sens. Goûter un fruit dans le marché de Chichicastenango, bondé d'indigènes et hypercoloré de fleurs, de légumes et d'artisanat. Sentir l'atmosphè­re magique des rites ancestraux de chamans mayas dans la fumée d'encens. Toucher le passé précolombien en gravissant les escaliers escarpés de Mixco, une forteresse maya-quiché perchée dans la sierra. Voir Atitlán, un des plus beaux lacs volcaniques du monde. Entendre les échos d'un orchestre déambulant sur les pavés d'Antigua, l'«ancienne» capitale coloniale de toute l'Amérique centrale.
La variété de paysa­ges, de villes et les rui­nes anciennes - comme celles d'Iximché - suffisent à occuper une ou deux semaines d'un séjour près de la capitale Ciudad Guatemala.
Nul besoin d'y parcourir de gran­des distances afin d'attraper le coup de coeur du Guatemala. Il y a suffisamment de variété de paysa­ges, de villes pittoresques, de rui­nes anciennes pour faire un séjour d'une ou deux semaines à proximité de la capitale Guatemala Ciudad et de son aéro­port, point d'arrivée principal au pays.
Je suggère un programme de découverte dans l'Altiplano Central, une portion élevée du pays qui est juchée sur l'épine dorsale régionale : la Sierra Madre. On profite d'un climat confortable à l'année grâce à une altitude dépassant les 1500 mètres et atteignant les 4000 mètres pour certains volcans qui s'élancent au-dessus du pays de l'«éternel printemps».
À ceux qui rêvent de voir les ruines de Tikal, sachez qu'il y a une longue et pénible route pour se rendre dans le Petén, une région tropicale de basse altitude. Ce trajet est souvent fait en avion. Un voyage que je ferai une autre fois...
Un grand nombre de voyageurs se dirigent immédiatement sur Antigua en débarquant de l'aéroport. Cette fascinante cité coloniale est agréable et sécuritaire. Elle est bien pourvue en services, présente plusieurs attraits et constitue un port d'attache confortable pour explorer la région. De plus, la ville est renommée pour ses écoles d'espagnol qui offrent des formules d'hébergement chez l'habitant : une approche originale qui peut être avantageuse financièrement.
Antigua est une ville coloniale espagnole qui présente des atouts exceptionnels : des vestiges étonnants, un paysage formidable, un climat confortable et des infrastructures touristiques bien développées. Un succès qui découle de sa riche histoire. La ville est fondée sous le nom de «Villa de Guatemala» en 1543. Ce sera la capitale de la Capitainerie générale du Guatemala, une administration couvrant un territoire correspondant en gros à toute l'Amérique centrale avec le Chiapas, mais sans le Panamá. Siège des pouvoirs politiques et religieux, l'agglomération s'embellit de palais, de couvents, d'églises et d'édifices somptueux.
Jusqu'à l'année fatidique de 1773, où elle est détruite par un tremblement de terre et ensuite abandonnée par les autorités, qui relocalisent la capitale à une trentaine de kilomètres : l'actuelle Guatemala Ciudad. Malgré tout, des habitants retroussent leurs manches dans les restes de la ville rebaptisée La Antigua et restaurent tant bien que mal les ruines.
Un séisme frappe encore sévèrement en 1976. La ville est déclarée site du patrimoine mondial par l'UNESCO en 1979. Et depuis, les fouilles et les restaurations font des prodiges. On croise encore des édifices abandonnés, aux murs lézardés. Mais ce qui a été réhabilité est fabuleux. Incroyablement, les tremblements de terre ont préservé la ville de la modernité et d'un développement qui aurait altéré son cachet si unique.
Volcans et monuments
La ville est flanquée de trois volcans majestueux qui enrichissent l'arrière-plan du paysage : l'Agua (3766 m), le Fuego (3763 m) et l'Acatenango (3967 m). Plusieurs excursions sont organisées pour en parcourir les sommets. On vous offrira aussi des excursions au volcan Pacaya, qui déverse parfois des coulées de lave ardente.
Il y a énormément de monuments à visiter. Certaines demeures prestigieuses ont été transformées en hôtel, comme la Posada del Hermano Pedro, où habita une princesse aztèque, femme du conquistador Pedro de Alvarado. J'ai été impressionné par la massive fontaine qui domine le cloître de l'église de la Merced, elle-même ornée d'une riche façade baroque.
L'Arco de Santa Catalina est un symbole hyperphotographié d'Antigua : cette arche permettait aux soeurs de circuler entre le couvent et l'école sans être vues. La façade baroque survivante de l'égli­se de Notre-Dame-du-Carmen est un bel exemple des défis de conservation du patrimoine. D'autres incontournables sont le couvent des Capucines et le mirador du Cerro de la Cruz, site de la fameuse vue plongeante sur la ville.
J'ai apprécié les services d'un tuk-tuk, un taxi-triporteur ayant une cabine pour deux passagers. Le chauffeur vous emmènera pour un grand tour d'orientation des monuments de la ville historique. Par ce moyen, j'ai vécu une expérience culturelle inattendue en me rendant à l'hôpital de San Pedro de la Huerta, en banlieue d'Antigua.
En cherchant un angle pour photographier l'église, je découvre un lavoir utilisé par plusieurs femmes d'origine indigène. Aussi curieu­ses que moi, les fem­mes rigolent en apprenant que les hommes font leur lessive au Canada. J'apprendrai que l'eau est trop coûteuse dans leur village lointain et que ces lavandières profitent de ce lieu pour se transmettre les nouvelles et les potins de la région.