La chorégraphie Cursive interprétée par Chou Chang-ning de la troupe Cloud Gate

Cloud Gate: la danse contemporaine comme mode de vie

La compagnie de danse Cloud Gate est un fleuron de Taiwan. Et pour cause : son fondateur, Lin Hwai-min, a su sublimer l'ascétisme des arts martiaux et la grâce du corps humain en parfait contrôle.
<p>Le fondateur de Cloud Gate,  le Taiwanais Lin Hwai-min</p>
<p><em>Oculus</em> interprétée par Cloud Gate 2</p>
Fondée en 1973 à Taipei, où elle se produit régulièrement, et tirant son nom de la plus ancienne danse chinoise connue, la troupe a su conquérir l'admiration des spectateurs aux quatre coins de la planète. Elle était d'ailleurs de passage à Québec, fin mars, avec la chorégraphie Songs of the Wanderers, créée en 1994.
Si cette performance empreinte de rites païens reposait surtout sur une quête spirituelle bouddhiste, M. Lin explique être aujourd'hui davantage intéressé par l'expression de l'essence de la calligraphie. À 67 ans, l'homme apparaît toujours aussi désireux de partager sa passion pour la danse et le mouvement, et pas seulement à l'étranger : Cloud Gate offre, dans divers lieux de Taiwan, des prestations en plein air qui regroupent quelque 60 000 personnes!
Manifestations étudiantes
M. Lin était d'ailleurs fort fier que ces fortes assistances aient inspiré les dernières manifestations étudiantes devant le parlement de Taipei. «Ils ont quitté les lieux en ramassant les déchets derrière eux!» s'exclame-t-il lors d'une récente rencontre avec des journalistes étrangers. Voilà une façon de faire respectueuse de l'environnement qui sourit aux valeurs sociales du chorégraphe.
Si Cloud Gate interprète strictement les oeuvres de M. Lin, ce dernier a tenu, en 1999, à ce que de jeunes chorégraphes innovateurs puissent profiter eux aussi de l'aura de visibilité de la troupe. C'est ainsi qu'il a créé
Cloud Gate 2, qui célèbre ses 15ans cette année. Sa première tournée internationale s'est déroulée en 2012, aux États-Unis et en Chine.
Fin avril, les journalistes étaient conviés à une reprise d'Oculus, du chorégraphe taïwanais Lo Man-fei, malheureusement décédé en 2006. Un langage corporel (et facial!) très actuel, notamment composé de petits gestes répétitifs frénétiques à la Pina Bausch, fait de cette oeuvre de Lo une ode à la jeunesse en quête d'amour et d'espoir. Un passage à Québec saurait ravir les amateurs de danse d'ici!
Site Internet : www.cloudgate.org.tw/eng/