Voyages

Les forains du marché de Noël sur les Champs-Élysées bloquent des accès

PARIS — La suppression programmée du marché de Noël sur les Champs-Élysées, accusé de vendre des produits de «médiocre qualité» sans rapport avec le prestige de l’avenue, a provoqué en début de semaine la colère des forains qui ont essayé de bloquer des axes autour de Paris.

Créé en 2008 par le «roi des forains» français Marcel Campion, le marché de Noël de la «plus célèbre avenue du monde» attirait 15 millions de visiteurs, selon les organisateurs qui se targuent «d’émerveiller les gens».

Mais en juillet le Conseil de Paris a voté à l’unanimité la non-reconduction, sous sa forme actuelle, de ce marché, la ville souhaitant «changer de modèle» pour un événement «populaire, festif et de qualité».

Plusieurs élus avaient alors dénoncé une animation «indigente» et fustigé la «médiocrité d’un marché complètement mercantile», absolument pas à la hauteur du cadre prestigieux.

«Apparemment Mme Hidalgo [la maire de Paris, Anne] trouve que le marché n’est plus au goût du jour, qu’il y a trop de made in China», a déploré Alexandre Hameau, un forain de 38 ans, qui manifestait lundi aux portes de Paris. 

Au total, des dizaines de véhicules forains ralentissaient la circulation avec des opérations escargot sur plusieurs autoroutes à l’ouest, à l’est et au sud de la capitale.

«On veut nous voler notre métier. Laissez-nous nos manèges, on est là pour émerveiller les gens», a expliqué un autre forain mobilisé, Julien Maury, 41 ans.

«Il n’y aura pas de marché forain en décembre sur les Champs-Élysées», a réagi la Ville de Paris. La décision du conseil de Paris «doit s’appliquer, pour des raisons qui tiennent à la qualité médiocre des animations et des produits vendus», ajoute le texte qui dénonce des pressions inadmissibles.

Autres moyens de pression

Marcel Campion, 77 ans, promoteur historique des fêtes foraines parisiennes, a, lui, promis d’autres actions dans les jours à venir.

La suppression de ce marché intervient alors que les affaires de Marcel Campion sont depuis deux ans dans le collimateur de la justice. Les enquêteurs s’interrogent notamment sur une convention octroyée en 2015 par la ville de Paris pour installer sa fameuse Grande roue sur un autre emplacement prestigieux de Paris, sur la place de la Concorde.

Le bourlingueur

Les maoris et le Japon

CHRONIQUE / Grimper sur un volcan, marcher sur un glacier, parcourir des fjords et me tremper dans la culture maorie figuraient tous sur ma liste de choses à faire en Nouvelle-Zélande. Je me suis arrêté à Rotorua pour remplir le dernier objectif.

En février, Rotorua, bien qu’ensoleillée, était plutôt calme. À moins de vouloir dépenser des fortunes pour des activités un tantinet extrêmes, comme dévaler une colline dans une boule de plastique, on ne s’attarde pas à Rotorua.

Pour découvrir la culture maorie, on y propose deux ou trois théâtres où les performances formatées n’ont rien de très emballant. Le programme consiste généralement en un repas et quelques danses traditionnelles. Majoritairement, ces restaurants-cabarets reçoivent des autobus remplis de touristes qui repartent à la fin de la soirée.

Le restaurant s’est rempli ce soir-là de touristes asiatiques. Ma voisine de table, une Japonaise ricaneuse, communiquait dans un anglais approximatif. Persévérante, elle n’abandonnait pas au premier obstacle et s’assurait d’entretenir la conversation.

Alors que la soirée s’apprêtait à commencer, la maître de cérémonie m’a déclaré grand chef de tribu. Je soupçonne que mes connaissances de l’anglais y étaient pour quelque chose.

Voyages

De la plage à l’espace

Synonyme de plage et de parcs d’attraction la Floride s’avère une destination familiale par excellence. Si Walt Disney s’impose lorsque les enfants sont petits, Universal Studios devient un incontournable lorsqu’ils sont plus grands. Et que dire de la surprise d’avoir pu découvrir Cap Canaveral non seulement du point de vue de l’histoire spatiale, mais aussi de façon concrète avec le lancement d’une fusée vers l’espace.

« Quatre, trois, deux, un, décollage ».

D’abord les flammes causées par la combustion des gaz puis le grondement sourd qui parvient jusqu’à nous.

Si le voir à la télévision paraît spectaculaire, assister au lancement d’une fusée vers l’espace est exceptionnel.

Ce détour planifié vers la plage Playalinda du Canaveral National Seashore en Floride offre non seulement du sable doré sur plusieurs kilomètres avec des superbes vagues pour les amateurs de surf, mais aussi une vue imprenable sur les rampes de lancement des navettes spatiales et des fusées de la NASA en Floride.

Habituellement calme, le parc national situé un peu au nord de Cap Canaveral est bondé de curieux qui comme nous veulent assister à ce spectacle inusité en ce jour de lancement.

Camion de retransmission de la NASA, amateurs de décollage de fusées avec objectifs longue portée et radio pour suivre les étapes du décollage ou nombreux touristes se massent sur la plage ou passerelle y menant pour avoir le meilleur point de vue sur l’engin qui s’apprête à partir vers l’espace.

À 12 h 31 pile, on ne badine pas avec la précision de l’heure pour un décollage, Space X Falcon 9 défie la gravité terrestre pour aller ravitailler la Station spatiale internationale. Aucun humain à bord, que le meilleur du génie humain pour la guider hors de l’apesanteur et faire revenir les engins de propulsion.
En payant plus cher et en réservant, nous aurions pu être au site d’observation du Kennedy Space Center.

Mais à moins d’une dizaine de kilomètres de la zone réservée avec rien pour nous cacher la vue, le spectacle est tout aussi saisissant.

Et à 10 $ US pour le stationnement, journée de plage incluse... peu d’attractions sont aussi impressionnantes.

Si la conquête de l’espace et l’exploration spatiale vous intriguent, la visite du Kennedy Space Center (KSC) est un bon complément ou une excellente introduction à cet apogée que représente le lancement d’une fusée vers l’espace qu’elle soit habitée ou non...

Le site du KSC permet de découvrir ou d’approfondir cette conquête de l’espace des premières missions hors de l’atmosphère, aux premiers pas de l’homme sur la Lune en passant par le programme des navettes spatiales et maintenant le programme Orion qui vise à se rendre sur mars avec un vol habité.

La visite guidée en autobus vers l’immense hangar d’assemblage de la NASA et des rampes de lancement mènent vers le centre Applo–Saturn V.

Les emblèmes de chacune des missions Appolo conduisent vers les premiers pas de Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune. Il est même possible de toucher à une pierre lunaire.

De retour au complexe du KSC, entièrement financé par les admissions des visiteurs, on entreprend les missions des navettes spatiales. Une projection ouvre vers l’authentique et impressionnante navette Atlantis qui a franchi plus de 200 millions de kilomètres dans l’espace.

Découvrez aussi comment le génie aérospatial canadien a contribué au succès de ces missions avec le bras canadien qui est bien en vue sur Atlantis.

Divers simulateurs et activités interactives permettent de se tremper dans le quotidien des astronautes qui ont vécu les missions de ce programme spatial. Point culminant de cette section du KSC, un simulateur permet de vivre le décollage d’une navette vers l’espace. Petit conseil, s’asseoir davantage vers l’arrière pour mieux vivre l’expérience.

Si le cœur vous en dit, recherchez les écussons de mission des astronautes canadiens Marc Garneau, Julie Payette et Chris Hadfield en sortant du simulateur.

Comme si la journée n’était pas assez remplie, des projections IMAX 3D, sur les projets de la NASA vers Mars ou des images des confins de l’univers à travers des images du télescope Hubble sont offerts.

Si vous êtes chanceux, vous pourrez même croiser un astronaute et discuter avec lui.

Si la Floride rimait avec soleil, plage et Walt Disney, elle a maintenant une saveur de découvertes des contrées encore inexplorées au-dessus de nos têtes.

Une journée de moins à la plage, mais combien instructive et inspirante pour une cinquantaine de dollars par personne.

Le Bourlingueur

Gabriel, la montagne et l’Afrique

CHRONIQUE / Ceci n’est pas une critique, même s’il est question de Gabriel et la montagne, un film de Fellipe Gamarano Barbosa. Un long-métrage de voyage, vous l’aurez deviné, conçu à partir des notes de Gabriel Buchmann, parti à travers le monde pendant un an et décédé alors qu’il s’apprêtait à rentrer.

Pas de divulgâcheur ici. L’histoire est vraie. Il est dévoilé, dès les premières minutes sur grand écran, que le jeune Brésilien a été retrouvé mort dans une montagne au Malawi.

La bande-annonce m’avait bouleversé. Le condensé de quelques minutes me replongeait dans la liberté, la naïveté, l’incongruité d’un tour du monde. De toute évidence, le personnage de Gabriel vit à 100 miles à l’heure, se fout un peu de ce que les autres peuvent penser et cherche à se tremper dans la vie locale plutôt qu’à fréquenter les sites purement touristiques.

Comme les critiques l’ont parfois souligné, la bobine complète de Gabriel et la montagne n’est pas aussi touchante. Les mouchoirs que je gardais, pas très loin, au cas où, n’ont pas servi. Niet. Même pas l’œil humide.

Pour l’aventurier en moi, l’histoire a plutôt soulevé un dilemme moral, une introspection, une critique des « grands voyageurs », ceux qu’on entend souvent nous raconter comment sortir des sentiers battus. Parce que c’est précisément ce que faisait Gabriel Buchmann en visitant des tribus Massaïs, en demandant au chauffeur d’un bus de l’abandonner en pleine brousse au Kenya ou en Tanzanie.

On voit d’une part cette envie de suivre un rythme lent, d’autre part ce désir de se fondre à la population locale, même si le défi relève de l’utopie. Gabriel s’emporte parce qu’il refuse de payer le prix des « touristes », résiste à manger dans les restaurants avec les plus belles vues, encore trop touristiques, et il engueule un guide qui ne rend pas les services pour lesquels ils s’étaient entendus. Un classique de la négociation dans certains coins du monde.

J’étais divisé. Parce qu’après plusieurs mois sur la route, on développe un pif pour les arnaqueurs. Vrai qu’on s’impatiente un peu à partager nos expéditions avec d’autres voyageurs qui n’y voient que du feu, nous demandent de laisser tomber quand on voudrait négocier encore un brin. Vrai qu’il y a une certaine arrogance à rabrouer ces autres qui n’ont « pas encore compris », qui ouvrent leur portefeuille comme un buffet libre-service. Parce qu’après tout, on sera toujours un étranger. Il faut choisir ses combats.

Mais justement, parce qu’on sera toujours un étranger, on risque dans la méfiance de passer à côté d’occasions en or. Après plusieurs mois sur la route, on devient aussi immunisé aux inconnus qui nous abordent et nous offrent toutes sortes de services pour de l’argent.

Pourtant, dans le film, on voit bien que ces fournisseurs de services sont devenus des amis du personnage principal. Qu’ils sont bienveillants.

Le Bourlingueur

Week-end à Chicago

CHRONIQUE / Des fois je dis des choses. Comme : j’éviterai tout voyage non essentiel aux États-Unis pendant le mandat du président Trump. Des fois, je me rends compte que ce que je dis, c’est un peu comme les résolutions du Nouvel An : ça ne tient pas longtemps.

Chicago m’attirait. Entre autres parce que tout le monde a tendance à en parler en bien. Et quand tout le monde le dit, c’est forcément parce que c’est vrai, non?

Ce qu’il y a, à Chicago, c’est une architecture à l’avant-garde. Comme la Ville croît à une vitesse folle, on construit en hauteur pour rentabiliser l’espace. Mais malgré tout le béton, tout le verre et l’acier qui se côtoient, on n’étouffe pas. On ne ressent pas cet effet oppressant que peuvent avoir des grandes villes comme New York, ou même Montréal.

Quand on pense que le plan d’aménagement sur lequel on se base encore aujourd’hui à Chicago a été imaginé en 1909, on ne peut que rougir un brin quand on voit des réalisations modernes bien de chez nous. Pas de quoi s’autoflageller trop longtemps, mais de quoi être jaloux quand même. Ils en avaient de la vision les Daniel Burnham et Edward H. Bennett derrière ce plan.

Parmi les bons coups, on peut entre autres penser au parc Millénium, dont l’attrait le plus couru est sans doute la Cloud Gate, cette fève géante réfléchissante qui, pour plusieurs, constitue un symbole de Chicago. Tout près, le Jay Pritzker Pavilion, à l’architecture moderne, est un endroit qu’on imagine bien recevoir des événements musicaux en plein air. Et la Crown Fountain, cette fontaine où deux monolithes géants deviennent des écrans sur lesquels sont projetés des visages humains, plaît autant aux enfants qu’aux grands.

Comme si ce n’était pas assez, on a prévu une passerelle originale qui traverse Columbus Drive vers le parc Maggie Daley. Tous ces aménagements ont bien dû prendre du temps, du budget aussi. Mais on voit mal comment les Chicagoens peuvent s’en plaindre.

Chicago, c’est un métro efficace, aérien à l’extérieur du centre-ville, sous-terrain à certains endroits, qui permet entre autres un transit simple et facile vers l’aéroport. On prend des notes. Si on n’envie pas les gens qui peuvent toucher les wagons de métro de leur chambre à coucher tellement ils vivent près des rails, il y a tout de même quelque chose d’impressionnant à ce système de transport en milieu fortement urbanisé.

Parlant d’urbanisme, la promenade le long de la rivière Chicago réserve un coup d’œil impressionnant sur une forêt de gratte-ciel à laquelle on ne cesse d’ajouter des « arbres ». Déjà, les rives sont aménagées selon toutes sortes de concepts entre chacun des ponts, qu’on pense à un escalier de béton géant, à une fontaine commémorative ou à des restaurants au goût du jour.

Pour tout savoir sur les différents bâtiments, on opte pour une croisière sur la rivière Chicago. Une option populaire est celle offerte par la Chicago Architecture Foundation, même si son prix est élevé à 45 $. Les guides sont bénévoles, n’acceptent aucun pourboire, mais en connaissent long comme ça sur l’architecture. Le nom des bâtiments, leur année de construction et la raison pour laquelle on a choisi du marbre rose ou des fenêtres aux différents tons de bleu... ils savent tout.

Comment les architectes de la Willis Tower, autrefois l’édifice le plus haut du monde, ont-ils pu compenser les mouvements inévitables des gratte-ciel? Comment les balcons d’une autre tour empêchent-ils les oiseaux de se frapper contre les fenêtres? Le tour explique tout ça.

Parmi les incontournables, il faut noter le sport, la musique et la pizza. Dans le premier cas, même si le baseball nous ennuie, il faut s’arrêter au Wrigley Field, le domicile des Cubs de Chicago. Là comme partout en ville, la population locale est très fière de son équipe. Lors de mon passage, lesdits Cubs affrontaient les Nationals de Washington en séries éliminatoires. Les pubs sur l’avenue Clark étaient bondés d’amateurs bien rangés derrière leur équipe et on pouvait regarder le match sur un écran géant à l’extérieur du stade.

Le quartier de Wrigley présente par ailleurs quelques boutiques un peu funky, notamment une boutique de bandes dessinées et un renommé bazar offrant des t-shirts drôles, des cartes postales originales et des cartes à collectionner d’une autre époque. Il vous manque votre personnage préféré dans votre assemblage de cartes de Beverly Hills 90 210 version 1995? C’est la place où trouver la perle rare.

Pour la musique, les clubs de blues sont nombreux. Même en choisissant au hasard, on risque de bien tomber. Pour moi, la Blue Chicago, petit bar sans prétention, a livré ses promesses. Les peintures à l’effigie du club, sur les murs, donnent le ton. On y présente de la musique tous les soirs depuis une trentaine d’années et la foule y est particulièrement hétéroclite. Ce soir-là, Nellie « Tiger » Travis, beaucoup trop talentueuse pour la qualité du système de son du bar, m’a captivé pendant plusieurs heures.

Enfin, si Chicago est reconnue pour sa pizza, c’est la deep dish pizza, épaisse de six centimètres et préparée dans un moule, qu’il faut absolument essayer. On la trouve partout, souvent après avoir patienté en file aux heures de pointe. Un délice pas trop santé.

Bref, Chicago a probablement déclassé New York et Boston parmi les endroits où je voudrais retourner. Une fin de semaine, ce n’est pas assez.

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Le Bourlingueur

Moins de FOMO, plus de YOLO

CHRONIQUE / FOMO. « Fear of missing out ». La peur de manquer quelque chose. YOLO. « You only live once ». Vous ne vivez qu’une fois. Voilà pour le vocabulaire. C’est de l’anglais, oui, mais dans un monde de LOL, on peut bien faire avec pour les besoins de la cause.

La FOMO devrait être l’ennemie du voyageur, même si elle se glisse toujours dans le bagage sans y avoir été invitée. Le poids excédentaire de la valise, à l’aéroport, c’est la FOMO. Sortez-la de là.

Chez moi, elle s’était invitée pour la première incursion en Europe. Un mois, trois pays et un itinéraire long comme deux fois le tour de la Terre. J’avais comme la conviction que je ne partirais plus jamais. Je voulais tout voir de la France, de l’Espagne et de l’Italie en une trentaine de jours top chrono. Allô le réalisme.

Tous les guides de voyage y sont passés : Ulysse, Lonely Planet, Routard... J’ai écumé l’internet pour être certain de ne rien manquer et j’ai dressé une liste exhaustive des moindres petites églises, des moindres petits restaurants que d’aucuns suggéraient de visiter. Par quartier s’il vous plaît. Pas question de manquer quoi que ce soit.

Je m’en suis fait des ampoules à marcher comme Speedy Gonzales, à essayer de tout voir pour cocher les éléments de ma liste soigneusement préparée. La tour Eiffel : cochée. Les musées d’Orsay, du Louvre, les dix plus belles cathédrales de Paris, la Sagrada Familia, les dix plus belles réalisations de Gaudi, le Colisée de Rome, les ponts les plus célèbres de Venise : cochés.

Mais je suis passé très vite. Il me faudrait retourner et rétrograder la vitesse pour apprécier, comprendre.

Cette peur de tout manquer, elle a aussi du bon. C’est elle qui m’a convaincu de mettre ma vie sur pause et de partir plusieurs mois consécutifs. Cette peur de ne jamais voir le monde, de ne jamais me tremper dans la culture asiatique, sud-américaine, et de réaliser qu’un jour, la santé ne le permettrait probablement plus. J’ai foncé tête baissée. Parce qu’on ne vit qu’une fois et que de ne rien faire, c’est aussi renoncer à un tas de choses.

YOLO, c’est aussi renoncer. Pour vivre ici, maintenant, comprendre qu’on ne pourra pas tout voir et accepter de nous attarder là où le moment présent le commande. C’est faire le choix de piquer une sainte colère quand les choses ne se déroulent pas comme prévu ou de trouver une façon de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Quand on a annulé mon traversier entre les îles du Nord et du Sud de la Nouvelle-Zélande, en raison du mauvais temps, je me sentais pris au piège. Prisonnier à Wellington, la capitale, j’ai renoncé aux villes de Nelson, Punaikaiki et Kaikoura, que j’avais ciblées pour la suite du voyage. J’ai plutôt sauté sur l’occasion de prendre un vol vers Queenstown, plus au sud, et de visiter les fjords de Milford Sound et le glacier de Franz Josef, que j’avais initialement rayés de mon itinéraire. Franz Josef m’a par la suite offert parmi les plus beaux souvenirs de mon voyage.

YOLO, c’est aussi ce qui m’a guidé à Quito, en Équateur. Cette fois-là, je me rendais en Amérique du Sud avec la ferme intention de voir les tortues et les lézards des îles Galapagos. La capitale du pays m’a toutefois charmé au point où je n’ai plus vu le temps passer. Le mont Pichincha, la Mitad del Mundo, le parc Itchimba, la Capella del Hombre m’ont tellement attiré que le temps m’a manqué pour les îles.

On m’a pourtant suggéré une visite éclair, avec billets d’avion et bateau rapide à la clé, mais j’aurais passé plus de temps à me déplacer qu’à vraiment me poser aux Galapagos. J’ai décidé de profiter de Quito.

Si on passait moins de temps à penser à ce qui nous échappe, à ce que l’on manque, on apprendrait à profiter un peu plus de nos voyages, quitte à ralentir le rythme et à explorer plus lentement. YOLO, c’est aussi apprendre à connaître la population locale, goûter à des aliments qui nous sont inconnus ou accepter de réduire ses nuits de sommeil pour tirer profit de chaque moment.

Et c’est parce que je me dis YOLO que je me donne le droit de sauter dans l’avion chaque fois que l’occasion se présente. Pour moi. Pour chaque moment qui ne reviendra pas. Point.

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Voyage

Cure de jeunesse pour les piscines de Salomon

AL-KHADER — Les piscines de Salomon, antiques réservoirs situés près de Bethléem, en Cisjordanie occupée, vont subir une cure de rajeunissement de 750 000 $ financée par les États-Unis, face aux outrages du temps et de la fréquentation, ont indiqué mercredi des responsables américains sur place.

Les trois bassins à ciel ouvert, longs et larges de plusieurs dizaines de mètres chacun et disposés sur les hauteurs en dénivelé les uns par rapport aux autres, ont été construits vers les débuts de l’ère chrétienne.

Ils faisaient partie du système qui pendant des siècles a alimenté en eau Jérusalem, à une dizaine de kilomètres de là, selon l’Institute for Palestine Studies (IPS).

Le premier aqueduc alimentant les réservoirs a probablement été bâti sous Hérode Ier, mort en 4 av. J.-C.

La construction s’est considérablement dégradée avec le temps et seuls deux des trois retenues sont encore pleines. Les plans d’eau ombragés restent une destination prisée par les promeneurs à la recherche de fraîcheur. Au moins six personnes s’y sont noyées depuis 1993, selon l’IPS.

L’économie au service de la paix

Le consulat américain à Jérusalem a décidé d’allouer 750 000 $ à la rénovation du site, avec l’espoir qu’il devienne une attraction touristique majeure en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

«Il ne s’agit pas seulement de préserver l’histoire, mais aussi de préserver les vies et le gagne-pain des gens qui vivent ici aujourd’hui», a déclaré le consul général américain Donald Blome.

L’administration Trump s’emploie actuellement à relancer les discussions de paix entre Palestiniens et Israéliens. Le soutien à l’économie palestinienne est présenté comme l’un des axes de cet effort.

Le président Donald Trump «a dit que libérer tout le potentiel de l’économie palestinienne constituait un élément nécessaire à la paix», a dit M. Blome.

Voyage

Les restes de «l'ancêtre» du Père Noël auraient été découverts

ANKARA - Des archéologues turcs croient avoir découvert les restes de saint Nicolas - de qui la légende du Père Noël a émergé - sous une église de son lieu de naissance, dans le sud de la Turquie, a affirmé un responsable jeudi.

Saint Nicolas est né et a servi comme évêque dans ce qui est maintenant la ville méditerranéenne turque de Demre, près d’Antalya, au IVe siècle. Il avait été enterré dans la ville antique qui s’appelait autrefois Myre, mais on croyait que ses ossements avaient été volés et transportés dans la ville de Bari, dans le sud de l’Italie.

Toutefois, les archéologues ont récemment déniché ce qu’ils pensent être un temple sous l’église.

Ils croient maintenant que les restes de saint Nicolas pourraient s’y trouver, a indiqué à l’Associated Press le chef de l’agence turque responsable des monuments, Cemil Karabayram.

Il a ajouté que les archéologues tentent de trouver une façon d’accéder au temple sans endommager l’église Saint-Nicolas, construite au XIe siècle.

M. Karabayram a expliqué que le temple avait été décelé lors de relevés menés par radar géologique dans le cadre d’un projet de restauration.

«C’est un temple qui est intact, qui n’a pas été touché, mais qui pourrait avoir été endommagé par un tremblement de terre», a-t-il indiqué.

«C’est une découverte importante au plan culturel ainsi que pour le tourisme en Turquie», a ajouté Cemil Karabayram.

Saint Nicolas était reconnu pour sa générosité. Sa légende a fait le tour du monde et s’est entremêlée avec les histoires mythiques du Père Noël offrant des cadeaux.

M. Karabayram suppose que les ossements qui ont été transportés à Bari étaient probablement ceux d’un autre prêtre.

Voyage

Le pont de la discorde entre la Croatie et la Bosnie

ZAMASLINA - Pero Brbora pêche ses coquillages en Croatie, mais doit franchir deux frontières pour les vendre... en Croatie. Il attend depuis des années la construction du pont de Peljesac, au coeur d’une crise entre son pays et la Bosnie voisine.

La vie de ce conchyliculteur de 57 ans est soumise au découpage façon patchwork des Balkans. Hérité des frontières entre ex-républiques yougoslaves, ce découpage reste une promesse d’instabilité.

Afin d’offrir à une Bosnie-Herzégovine enclavée un accès maritime à l’Adriatique, une bande côtière d’une dizaine de kilomètres lui a été laissée autour du port de Neum. Ce qui pour conséquence de séparer de leurs compatriotes 90 000 Croates, dont les habitants de la cité touristique de Dubrovnik.

Pour aller du petit port de Zamaslina à Makarska, où il vend sa pêche dans des restaurants, Pero Brbora met jusqu’à quatre heures, surtout en période touristique. «S’il n’y avait pas de frontières, on pourrait franchir cette centaine de kilomètres en une heure et demie», dit-il. Mais il lui faut franchir deux postes-frontières et traverser Neum, port bosnien, dix kilomètres qui peuvent se transformer en une «éternité».

Depuis des années, la Croatie entend remédier à cette absurdité en construisant un pont de 2400 mètres de long, pour enjamber le bras de mer face à Neum. Comme en témoignent deux pylônes plantés de chaque côté du détroit, elle avait même entrepris des travaux, interrompus en 2007.

Frigo transfrontalier

En juin, l’Union européenne (UE), dont la Croatie est membre depuis 2013, a avalisé le financement à hauteur de 85 % de cet ouvrage, d’un coût total estimé à 420 millions d’euros (620,8 millions $CAN).

«Ce pont changerait tout pour nous, il nous faciliterait la vie», dit Gordana Pincevic, propriétaire d’un vignoble à Peljesac en Croatie, qui illustre son quotidien ubuesque : «Quand je vais acheter un frigo à Split [en Croatie], au retour il faut prouver aux douaniers bosniens que le frigo ressortira de Bosnie, puis aux douaniers croates qu’il a été acheté en Croatie...»

En Bosnie, le pont n’est pas accueilli avec enthousiasme. Le chef politique des Bosniaques musulmans, Bakir Izetbegovic, a appelé la Commission européenne à arrêter la procédure d’octroi des fonds. La construction du pont de Peljesac «sans accord de la Bosnie est illégale et représente une violation de la Convention de l’ONU sur le droit de la mer», prévient le membre de la présidence tripartite de la Bosnie.

Beaucoup affirment que le pont gênera, voire empêchera l’entrée des bateaux de fort tonnage. Sarajevo entend négocier au préalable un accord pour décider d’un corridor maritime lui offrant un accès aux eaux internationales.

Incertitude

«On construira le pont», lui a rétorqué le premier ministre croate Andrej Plenkovic : «Les caractéristiques techniques du pont sont telles qu’elles permettront un passage sans entraves à tout navire qui pourrait accoster à Neum.»

La distance entre les deux pylônes centraux sera de 200 mètres. Face à l’insistance de la Bosnie, les caractéristiques du pont ont été modifiées, sa hauteur passant notamment de 35 à 55 mètres, ce qui a augmenté le prix initial du projet, explique le gouverneur de Dubrovnik, Nikola Dobroslavic.

Dans sa bataille, la Bosnie a un handicap : son incapacité à opposer une réponse institutionnelle à Zagreb. Le pays est divisé entre Bosniaques, Serbes, et Croates. Le représentant de cette communauté dans la présidence tripartite, Dragan Covic, a déjà dit qu’il ne voyait aucun obstacle formel ou juridique à la poursuite du projet : «Les deux pays profiteront de la construction du pont, surtout la ville de Neum.»

Selon le spécialiste du droit international croate, Davorin Rudolf, la Bosnie a un autre handicap : elle «n’est pas dans l’UE et il est difficile de savoir quand elle le sera». Et «l’Europe veut des frontières extérieures» stables, ajoute le professeur. La Croatie entend intégrer en 2019 l’espace Schengen, soit trois ans avant la fin prévue de la construction du pont.

Bien que Croates en quasi-totalité, les 4600 habitants de Neum, eux, ne voient pas tous le pont d’un bon oeil. Certains s’inquiètent de ses répercussions sur le tourisme, un secteur majeur de l’économie croate.

Désignant une tablée de touristes étrangers, le serveur Marin Danicic, 21 ans, soupire : «Si le pont est construit, ils ne passeront plus par là...»  avec Lajla Veselica à Zagreb

Bourlingueur

De princes en vampires

CHRONIQUE / Je l’avoue : j’ai horreur de l’horreur. Les zombies, les vampires et autres monstres, ce n’est pas ma tasse de thé. On ne peut donc créditer à Dracula mon attirance pour la Roumanie.

Les princes et les princesses n’entretiennent pas ma fascination non plus. Du moins pas ceux des contes de fées. J’ai même une petite tendance à détester l’omniprésence de la royauté dans les jouets qu’on offre aux enfants.

Il reste que les vrais rois, les vraies reines, quand on prend le temps de s’intéresser à leur vie, peuvent se révéler bien intrigants. Et à visiter les palaces, les manoirs et les châteaux où ils ont vécu, on en vient parfois à se demander comment trouver le bonheur dans autant de richesse.

Bien sûr, tout le monde, ou presque, qui s’arrête en Transylvanie voyagera vers Bran, où se trouve le château « de Dracula », celui ressemblant le plus à ce que décrit Bram Stoker dans son livre. Bran, c’est un peu le passage obligé, même si tout le monde, moi y compris, vous dira qu’il ne vaut pas tellement la peine de s’y attarder.

Le personnage de Dracula ressemble drôlement au voïvode Vlad Tepes, mieux connu comme étant Vlad l’empaleur. Particulièrement cruel, il avait la réputation de torturer ses ennemis, souvent en les empalant. Certains racontent même qu’il avait même dressé une « forêt d’empalés » le long d’une route pour décourager ceux qui pourraient tenter une invasion. On présume toutefois qu’il n’a jamais vécu à Bran.

Là-bas, le bus nous laisse le long de la seule grande route traversant le petit village. Quelques restaurants font de bonnes affaires avec les touristes, comme les dizaines de stands entassés au pied du socle rocheux où trône le château. Les files d’attente peuvent être longues et les foules s’entassent serrées à l’intérieur du bâtiment, si bien qu’on ne souhaite qu’une chose : en sortir.

Une seule petite pièce, trop exiguë pour la quantité de touristes qui s’y agglutinent, raconte l’histoire de Vlad. À part la photo qu’on fait tous, de l’extérieur, y’a pas de quoi s’énerver trop longtemps avec cet attrait beaucoup trop touristique.