Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Marie-Claude Paradis-Vigneault adore pédaler, en été comme en hiver.
Marie-Claude Paradis-Vigneault adore pédaler, en été comme en hiver.

Voir le monde à vélo

CHRONIQUE / C’est l’une des plus belles façons de découvrir le Québec, et de redécouvrir nos propres paysages : en le parcourant à vélo. Je ne suis pas de celle qui gobe des kilomètres et des kilomètres pendant la saison estivale, mais le vélo n’est jamais bien loin, pour une sortie de quelques heures ou pendant les vacances. J’ai revisité des régions en y pédalant (allô, le Saguenay-Lac-Saint-Jean), et ça demeure un magnifique outil de contemplation, même devant les paysages vus maintes et maintes fois (Sherbrooke-North Hatley : que voulez-vous, on y revient souvent, pour ne pas dire tout le temps).

Nos régions ont plusieurs visages, et on peut les (re)découvrir de multiples façons. Prenez la grandeur des Chic-Chocs, visitées à deux reprises en période estivale... et découvertes sous un tout autre jour en plein hiver. Nos régions nous livrent les décors qu’on se donne la peine de découvrir... même si ça demande parfois un certain effort. Pour moi, l’image bucolique des Cantons-de-l’Est, c’est notamment ces vieilles maisons sur lesquelles plombe le soleil, encadrées par des arbres, juste en bordure de la piste cyclable entre Ayer’s Cliff et Stanstead. Celles des tortues qui se font bronzer, du grand héron ou du cerf qui détale à mon arrivée. Des images toutes glanées en pédalant et que je n’aurais pu voir autrement.

Repenser ses cyclo-aventures

Marie-Claude Paradis-Vigneault rêvait depuis longtemps de sillonner la Côte-Nord à vélo. Elle se promettait un périple de 700-800 km pendant 10 jours.

La crise a eu raison de son projet prévu en mai, mais ce n’est que partie remise.

« Cette année, c’est une drôle de saison. Chaque année, je me fixe des objectifs, comme faire le tour de la Gaspésie il y a deux ans. Cette saison, avec la COVID et la fermeture de régions, je n’ai pas d’objectif (...) J’aime beaucoup le vélo et découvrir, mais ma façon de projeter ma saison est différente en raison des conditions incertaines. »

« La Côte-Nord sera encore là, elle va m’attendre. C’est la première fois que je n’ai pas d’objectif... Je regarde mon Google Maps et je me fais des trajets à proximité de Sherbrooke. J’ai hâte d’ailleurs de retourner faire le tour du lac Mégantic. »

Marie-Claude Paradis-Vigneault adore pédaler, en été comme en hiver.

« Les années passées, en avril, on est allé faire du vélo en Virginie. On commençait plus tôt, en descendant vers le sud. Il y a ça aussi : on n’est pas allés aux États-Unis et on n’ira pas à court terme. Je regarde pour des boucles à proximité d’ici.

La Sherbrookoise que l’on connaît notamment comme réalisatrice raconte que le vélo fait partie des facteurs qui ont influencé le choix de s’installer à Sherbrooke... avec ses côtes et la proximité des États-Unis. »

Plusieurs tentent de les esquiver, mais Marie-Claude en est folle. « Je sais que pour certains c’est une limite. Moi, c’est le contraire, ça me motive. Les parcours sont beaucoup plus intéressants quand il y a des montées et des descentes. »

Pour le moment, les mesures sanitaires l’amènent à planifier ses circuits autrement, dit-elle en citant notamment la préparation des lunchs parce que l’arrêt au dépanneur n’est plus une option.

Pour celle qui s’est établie à Sherbrooke il y a trois ans, le vélo fait partie de la vie en tout temps : pour aller au travail (en temps normal), faire des courses ou des sorties. Elle a fait sa première saison de vélo hivernal... et elle voit maintenant une différence. « Je me suis rendu compte des effets positifs sur mon endurance et sur ma perception face à la météo. Il y a une semaine ou deux, je suis partie le matin, vers 8 h ou 9 h, il faisait à peine deux degrés. D’autres personnes auraient attendu, mais pour moi c’était une température agréable », dit celle qui a sorti son vélo de route pour les beaux jours.

Claude Plante, le Cycliste du dimanche

Quelques suggestions

Le journaliste Claude Plante a signé dans nos pages, l'été dernier, la chronique Le cycliste du dimanche. Le collègue est un bon ambassadeur des pistes cyclables qui sillonnent notre territoire. Quand j'ai des visées sur une piste cyclable en particulier, c'est souvent d'abord vers lui que je me tourne. 

L'été, il roule entre 1500-2000 km. Il pédale beaucoup avec sa douce sur les pistes estriennes, mais aussi un peu partout à travers le Québec. Il organise aussi ses vacances estivales en fonction des kilomètres où il peut rouler.

Ses incontournables? À Sherbrooke, il aime partir du stationnement le long du boulevard St-François, filer vers Lennoxville, puis terminer à North Hatley.

Il y a aussi le parcours Richmond-Danville-Kingsey Falls.

« C'est un beau petit trip. Rendu à Kingsey Falls, on peut manger dans le parc de Cascades. »

Marie-Claude suggère aussi North Hatley, mais en passant par la portion du lac des Nations, et en faisant le chemin à l'inverse, jusqu'à North Hatley, puis revenir par Lennoxville.

Aussi : les chemins Moulton Hill et Spring Road, pour aller de Sherbrooke vers Ascot Corner. « J'ai tripé! Il n'y pas d'auto pratiquement, il y a du dénivelé, des chevaux. Pour les gens stressés de faire de la route, c'est un bon début », lance Marie-Claude en riant.

Les Chèvres de montagne, groupe féminin de plein air, en pédalent aussi un coup.

Les suggestions estriennes de Pascale Vézina Rioux, directrice :

« Il y a beaucoup de beaux endroits, de belles villes : Georgeville, Mansonville, Sutton, Ayer's Cliff... On roule à côté du lac avec des vues sur les montagnes... »