Natalie Richard
La Tribune
Natalie Richard
Le gamay ne réussit pas que dans le Beaujolais, il s’exprime aussi merveilleusement dans la Vallée de la Loire et même en Ontario, dans la péninsule du Niagara où Jean-Pierre Colas, un chablisien d’origine le vinifie avec brio depuis une dizaine d’années au domaine 13th Street. 
Le gamay ne réussit pas que dans le Beaujolais, il s’exprime aussi merveilleusement dans la Vallée de la Loire et même en Ontario, dans la péninsule du Niagara où Jean-Pierre Colas, un chablisien d’origine le vinifie avec brio depuis une dizaine d’années au domaine 13th Street. 

Amoureux du gamay

CHRONIQUE / Cépage roi du Beaujolais, le gamay évolue sur une multitude de terroirs différents qui peuvent apporter aux vins une envergure qui se distingue en plusieurs nuances et complexités selon le type de sol. Dans le Beaujolais, les sous-sols sont si variés d’une parcelle à l’autre que la région a été désignée comme Géoparc mondial par l’UNESCO.

Il est temps de cesser d’associer le gamay seulement au Beaujolais nouveau, un vin de primeur qui selon la législation de 1951 est autorisé à être libéré à midi précisément, le troisième jeudi de novembre. C’est une belle tradition qui se célèbre encore aujourd’hui dans le monde entier. Mais à une certaine époque, victime de son succès et d’une surproduction, la région a connu le contrecoup de cet engouement et il serait dommage de pénaliser l’ensemble du Beaujolais et des vins de gamay à cause de ce faux pas. Je vous propose donc de célébrer ce cépage merveilleux avec cinq vins festifs de qualité qui sont tout, sauf banal. Des vins de soif, à servir frais.

Jean-Claude Chanudet La Cuvée du Chat 2019
25,45 $ • 13 184 224 • 13 % • 2 g/l  

Un vin pur et juteux aux arômes de cerise écrasée, que du fruit que du bonheur. Le « chat » mentionné sur l’étiquette, c’est Jean-Claude Chanudet du Domaine Chamonard, un des pionniers du vin nature dans le Beaujolais. Il a produit cette cuvée simplement pour se faire plaisir et par le fait même, il nous fait plaisir aussi. Un domaine situé à Morgon et de la tribu de ceux qui aiment travailler de façon naturelle. 

Domaine Marcel Lapierre Raisins Gaulois 2019
22,45 $ • 11 459 976 • 12,5 % • 1,7 g/l 

Toujours à Morgon, l’excellent vigneron Mathieu Lapierre poursuit l’œuvre gigantesque de son père, le regretté Marcel Lapierre, celui qui pour moi a fait chavirer le gamay dans une catégorie exceptionnelle, et à part. Issu d’un vignoble de neuf hectares et vinifié avec le moins d’interventions possible, voilà un vin de soif qui annonce la gourmandise dès la première goutte. S’en suit une profondeur très satisfaisante de fruits noirs frais avec des notes de figue qui perdurent au palais. Miam!

Damien Coquelet Beaujolais-Villages Fou du Beaujo 2019
20,95 $ • 12 604 080 • 11,5 % • 2 g/l 

Des arômes de cerise qui laissent percevoir la muscade et une petite trame tannique, parfaite pour accompagner les saucissons biologiques de Fou du Cochon de La Pocatière. C’est l’inspiration qui avait conduit à la production de cette cuvée au départ, d’où le jeu de mots avec Fou du Beaujo et l’image du petit cochon dans le verre. Un vin naturel et sans sulfite, réalisé par l’excellent Damien Coquelet qui a travaillé dès l’enfance avec son beau-père, le réputé Georges Descombes. Il élabore cette cuvée « anti Beaujolais nouveau » dans son domaine de Vauxrenard, une commune située entre Chiroubles et Fleurie. Le vin est aussi offert en format magnum pour les apéros copieux. 

13 th Street Winery Gamay 2017
19,95 $ • 12 705 631 • 12,5 % • 3,4 g/l 

Le gamay ne réussit pas que dans le Beaujolais, il s’exprime aussi merveilleusement dans la Vallée de la Loire et même en Ontario, dans la Péninsule du Niagara où Jean-Pierre Colas, un chablisien d’origine le vinifie avec brio depuis une dizaine d’années au domaine 13th Street. Le nez typiquement gamay s’exprime sur des notes de cerise et de violette puis la bouche est ample avec de la mûre et du cassis qui se posent sur des tannins souples dans une belle finale légèrement poivrée. Un délice!  

Alain Renarda Fâche Bugey Cerdon  
24,30 $ • 12 477 543 • 8 % • 59 g/l • Bio 

La façon dont Alain Renarda décrit son village donne vraiment envie de découvrir son Cerdon : « Derrière son côté austère de petit village médiéval, se cache dans les caves un vin pétillant naturel qui dévoile une partie de son mystère lorsque la bouteille s’ouvre et laisse apparaître sa couleur. » C’est un rosé de gamay, au goût très fruité de cerise et de framboise. Le Bugey Cerdon est un vin pétillant unique, élaboré selon la méthode ancestrale qui consiste à laisser la fermentation alcoolique se poursuivre directement dans la bouteille, sans ajout de levures ni de sucre, d’où la fine effervescence. À déguster avec des fromages, des desserts aux petits fruits ou à l’apéro avec du muhammara, une trempette du Moyen-Orient à base de poivron grillé, noix de Grenoble et mélasse de grenade.