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Il faut apprendre à reconnaître ce qui est compostable ou pas selon notre méthode de compostage.
Il faut apprendre à reconnaître ce qui est compostable ou pas selon notre méthode de compostage.

Sortir les résidus organiques de sa poubelle

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
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VERS LE ZÉRO DÉCHET / Depuis que j’ai sorti ma tête du sable pour la mettre dans ma poubelle, impossible d’ignorer la matière organique : celle-ci représente environ 40 % du contenu de notre poubelle domestique. Sortir cette matière de nos ordures est donc un grand pas vers le zéro déchet.

Autre pourcentage intéressant : jusqu’à 63 % des résidus alimentaires jetés par les ménages canadiens auraient pu être consommés. Alors, avant de penser à rendre à la terre, le dernier des 5R, il faut d’abord travailler à réduire notre gaspillage alimentaire.

Encore une fois, c’est une question d’habitude. Celles-ci prendront peut-être plus de temps à adopter que de commencer à acheter son détergent en vrac (lire Changer ses habitudes, un geste durable à la fois). Il faut apprendre à planifier les repas et les épiceries pour que chaque produit soit utilisé dans les temps prescrits, à conserver les aliments de manière optimale et à cuisiner un peu autrement.

Apprendre à sauver sa bouffe

Pour me guider dans cet apprentissage, j’ai adopté l’outil créé par Les AmiEs de la Terre de Québec. Je visite sporadiquement leur site sauvetabouffe.org et je me suis plus récemment procuré leur livre. En plus de fiches sur plusieurs fruits et légumes pour apprendre à les conserver et à cuisiner leurs parties moins «cuisinables», on y trouve des conseils plus généraux, comme mettre ses retailles de légumes au congélateur dans un contenant jusqu’à ce qu’il soit plein pour ensuite transformer le tout en potage ou en bouillon de légumes. Les smoothies sont aussi nos amis pour utiliser les fruits et légumes moins frais.

Je cuisine maintenant avec deux pots devant moi : un pour les retailles qui peuvent encore servir à l’alimentation et un autre pour la matière compostable. Déjà, il faut apprendre à reconnaître ce qui est compostable ou pas selon notre méthode de compostage.

Composter selon sa réalité

Tout en travaillant à réduire mon gaspillage alimentaire, j’ai cherché la meilleure manière pour moi de composter. Vivant dans un appartement, je ne peux pas installer un composteur domestique sur le terrain, mais j’ai découvert un site de compostage communautaire sur le chemin que j’emprunte pour me rendre à l’épicerie. Idéal!

Un composteur double.

J’ai rapidement déchanté en découvrant l’existence de files d’attente. L’organisme Craque-Bitume, qui gère les sites de compostage communautaire à Québec, me confirme la chose : depuis quatre ans, des files d’attente se sont créées pour participer au compostage communautaire dans les différents sites du territoire. Par chance, ce printemps, Craque-Bitume a annoncé la création de six nouveaux sites de compostage communautaire qui s’ajouteront aux 31 déjà en service.

Toutefois, puisqu’on s’inscrit généralement au site de compostage le plus près de chez soi, la création de sites de compostage dans de nouveaux secteurs ne risque pas de désengorger les listes d’attente pour les installations déjà existantes.

En attendant, le site Web de Craque-Bitume présente deux autres techniques de compostage : le vermicompostage et le balcompost.

Un bac de vermicompostage.

Comme son nom l’indique, le vermicompostage (ou lombricompostage) fait appel à des vers, sauf qu’il ne s’agit pas tant de compostage que de production de fumier de vers. Il se fait à l’intérieur puisque les vers n’aiment pas le froid ni la chaleur trop intense. On installe les vers dans un bac avec des trous d’aération et on les nourrit de certains de nos résidus organiques. Le tout, si bien fait, ne devrait pas produire d’odeur ou d’insectes indésirables.

Le vermicompostage est plus populaire qu’on pourrait le penser.

J’avoue que je n’étais pas chaude à l’idée d’adopter ces nouveaux compagnons. Alors, imaginez ma surprise (et un peu mon soulagement) quand j’ai appris qu’il y avait actuellement une pénurie de vers à vermicompostage. En effet, le Craque-Bitume qui en vend habituellement, ainsi que leur fournisseur, sont à sec. Ce type de compost est plus populaire qu’on pourrait le penser!

D’ailleurs, j’ai été surprise de voir la popularité du compostage en général. J’aurais cru que la mise en place imminente (2022) d’une collecte municipale de la matière organique à Québec aurait découragé les citoyens de s’y mettre par eux-mêmes, mais non!

Enfin, j’ai décidé de me rabattre sur le balcompost, méthode adaptée aux gens qui disposent comme moi d’un balcon. Ce n’est pas idéal au Québec puisque cette installation de petite envergure n’est pas viable en hiver. Moins performante, on évitera certaines matières qui prennent plus de temps à retourner à la terre. À ce sujet, le livre de Lili Michaud Tout sur le compost, bien qu’il ne parle pas de balcompost, m’a été très utile.

J’ai joint deux contenants pour créer un tube assez profond pour enterrer au milieu d’une chaudière. C’est là que le compost sera déposé.

Pour faire mon balcompost, j’ai enterré un contenant sans fond, percé sur les côtés et doté d’un couvercle que j’ai laissé dépasser, dans un plus grand contenant. Dans l’espace entre les deux, j’ai repiqué des plants de tomates.

Mon installation est plus petite que ce qui est prescrit sur Internet. Je suis consciente que toute ma matière organique ne pourra pas y passer. Par chance, alors que je préparais mon balcompost, j’ai fait la connaissance de personnes sur ma rue qui ont un composteur domestique et qui ont bien voulu accueillir mes surplus de matières organiques!

Enfin, il existe maintenant des outils modernes comme le Tero, un petit électroménager conçu par deux diplômées de l’Université Laval pour transformer les résidus alimentaires en fertilisant en quelques heures. Cette innovation s’ajoute aux autres stratégies de compostage : il ne reste qu’à choisir l’option la plus adaptée à sa réalité!

Les livres «Tout sur le compost» et «Sauve ta bouffe»