Le rang Saint-Denis permet de changer d’air et de contourner une longue portion du rang des Mines alors que celui-ci devient le rang Saint-Ange. C’est une véritable découverte. Un joyau de ruralité à l’épreuve de l’étalement urbain où l’on défile seul, le ciel brûlant et les costauds équidés comme uniques témoins de ce moment de ravissement.
Le rang Saint-Denis permet de changer d’air et de contourner une longue portion du rang des Mines alors que celui-ci devient le rang Saint-Ange. C’est une véritable découverte. Un joyau de ruralité à l’épreuve de l’étalement urbain où l’on défile seul, le ciel brûlant et les costauds équidés comme uniques témoins de ce moment de ravissement.

Routes (presque) secrètes

HORS-PISTE / On a beau militer de toutes les fibres de son corps en faveur du partage de la route, il n’y a rien de mieux que les rares segments pavés rendus presque déserts parce que boudés des voitures, et où l’on peut se laisser glisser dans un silence relatif qui se résume à l’absence prolongée du bruit des moteurs. 

À moins d’emprunter les routes de terre (sujet d’une chronique ultérieure), ces segments routiers sont généralement rares et courts à proximité des villes. On met des années à les découvrir, passant souvent des centaines de fois devant sans s’y aventurer.

J’avais envie d’en partager quelques-uns avec vous, parce qu’ils modifient mes itinéraires, agissent comme des moments d’apaisement, et sont aussi, le plus souvent, le théâtre de mes plus beaux moments à vélo.

De Stoneham à Saint-Augustin, en passant par Lac-Saint-Charles et Val-Bélair, voici quelques-unes de ces routes qui permettent souvent de s’éloigner — au moins un instant — des chemins les plus fréquentés pour vraiment profiter de la route.

Au bord du lac Saint-Charles

En bordure du lac Saint-Charles : la rue des Épinettes rouges se prend en face du golf Royal Charbourg et permet d’éviter la section la plus passante et ennuyeuse du chemin de la Grande Ligne que je roule régulièrement pour rejoindre Stoneham. Pendant plus de deux kilomètres (2,6, précisément), on file entre les jolies maisons de bord de lac, sous le rassérénant couvert des grands arbres. L’asphalte est en bonne condition, on peut prendre de la vitesse, et lorsqu’on émerge, tout au bout, on a presque envie de rebrousser chemin et recommencer.

De l’autre côté du même plan d’eau, l’avenue du Lac-Saint-Charles se transforme en chemin presque parfaitement désert passé la rue Taschereau. C’est un cul-de-sac, mais l’aller-retour, très vallonneux, est fraîchement pavé, situé en zone boisée, peu habitée, et permet de faire un superbe 10 km sans voir un chat, avec de la grimpe sportive et des descentes fiévreuses.

Au pied du mont Bélair

Au retour d’un entraînement en côtes, d’une sortie du côté du lac Saint-Joseph ou des Équerres, j’allonge souvent le parcours en obliquant vers l’ouest. Si vous arrivez de Valcartier, par la piste cyclable ou non, ou bien si vous venez de Sainte-Catherine par le chemin des Érables, vous pouvez remonter la route de l’Aéroport, qui s’emprunte aussi par Montolieu. Elle est étonnement tranquille, à cette hauteur, et permet, une fois la côte gravie jusqu’à l’église, de virer vers l’ouest pour aller prendre Jean-Gauvin en direction de l’avenue Notre-Dame.

Ce sont là 4,5 km tout en descente, la crécelle de la roue libre vibrant de bonheur comme une cigale stéroïdée pendant de belles minutes de félicité cycliste. Une écurie borde la route à l’est. Sinon, c’est le désert rural ou presque. Si vous comptez revenir par L’Ancienne-Lorette, prenez le presque aussi discret rang Sainte-Anne, un peu avant Notre-Dame. Sinon, le pavage refait de cette dernière constitue une excellente voie pour filer vers Saint-Augustin, même si c’est un peu passant.

Stoneham et Saint-Adolphe

En pénétrant dans le village de Stoneham, on s’éloigne peu à peu du raffut pour entrer dans un long secteur résidentiel dominé par la nature. C’est une de mes routes favorites lorsqu’il fait très chaud l’été. Au petit matin, lorsque je roule tôt pour déjouer la canicule, le soleil encore bas découpe la cime des épinettes et éclaire les flancs de montagnettes qui servent de murs d’enceinte à ce secteur à l’abri des vents. On en sort sur Talbot, que l’on peut traverser, de même que la 73, pour aller vers Saint-Adolphe et poursuivre l’exploration, parfois pentue, de ce secteur si près de la ville et pourtant méconnu.

Sortir du rang

J’ai fait le rang des Mines au moins mille fois. Je connais chaque détail de son asphalte et de son décor et j’avoue que son tracé plutôt droit m’ennuie assez. Mais je le reprends, inlassablement, pour éviter une portion de la 138 qui traverse le village de Saint-Augustin dans son secteur le plus agité.

J’ignore pourquoi, sans doute la faute à l’inertie de l’habitude : je n’avais jamais viré vers le rang Saint-Denis qui permet de changer d’air et de contourner une longue portion du rang des Mines alors que celui-ci devient le rang Saint-Ange. C’est une véritable découverte : une ferme de Clydesdales qui piaffent majestueusement dans le pré, un petit pont qui enjambe la rivière Cap-Rouge, la belle ferme de chez Robitaille et Fils, des balles de foin empilées comme un jeu de blocs géant. Un joyau de ruralité à l’épreuve de l’étalement urbain où l’on défile seul, le ciel brûlant et les costauds équidés comme uniques témoins de ce moment de ravissement.

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David Desjardins est chroniqueur à VéloMag. Il anime aussi la balado Radio Bidon. Chaque semaine, il propose une idée de sortie dans la grande région de Québec. Retrouvez tous ses itinéraires dans la section vélo de notre site.