Le tour du lac Beauport représente une parfaite sortie d’entraînement d’une quarantaine de kilomètres. Les gens du coin sont souvent eux-mêmes des sportifs et s’attendent à voir des vélos sur la route. Il est recommandé de bien faire ses arrêts!
Le tour du lac Beauport représente une parfaite sortie d’entraînement d’une quarantaine de kilomètres. Les gens du coin sont souvent eux-mêmes des sportifs et s’attendent à voir des vélos sur la route. Il est recommandé de bien faire ses arrêts!

Le lac Beauport des apprentis rouleurs

HORS-PISTE / Lorsque j’ai commencé le vélo de route et que je n’étais pas encore atteint de boulimie kilométrique, le tour du lac Beauport, au départ du centre-ville, constituait une parfaite sortie d’entraînement d’une quarantaine de kilomètres au total. Si bien que je pouvais m’y rendre trois fois par semaine.

Comme toute chose dont on abuse, je m’en suis lassé et ne l’emprunte plus que pour aller ou revenir de Sainte-Brigitte, au risque de laisser mes dents et mes superbes roues de carbone dans un des cratères de la Traverse de Laval dont on vient d’annoncer qu’elle sera enfin repavée. Alléluia.

Mais je suis allé le refaire pour me rappeler qu’il y a dans ce tour du Lac une cadence idéale pour les apprentis rouleurs et rouleuses qui souhaitent élever leur pratique d’un cran. Peu importe le sens par lequel on l’emprunte, on débute par une montée constante, suivie d’une série de rouleaux rapides, vite franchis, dévalés avant d’avaler le suivant, parfois avec encore assez d’élan pour se hisser à mi-chemin du prochain sans trop s’éreinter.

C’est là que j’ai appris le rythme, les changements de vitesse rapides et développé ma capacité à générer des efforts successifs. C’est la chose que l’on intègre en premier : à donner de petits coups intenses. La capacité à fournir un effort constant pendant un long moment nécessite un autre apprentissage qui se résume à ce conseil que prodiguait jadis le très peu loquace Eddy Merckx : «rouler beaucoup». Il faut croire que son palmarès parlait à sa place (cinq Tours de France, autant d’Italie, un d’Espagne, trois championnats du monde et 31 classiques, entre autres…).

L’esprit du Lac

Ce que je préfère ici, c’est qu’on est en territoire conquis, en quelque sorte. Les gens du coin sont souvent eux-mêmes des sportifs. Ils s’attendent à voir des vélos sur la route, de même que des adeptes de la marche digestive ou sportive comme de la course à pied. À condition de ne pas griller les arrêts sans égard pour les autres utilisateurs, on ne devrait pas vous y faire d’ennui.

Autre source de plaisir dans ce lieu si près de la ville: malgré sa fulgurante montée en popularité chez les nouveaux riches et autres joueurs de hockey amateurs de gigantisme immobilier, l’endroit a miraculeusement conservé un peu de son esprit villégiateur. C’est encore plus vrai si vous vous éloignez du tour du lac pour aller fouiner du côté du lac Morin et du lac Bleu, un peu plus au nord. Sur ce chemin, les petits monts aux alentours se succèdent pour offrir une grande frise verte au décor et dont la route vallonne assez pour s’y sculpter un jarret bien affûté.

Envie d’ajouter du dénivelé à votre effort et de faire de votre tour un petit entraînement de grimpe? Les routes qui s’agrippent aux flancs des collines aux alentours du lac Beauport forment une succession de montées qui n’ont rien de bien ludique, mais où l’on travaille copieusement sa forme. D’autant qu’on ne devient bon dans les montées qu’en en faisant. Beaucoup. Rappelez-vous Eddy Merckx.

Le Godendard en est un excellent exemple. De l’autre bord du plan d’eau, le Cervin est pas mal non plus dans le genre. Amusez-vous, prenez n’importe quelle rue au hasard, les culs-de-sac s’y succèdent, mais on en revient les cuisses en feu.

Se rendre en paix

Il m’a fallu un moment avant de trouver le bon chemin pour atteindre le lac Beauport. Depuis la ville, mon favori consiste à prendre la 4e Avenue (bande cyclable), puis la 1re Avenue et prendre l’embranchement à gauche au monument (aux Bédard) pour aller vers le Trait-Carré, et ne rejoindre Henri-Bourassa que pour quelques secondes, tournant à droite au Jean Coutu pour ensuite remonter vers Jean-Talon, pendant un coin de rue et remonter des Platanes jusqu’au bout (bande cyclable, quartier résidentiel). 

Au bout, pas le choix de reprendre Henri-Bourassa qui est moins achalandé à cette hauteur, prenez la côte Bernier pour éviter le trafic qui entre et sort de Lac-Beauport comme de l’autoroute, et le tour est joué. De l’ouest, vous pouvez arriver par le Corridor des cheminots et sortir à la 1re Avenue.

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RAVITO

Pour la malbouffe en tous genres, c’est chez Boub que ça se passe. Le matin, on vous conseille leurs copieux déjeuners. Le jour, la pizza est incontournable. Repaire méconnu, mais très fréquenté par les gens du coin, le Café Noisette est un magasin général qui vend surtout des produits de fine cuisine (huiles, condiments, accessoires de table) et des objets de décoration. Mais son café y est splendide, la nourriture délicieuse et les confiseries vous fourniront un parfait fix de sucre. Pascal le Boulanger a une succursale ici : valeur sûre. Pour une patate au retour, le Flash Bourg est un classique; plus loin, coin George-Muir, la Tombola est un bar laitier appartenant au propriétaire de la Boutique du Lac. D’ailleurs, pour une barre énergétique en route, c’est un excellent arrêt, de même que Genetik, qui se situe avant le Lac, à côté du Canac. David Desjardins (collaboration spéciale)

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David Desjardins est chroniqueur à VéloMag. Il anime aussi la balado Radio Bidon. Chaque semaine, il propose une idée de sortie dans la grande région de Québec. Retrouvez tous ses itinéraires dans la section vélo de notre site.