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Je devine le paysage. Mais je m’en moque un peu : j’aurai toute la remontée en télécabine pour en profiter. 
Je devine le paysage. Mais je m’en moque un peu : j’aurai toute la remontée en télécabine pour en profiter. 

Descentes (presque) sans fin

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
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HORS-PISTES / Avec la construction d’un Club Med 700 mètres sous le niveau de son chalet principal, le Massif de Charlevoix allie à son offre hivernale un réseau de descente de vélo de montagne qui a de quoi ravir les amateurs de vitesse.

Le bon plan table sur la construction mécanique de sentiers superbement manucurés. C’est-à-dire qu’on a ici affaire à des pistes travaillées à la machinerie, presque dénuées d’importants obstacles, pensées pour les cyclistes de montagne peu ou moyennement expérimentés.

Que l’intermédiaire ou l’avancé ne se fie donc pas à leur classification : pour ceux-là, toutes les pistes du Massif sont faciles. En fait, d’une à l’autre, je n’ai vu presque aucune différence.

Ce qui change la donne, c’est le temps qu’on met à descendre jusqu’en bas. J’y reviens.

Premières impressions

Nous sommes arrivés le matin. Fin juin. Il faisait soleil à Québec et très chaud. Comme un débutant, j’avais tout laissé à la maison : manteaux, chandails à manches longues. Je regardais le mercure chuter sur l’indicateur du tableau de bord à mesure que nous approchions de la destination. Il ventait si fort dans le stationnement du Massif que les drapeaux claquaient comme des fouets tandis que les portes de la voiture se refermaient sous l’effet de violentes bourrasques.

Après cinq minutes à descendre comme un gamin, le sourire imprimé sur le visage, j’avais oublié la météo qui, fort heureusement, s’améliorait d’une minute à l’autre.

Que l’intermédiaire ou l’avancé ne se fie donc pas à leur classification : pour ceux-là, toutes les pistes du Massif sont faciles.

Nous avons naturellement commencé par une piste classée «débutante» qui porte donc parfaitement son nom : «Easy Rider». Nos montures n’ont cependant rien des choppers de Peter Fonda et Denis Hopper dans le film du même nom. Nous possédons des vélos de fun country, avec 115 mm de débattement à l’arrière et 130 à l’avant. C’est très loin sous la norme actuelle qui favorise un débattement de plus en plus important et des angles avants plus ouverts (pour reculer la position du cycliste dans les descentes) afin d’affronter des terrains qui, c’est la mouvance, gagnent en difficulté et en verticalité dans la plupart des centres de vélo de montagne.

Or, ici, c’est plutôt l’inverse : les pentes sont très très rarement agressives. Le terrain peu accidenté. Suffit de savoir comment gérer sa vitesse pour négocier les très nombreux virages. Nos vélos faisaient donc parfaitement l’affaire. Sinon, nous aurions aussi pu en louer sur place.

Dès les premiers virages, je suis impressionné par la conception. Il n’existe rien de semblable dans la région. À part à Whistler, en fait, je n’ai jamais roulé sur un terrain aussi méticuleusement aménagé.

Et ça va vite. Très très vite. Ce n’est pas obligatoire non plus : c’est la vitesse que l’on décide d’adopter, ici, qui dicte le niveau de difficulté. Pas ou très peu d’obstacles infranchissables, à moins d’en être vraiment à ses toutes premières armes en vélo de montagne.

Après cinq minutes à descendre comme un gamin, le sourire imprimé sur le visage, j’avais oublié la météo qui, fort heureusement, s’améliorait d’une minute à l’autre. 

Je devine le paysage. Mais je m’en moque un peu : j’aurai toute la remontée en télécabine pour en profiter. Là, je me shoote à l’adrénaline, directement dans les veines en allant toujours plus rapidement.

Pour les familles… très patientes

Nous nous précipitons par la suite dans la piste nommée «Bus Jaune», en l’honneur, sans doute, de celui qui gravissait la route de Petite-Rivière-Saint-François, autrefois, pour ramener les skieurs au haut des pentes. Tout juste trois kilomètres en dents de scie, avec quelques petits raidillons qui demandent un peu de jambes et l’esprit alerte pour bien jouer des braquets, et nous voilà dans l’interminable descente de «L’histoire sans fin» : 5,5 km avant de rejoindre la piste finale où convergent toutes les autres, «Basilic», qui en fait 2,5.

Si mon calcul est bon, la moins longue des trajectoires est de prendre, à la suite, les pistes «Easy Rider», «Six Pack», «Roulé Suisse» puis «Basilic». Ça totalise 7,5 km de descente. C’est, pour moi, l’affaire de quelques minutes. Pour un débutant ou de jeunes enfants, ça peut prendre une éternité.

Par ailleurs, pour affiner sa technique, vous ne trouverez guère mieux que l’expérience de ces très longues descentes qui permettent de pratiquer vos sauts (optionnels, on peut facilement garder les roues au sol partout), vos virages (freinez avant, pas dans le virage, penchez le vélo pour épouser la pente et gardez le regard tourné vers sa sortie) et d’apprendre à bien gérer votre vitesse.

À la fin de la journée, vous aurez plus mal aux mains qu’aux jambes. Et sans doute aussi aux joues, à force de sourire de plaisir.