Comment la Route verte a fait la réputation du Québec

Vélo

Comment la Route verte a fait la réputation du Québec

Sarah-Émilie Nault
Vélo Mag
En 1995, la toile d’araignée de la Route verte a commencé à s’étendre dans tout le Québec. Vingt-cinq ans plus tard, ce fabuleux itinéraire cyclable fait pas moins de 5300 km. Histoire de souffler ses 25 bougies, Vélo Mag laisse la parole aux enthousiastes qui ont pensé, construit, entretenu, encouragé, sauvé la Route verte… sans oublier ceux qui l’utilisent et bénéficient de cet incontestable levier économique. La Route verte a également accompli un autre exploit : réunir toutes les couleurs politiques autour d’un même projet. Portrait en onze personnalités et une unité de vision.

Michel Archambault, titulaire-fondateur de la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM

Un catalyseur de développement économique

« La Route verte et le cyclotourisme jouent un rôle de catalyseurs de développement économique pour plusieurs régions, les reliant entre elles – elles et une foule d’acteurs. La Route verte fait office de colonne vertébrale dans le positionnement des activités estivales de certaines régions du Québec en permettant aux auberges, magasins et commerces de s’adresser à une clientèle gourmande (circuits et forfaits incluant hébergement, sous-produits du vélo et activités d’attraction) », observe le professeur émérite du département d’études urbaines et touristiques Michel Archambault.

Le logo de la Route verte a contribué à ce que le Québec s’installe sur les marchés touristiques intérieurs et étrangers. En 2015 seulement, les dépenses touristiques des cyclistes au Québec étaient estimées à 700 millions $, dont 110 millions attribuées à ceux provenant de l’extérieur du Québec.  

En reconnaissant la Route verte comme l’une des initiatives marquantes dans le domaine du cyclotourisme au cours de la dernière décennie, le National Geographic lui a apporté la consécration à l’étranger.

Seul au monde

Vélo

Seul au monde

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTES / En arrivant à Saint-Ubalde, on a un peu le sentiment d’arriver au bout du monde. 

Quelques instants plus tôt, le pavage de la route a laissé place à de la terre constellée d’éparse gravelle. Du moins, pour les derniers hectomètres séparant la fin du rang Saint-Joseph et le village. Devant le restaurant/magasin général Pain, pain, pain, on ne voit pas le rang Saint-Achille qui monte vers Montauban. Pas plus qu’on ne devine que le rang Saint-Paul nous permettrait d’accéder au lac Blanc. On a le sentiment d’être à la fin de la route, même si ce n’est pas le cas. Mais c’est justement le sentiment qui compte. 

Bienvenue aux confins de Portneuf, dans une des plus belles campagnes de la région où l’on a souvent l’impression d’être seul au monde. 

C’est la première fois que je viens ici à vélo. Mon plan initial — un peu débile — était de faire le trajet au complet depuis la maison, soit autour de 240 km. Mais je manquais de temps. J’ai donc pris la voiture, l’ai stationnée aux abords de la 138, à Donnacona, et suis parti en direction d’un parcours entièrement calqué sur la Véloroute portneuvoise, que j’avais transcrit depuis un guide reçu avec mon Vélo Mag du printemps. (Facile à trouver en ligne, Tourisme Portneuf vous fournit une carte détaillée avec les distances. Et puis vous n’aurez pas à constamment sortir votre téléphone : les panneaux indiquent clairement la route à suivre.)

Se perdre dans le champ

J’ignorais à quoi m’attendre. En obliquant plein nord juste avant Deschambault, j’avais de mauvaises jambes, peu d’énergie. Il me restait encore 110 bornes à faire. Il y a des journées comme ça. Quand on roule presque quotidiennement, on a parfois ce que les pros appellent des «jours sans». J’étais assez content de ne pas avoir décidé de me taper en plus l’aller-retour à Québec.

Mais dès la route Létourneau, en direction de Saint-Marc, j’ai eu le sentiment de m’être perdu en moi, l’esprit happé par l’horizon qui voulait s’éloigner toujours plus loin. Les habitations se faisaient rares. Les voitures, anecdotiques. Les champs s’étendaient sous le ciel bleu d’août et de petits nuages joufflus dont le dessous, tout plat, semblait avoir été lissé au fer. Les sensations mauvaises faisaient place à la grâce de se sentir filer dans un décor en dehors du monde connu et ses soucis.

Petit passage dans Saint-Marc. Sans détail notable. Puis je suis replongé dans la beauté qui s’ignore des fermes décaties, de l’équipement industriel grignoté par la rouille et placé, comme sur un piédestal, au sommet de monticules de terre sans gloire. Plus je m’enfonçais dans les terres, et plus l’attrait de ce coin de pays me saisissait. Les collines à l’horizon verdoyaient avec quelque chose comme de la ferveur. Comme si elles allaient au bal, jalouses de leurs parures. 

Pas de montées punitives, ici. De belles collines qui font onduler la route qui traverse des champs et boisées, franchissant quantité de ruisseaux et de rivières qui s’écoulent en clapotant. 

Je me suis perdu dans mes pensées avant Saint-Ubalde. La tête dans les nuages, littéralement. Cet été est si étrange, mais si beau. 

Je devine le sourire derrière le masque de la dame qui me vend une amandine et remplit mes bidons chez Pain, pain, pain. Des gens déjeunent en terrasse. Il est encore tôt. Je suis parti à l’aube pour éviter la chaleur étouffante des après-midis. La vie est vraiment belle en banlieue du monde anxieux.

Beautés divines

Le retour se fait par une série de rangs aussi guillerets qu’à l’arrivée. Je traverse Saint-Thuribe, hameau sympathique bien que minuscule, puis je vois poindre le double clocher de l’église de Saint-Casimir : peut-être le plus beau village du coin. L’envie ne manque pas d’aller siffler une 4e dimension de la Microbrasserie des Grandbois. 

La route qui me ramène à Grondines est sans doute la plus ennuyeuse de la journée, mais son accotement est large, son pavage impeccable et sécuritaire. Quelques bornes avant de rejoindre le fleuve, avec un vent de dos qui me fait avaler les kilomètres à toute vitesse. Puis le Majestueux s’offre à nouveau au regard et m’accompagnera jusqu’à la voiture. D’abord à travers Deschambault, autre superbe village du comté, dont la superbe des demeures ancestrales est magnifiée par les flots bleus en arrière-plan. Puis il y aura Portneuf, son quai, la friche autour de la voie ferrée. Et hop, un détour qui n’en est pas un par le Vieux Chemin de Cap-Santé qui permet de voir le soleil faire scintiller quelques vaguelettes. Un puissant bateau file silencieusement au loin, dans le chenal où passent les porte-conteneurs et leurs cargaisons de blocs Lego multicolores. J’ai retrouvé mes bonnes jambes et mon aplomb. On appelle ça une sortie parfaite.

RAVITOS ET REMERCIEMENTS

Outre Pain, pain, pain, je ne sais pas par où commencer pour les suggestions d’arrêts pour manger, sinon en vous disant qu’entre Saint-Marc et Saint-Ubalde, c’est pas désert, mais pas loin : assurez-vous d’avoir assez d’eau. Il parait que les grilled cheeses du Café Ringo à Saint-Casimir sont excellents. Sinon, il y a un marché et quelques dépanneurs. À Deschambault et Portneuf, ce n’est pas le choix qui manque. Le restaurant Chez Moi et le Casse-Croûte du Cap sont des valeurs sûres. Le Saint-Alfred, à Portneuf, est aussi excellent. La Perle, sur le quai, offre une vue imprenable. 

C’est la dernière de cette série estivale. Merci d’avoir été là et d’avoir répondu à cette chronique avec enthousiasme. Si vous vous intéressez au Tour de France qui s’en vient et à tout ce qui touche le cyclisme récréatif et professionnel, je vous invite à écouter Radio Bidon, un balado cycliste que j’anime. Nous sommes sur toutes les plateformes de balados (Soundcloud, iTunes, Stitcher, Google Play, Spotify, etc.). 

La Route verte toutes couleurs unies

Vélo

La Route verte toutes couleurs unies

Jean-François Pronovost
Vélo Mag
Un projet de l’envergure de la Route verte n’aurait jamais pu démarrer et se développer adéquatement sans un appui technique et politique des gouvernements québécois qui se sont succédé depuis 1995. Des fonctionnaires ont contribué à ce que le ministère des Transports soutienne la Route verte et fasse progresser les pratiques de cet ancien ministère de la Voirie vers ce qui s’approche davantage de la mobilité durable. Une véritable révolution ! Ce projet a même suscité l’adhésion de l’ensemble de l’Assemblée nationale.

La Route verte est lancée en juin 1995 sous la gouverne de Jacques Parizeau, du Parti québécois, assisté de son adjoint parlementaire à la Jeunesse, Gilles Baril, et de son ministre des Transports, Jacques Léonard. L’inauguration internationale de la Route verte est quant à elle célébrée en 2007, cette fois par le gouvernement libéral de Jean Charest.

Dans différents contextes ou lors d’hésitations gouvernementales, des ministres ou des députés, toutes formations confondues, appuient la Route verte et l’idée que cette réalisation incarne la vitalité économique des régions, la santé et une manière concrète d’améliorer la qualité de vie des Québécois. Et cela à peu de frais ! Jacques Baril, député d’Arthabaska et ministre délégué aux Transports sous Guy Chevrette et Serge Ménard, est un de ceux-là. Pour SA région des Bois-Francs, la Route verte est une façon d’amener des visiteurs à s’imprégner de la ruralité ; pour le Québec, elle est une façon de mesurer l’immensité du territoire. C’est cet homme de la terre qui, en 1999, annonce le premier programme de financement au développement de la Route verte et, en 2001, met fin à la tarification de 10 $ sur les sentiers cyclables, dont quelques-uns sont des portions de la Route verte.

Condensé d’asphalte, de sentiers et de gravelle dans les Laurentides

Vélo

Condensé d’asphalte, de sentiers et de gravelle dans les Laurentides

Maxime Bilodeau
Vélo Mag
Peu importe votre allégeance cycliste, les Laurentides vous réservent d’agréables surprises. Il suffit, en fait, d’aimer pédaler. 

Mont-Tremblant en compagnie virtuose

Félix Burke est un fakir. Devant moi, l’athlète de 22 ans lévite au-dessus des sentiers de Mont-Tremblant. Que les 65 km du réseau soient détrempés ne semble même pas lui occuper l’esprit ; les roches, racines et autres babyheads, nombreuses, défilent sous les pneus de son Rocky Mountain comme si elles n’étaient que de vulgaires fissures dans l’asphalte. La preuve : le Tremblantois entretient sans peine une conversation avec votre humble serviteur, véritable empoté de la chose cramponnée. Le pédalage de ce spécialiste sur ces pistes techniques (néophytes, s’abstenir) est une ode à l’agilité.

La Rive-Sud en toute liberté

Vélo

La Rive-Sud en toute liberté

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTES / Pour celles et ceux qui, comme moi, ont l’habitude de presque toujours partir rouler de la maison du côté nord du fleuve, la Rive-Sud est souvent rayée de l’éventail des possibilités. Parce qu’il y a déjà tellement à faire au nord. Et puis, disons-le : because le pont.

Franchir la vénérable passerelle à cantilever n’est certainement pas l’expérience cycliste la plus zen qui soit, mais c’est moins pire que c’en a l’air. Trop craintifs, malgré tout? Mettez les vélos dans l’auto et traversez par voie motorisée (ou par le traversier) si vous ne résidez pas déjà de ce bord du Saint-Laurent qui fourmille de routes secondaires, de rangs et de chemins où l’on peut s’immerger dans la campagne et fuir les pistes cyclables parfois très encombrées. 

Car la beauté et la qualité générale du réseau dédié au cyclisme sur la Rive-Sud s’accompagnent de l’habituelle rançon de la gloire : le trafic.

On peut toutefois en emprunter des tronçons, s’en éloigner pour mieux plonger dans la campagne, puis y revenir. L’essentiel de cette chronique tient à cette idée : vous proposer non pas seulement des parcours, mais des secteurs, des routes où vous aventurer et qui constitueront l’épine dorsale du drôle de squelette que vous dessinerez sur une carte (réelle ou mentale) avant de donner vos premiers coups de pédale.

Entre deux Saints

Par exemple, pour sortir de Saint-Nicolas, vous pouvez tout aussi bien foncer sur la 132 vers l’ouest : l’accotement y est généralement sécuritaire. Ou alors vous pouvez remonter la route des Rivières par la piste cyclable qui la longe. 

L’objectif est cependant le même : partir à la découverte d’un superbe secteur, situé entre Saint-Nicolas et Saint-Étienne, traversé de routes magnifiques où l’on se pince parfois tellement le décor est splendide.

La Route verte insoupçonnée

Vélo

La Route verte insoupçonnée

Maxime Bilodeau
Vélo Mag
Il y a les segments archiconnus et très fréquentés de la Route verte. Et il y a ceux qui passent sous le radar bien que n’en demeurant pas moins superbes. En voici trois, triés sur le volet.

Pierreville–Bécancour: bucolique à souhait

Luc Labrecque est reconnu comme Monsieur Vélo dans son coin de pays. Et pour cause : cet ancien directeur des loisirs et des services à la communauté de la Ville de Nicolet et rouleur devant l’éternel connaît chaque parcelle d’asphalte des rangs sillonnant le Centre-du-Québec. Sans surprise, il a été – et est toujours – très impliqué dans le développement régional de la Route verte. Sa section favorite ? « Celle qui s’étend entre Pierreville et Bécancour », répond-il sans hésiter et non sans une pointe de chauvinisme.

Long d’approximativement 70 km, le trajet plat à 95 % s’aventure tout d’abord dans l’arrière-pays rural de Saint-Elphège et de La Visitation-de-Yamaska, des secteurs peu achalandés. « Les automobilistes pressés prennent la route 132 en direction est. Cela laisse tout le loisir aux cyclistes de lever la tête du guidon, au risque d’empiéter sur la chaussée », note Luc Labrecque. Aux confins de la petite municipalité de Sainte-Monique, la tapisserie pastorale cède la place à la rivière Nicolet, qui serpente jusqu’à la ville du même nom par l’entremise du rang du Bas-de-l’Île. De loin l’un des plus beaux segments de la randonnée, selon notre expert.

Une fois Nicolet traversée par l’entremise d’une piste multifonctionnelle, deux scénarios se présentent au cyclotouriste. Primo : suivre consciencieusement la Route verte, ce qui mène dans les faits à effectuer dans les terres un grand détour qui conduit à l’entrée du pont Laviolette. « C’est l’option sûre, synonyme de circulation anecdotique », souligne Luc Labrecque. L’alternative plus directe consiste à piquer vers Port-Saint-François, puis à passer par le rang des Soixante pour reconnecter avec la Route verte. À partir de là, on ne se pose plus de questions : on vogue jusqu’à Bécancour. Et pourquoi pas jusqu’à Québec par la 132, qu’on occulte trop souvent au profit du chemin du Roy ?

Tant qu’à y être

Un arrêt s’impose au parc écologique de l’Anse du Port, tout près de Port-Saint-François. Ce site privilégié pour l’observation de la faune ailée est au confluent de la rivière Nicolet et du lac Saint-Pierre. Paraît-il que les couchers de soleil y sont exceptionnels.

nicolet.ca

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Waterloo–Eastman: sur la trace des diligences

Louis Carpentier était le chef d’orchestre de la Route verte. À titre de directeur du développement de la Route verte pour Vélo Québec, il coordonne les efforts des nombreux acteurs chargés de polir ce joyau de 5300 km. Cela ne signifie toutefois pas qu’il a pédalé l’ensemble du plus vaste itinéraire cyclable en Amérique du Nord. « Bien au contraire : il me reste plusieurs coins à explorer », révèle ce cycliste et père de trois jeunes mousses, eux-mêmes adeptes de la petite reine.

L’une de ces zones à découvrir est située entre les localités de Waterloo et d’Eastman, dans les Cantons-de-l’Est. Ou plutôt, était : l’automne dernier, à la faveur d’une escapade professionnelle, il a enfin pu mettre des images sur ces 20 km empruntés par les diligences au XIXe siècle. Ses jarrets s’en souviennent encore. « C’est assez accidenté : il y a de bons vallons ! Les sportifs y trouveront leur compte, tout comme les contemplatifs, qui apprécieront ce long rang de campagne bordé d’arbres », indique Louis Carpentier. Attention : ici et là, le revêtement est en terre battue, entre autres à la sortie de Waterloo.

L’appel de la forêt

Vélo

L’appel de la forêt

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTES / C’est dans la boue que je suis tombé amoureux du vélo. D’abord enfant, en démolissant mes premières montures bien mal adaptées aux sentiers boisés derrière chez moi. Puis en sautant à bord du train du vélo de montagne alors qu’il venait tout juste de quitter la gare, en 1987, au début de mon adolescence. Un tiers de siècle plus tard, après m’être passionné pour la route, le cyclocross et maintenant le gravel bike, mon plaisir du vélo de montagne est non seulement intact, mais ravivé par la qualité du terrain de jeu à notre portée.

Les sentiers n’ont jamais été aussi bien conçus, aménagés et entretenus qu’aujourd’hui.

La chose est particulièrement vraie à Québec. En quelques minutes, on y a accès à certains des meilleurs réseaux de la côte est nord-américaine : Vallée Bras-du-Nord à Saint-Raymond, sentiers du Moulin à Lac-Beauport, le mont Sainte-Anne et finalement, E47 (pour Empire 47), à Lac Delage.

Idéal pour l’initiation

À seulement quelques minutes du centre-ville, ce centre s’est développé autour d’une idée : forger la prochaine cohorte de cyclistes de montagne. Le terrain a été développé en conséquence : on peut y débuter de manière totalement sécuritaire, sur des sentiers dénués d’obstacles, pour ensuite faire son chemin, étape par étape, jusqu’à des pistes pour experts, comprenant des sauts et des passages rocheux réservés aux junkies d’adrénalines et autres talentueux insouciants.

Si vous n’avez guère envie de jouer les Icare du pneu à crampons, l’offrande de niveau intermédiaire est si brillamment représentée que vous pourrez arrêter là votre progression sans avoir le sentiment d’être un raté.

Au contraire. Ici, tout est orienté autour du plaisir, peu importe le niveau.

«Nous avons des sentiers très faciles, des sentiers d’habiletés pour tous les âges et tous les niveaux, deux descentes de pratique de virages et de sauts [jumplines] : notre objectif, c’est vraiment de ramener au sport ceux qui l’avaient quitté et d’initier les nouveaux venus, peu importe l’âge», expose Louis Boissinot, président du conseil d’administration de E47.

Bas-Saint-Laurent: le parc du Mont-Saint-Mathieu veut séduire les adeptes de vélo de montagne

Cyclisme

Bas-Saint-Laurent: le parc du Mont-Saint-Mathieu veut séduire les adeptes de vélo de montagne

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Le parc du Mont-Saint-Mathieu, dans la MRC des Basques, projette de devenir une destination incontournable des adeptes de vélo de montagne dans l'est de l'Amérique du Nord.

Les promoteurs prévoient l'aménagement de 45 km de sentiers de cross-country, d'enduro et de descente qui s'adresseront autant aux familles qu'aux cyclistes expérimentés qui désirent repousser leurs limites. «Avec la démocratisation du E-bike [vélo électrique], je pense que ça va être de plus en plus populaire parce que tout le monde va pouvoir en faire, croit le directeur général de la Corporation du parc du Mont-Saint-Mathieu, François April. De plus, avec l'utilisation de la remontée mécanique, il ne sera plus question de forme physique obligatoire. […] On veut inclure au projet une piste pour enfants dans le bas de la montagne, une «pumptrack», pour que tout le monde puisse y trouver son compte sans aller dans les grosses pistes.» L'échéancier prévoit le début des travaux au printemps prochain. La phase 1 du projet vise à permettre l'accès à un premier parcours dès l'automne 2021.

Destination reconnue

Si les porteurs du dossier ont l'ambition d'en faire une destination réputée pour le vélo de montagne au nord-est du continent, ils n'entendent pas seulement y arriver par la promotion. «On veut aussi, par le style de sentiers qu'on va développer, être capables de se démarquer, explique M. April. C'est un peu de l'art, du traçage de sentiers de vélo de montagne. La qualité fait beaucoup foi de tout. Ce qu'on veut, quand on va aller en appel d'offres et qu'on va faire la réalisation des travaux, c'est de s'entourer des meilleurs dans ce domaine-là, quitte à ce que ça nous coûte un peu plus cher du kilomètre. On veut être capables d'avoir des pistes de réputation internationale conçues par des designers réputés.»

Depuis plus d'un an, les gestionnaires du parc du Mont-Saint-Mathieu développent le projet d'infrastructure en collaboration avec la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux et la MRC des Basques. L'organisme à but non lucratif Sentiers des écorchis, qui regroupe des passionnés de vélo de montagne qui ont comme volonté de promouvoir et d'encourager le développement de ce sport dans l'Est-du-Québec, est aussi engagé dans le projet à titre-conseil. «Nous en connaissons toutes les subtilités, fait savoir son président, Charles-Olivier Binet. C'est un véritable mode de vie pour les adeptes et nous savons ce que ça prend pour aménager un site apprécié. Il y a des besoins, des critères, des services et des tendances incontournables à considérer pour créer un aménagement qui obtiendra la faveur des cyclistes. Notre rôle est donc d'orienter et d'accompagner les gestionnaires du parc du Mont-Saint-Mathieu pour la construction d'un site et de sentiers qui feront référence.»

François April s'estime d'ailleurs chanceux de pouvoir compter sur ce groupe de fervents amateurs de vélo de montagne. «C'est un projet qui vient de la communauté. C'est la beauté de la chose! Comme ça vient du milieu, pour nous autres, c'est encore plus encourageant!»

Financement espéré

Des démarches sont en cours auprès des deux paliers de gouvernements afin d'obtenir le financement de 3 millions $ nécessaire à la réalisation du projet. «C'est bien reçu», s'enthousiasme M. April.

Le site aurait une vocation de loisir et de compétition favorisant aussi la formation de clubs locaux et régionaux, tout en devenant un lieu d'entraînement scolaire et d'élite. Les promoteurs souhaitent également la tenue d'événements d'envergure nationale.

Potentiel confirmé

En octobre, Gravity Logic de Whisler, une entreprise spécialisée dans la conception et la construction de sentiers de vélo de montagne reconnue pour plusieurs de ses projets réalisés au Canada et à l'international, a confirmé le potentiel du parc du Mont-Saint-Mathieu comme site majeur pour la pratique du vélo de montagne. Lorsque l'aménagement sera complété, soit dans trois à quatre ans, le potentiel de fréquentation est estimé à 10 000 visiteurs par année.

Dans son étude de faisabilité, la firme de la Colombie-Britannique a notamment souligné la qualité des infrastructures d'accueil et de services, la disponibilité de remontées mécaniques et la compatibilité de la topographie du terrain avec l'aménagement de sentiers de vélo de montagne.

Plan de développement

Pour la direction du parc du Mont-Saint-Mathieu, ce projet s'inscrit dans les objectifs du plan de développement qu'elle met en œuvre depuis la fin des années 2000 visant à faire de l'endroit une destination de loisir et de plein air quatre saisons. «On est supportés par la MRC des Basques et la municipalité qui voient en ce projet-là une opportunité de développement économique importante, se réjouit François April. Saint-Mathieu s'est beaucoup développée au cours des dernières années sur le plan de la villégiature et du tourisme. C'est incroyable, le nombre de personnes qu'on attire! Ça a complètement changé en dix ans avec le camping, nos installations, le golf... C'est vraiment dans cette lignée-là que la municipalité nous supporte et que ça vient rencontrer ses objectifs de développement.

Le vélocamping au Québec en 5 destinations

Vélo

Le vélocamping au Québec en 5 destinations

Maxime Bilodeau
Vélo Mag
De vastes forêts et des labyrinthes de chemins où se perdre, le Québec n’en manque pas. Pour vous en convaincre, voici cinq destinations de vélocamping («bikepacking») dans la province.

1— L’île d’Anticosti

Oui, Anticosti est difficilement accessible. Certes, l’île ne croule pas sous le poids de la présence humaine (la rumeur veut qu’il y ait 500 fois plus de chevreuils que d’Homo sapiens). Reste qu’en matière de bikepacking , elle demeure véritablement une destination de choix au Québec. Pour découvrir ce gros morceau de roche de 7900 km2, deux options parmi tant d’autres. La première : s’engager sur les « routes » secondaires qui partent ici et là à partir de la Transanticostienne, puis se laisser porter par l’aventure. La seconde : explorer les plages et le littoral. L’un n’exclut pas l’autre.

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Routes (presque) secrètes

Vélo

Routes (presque) secrètes

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTE / On a beau militer de toutes les fibres de son corps en faveur du partage de la route, il n’y a rien de mieux que les rares segments pavés rendus presque déserts parce que boudés des voitures, et où l’on peut se laisser glisser dans un silence relatif qui se résume à l’absence prolongée du bruit des moteurs. 

À moins d’emprunter les routes de terre (sujet d’une chronique ultérieure), ces segments routiers sont généralement rares et courts à proximité des villes. On met des années à les découvrir, passant souvent des centaines de fois devant sans s’y aventurer.

J’avais envie d’en partager quelques-uns avec vous, parce qu’ils modifient mes itinéraires, agissent comme des moments d’apaisement, et sont aussi, le plus souvent, le théâtre de mes plus beaux moments à vélo.

De Stoneham à Saint-Augustin, en passant par Lac-Saint-Charles et Val-Bélair, voici quelques-unes de ces routes qui permettent souvent de s’éloigner — au moins un instant — des chemins les plus fréquentés pour vraiment profiter de la route.

Au bord du lac Saint-Charles

En bordure du lac Saint-Charles : la rue des Épinettes rouges se prend en face du golf Royal Charbourg et permet d’éviter la section la plus passante et ennuyeuse du chemin de la Grande Ligne que je roule régulièrement pour rejoindre Stoneham. Pendant plus de deux kilomètres (2,6, précisément), on file entre les jolies maisons de bord de lac, sous le rassérénant couvert des grands arbres. L’asphalte est en bonne condition, on peut prendre de la vitesse, et lorsqu’on émerge, tout au bout, on a presque envie de rebrousser chemin et recommencer.

De l’autre côté du même plan d’eau, l’avenue du Lac-Saint-Charles se transforme en chemin presque parfaitement désert passé la rue Taschereau. C’est un cul-de-sac, mais l’aller-retour, très vallonneux, est fraîchement pavé, situé en zone boisée, peu habitée, et permet de faire un superbe 10 km sans voir un chat, avec de la grimpe sportive et des descentes fiévreuses.

Au pied du mont Bélair

Au retour d’un entraînement en côtes, d’une sortie du côté du lac Saint-Joseph ou des Équerres, j’allonge souvent le parcours en obliquant vers l’ouest. Si vous arrivez de Valcartier, par la piste cyclable ou non, ou bien si vous venez de Sainte-Catherine par le chemin des Érables, vous pouvez remonter la route de l’Aéroport, qui s’emprunte aussi par Montolieu. Elle est étonnement tranquille, à cette hauteur, et permet, une fois la côte gravie jusqu’à l’église, de virer vers l’ouest pour aller prendre Jean-Gauvin en direction de l’avenue Notre-Dame.

Ce sont là 4,5 km tout en descente, la crécelle de la roue libre vibrant de bonheur comme une cigale stéroïdée pendant de belles minutes de félicité cycliste. Une écurie borde la route à l’est. Sinon, c’est le désert rural ou presque. Si vous comptez revenir par L’Ancienne-Lorette, prenez le presque aussi discret rang Sainte-Anne, un peu avant Notre-Dame. Sinon, le pavage refait de cette dernière constitue une excellente voie pour filer vers Saint-Augustin, même si c’est un peu passant.

Stoneham et Saint-Adolphe

En pénétrant dans le village de Stoneham, on s’éloigne peu à peu du raffut pour entrer dans un long secteur résidentiel dominé par la nature. C’est une de mes routes favorites lorsqu’il fait très chaud l’été. Au petit matin, lorsque je roule tôt pour déjouer la canicule, le soleil encore bas découpe la cime des épinettes et éclaire les flancs de montagnettes qui servent de murs d’enceinte à ce secteur à l’abri des vents. On en sort sur Talbot, que l’on peut traverser, de même que la 73, pour aller vers Saint-Adolphe et poursuivre l’exploration, parfois pentue, de ce secteur si près de la ville et pourtant méconnu.

Sortir du rang

J’ai fait le rang des Mines au moins mille fois. Je connais chaque détail de son asphalte et de son décor et j’avoue que son tracé plutôt droit m’ennuie assez. Mais je le reprends, inlassablement, pour éviter une portion de la 138 qui traverse le village de Saint-Augustin dans son secteur le plus agité.

J’ignore pourquoi, sans doute la faute à l’inertie de l’habitude : je n’avais jamais viré vers le rang Saint-Denis qui permet de changer d’air et de contourner une longue portion du rang des Mines alors que celui-ci devient le rang Saint-Ange. C’est une véritable découverte : une ferme de Clydesdales qui piaffent majestueusement dans le pré, un petit pont qui enjambe la rivière Cap-Rouge, la belle ferme de chez Robitaille et Fils, des balles de foin empilées comme un jeu de blocs géant. Un joyau de ruralité à l’épreuve de l’étalement urbain où l’on défile seul, le ciel brûlant et les costauds équidés comme uniques témoins de ce moment de ravissement.

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David Desjardins est chroniqueur à VéloMag. Il anime aussi la balado Radio Bidon. Chaque semaine, il propose une idée de sortie dans la grande région de Québec. Retrouvez tous ses itinéraires dans la section vélo de notre site.

Cinq petits bijoux qui passent souvent sous le radar des cyclistes

Vélo

Cinq petits bijoux qui passent souvent sous le radar des cyclistes

Maxime Bilodeau
Vélo Mag
Le Québec regorge de petits bijoux, bitumés ou non, qui passent trop souvent sous le radar des cyclistes. Vélo Mag en a déniché cinq à visiter cette saison.

1. Outaouais: revisiter un classique

Le tour du lac McGregor fait office de classique dans la communauté cycliste outaouaise. Du secteur Gatineau de la ville éponyme, on parle d’une randonnée vallonnée d’environ 60 km sur des routes somme toute peu achalandées. Deux perles rares échappent cependant à l’attention de plusieurs bouffeurs de bitume : les chemins Blackburn et du Rubis. « Auparavant, il fallait absolument y venir en gravel bike, étant donné leur surface en gravier. Ce n’est heureusement plus le cas ; ils ont été asphaltés récemment », explique Jean Roy, membre du club cycliste Vélo Plaisirs.

Le lac Beauport des apprentis rouleurs

Vélo

Le lac Beauport des apprentis rouleurs

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTE / Lorsque j’ai commencé le vélo de route et que je n’étais pas encore atteint de boulimie kilométrique, le tour du lac Beauport, au départ du centre-ville, constituait une parfaite sortie d’entraînement d’une quarantaine de kilomètres au total. Si bien que je pouvais m’y rendre trois fois par semaine.

Comme toute chose dont on abuse, je m’en suis lassé et ne l’emprunte plus que pour aller ou revenir de Sainte-Brigitte, au risque de laisser mes dents et mes superbes roues de carbone dans un des cratères de la Traverse de Laval dont on vient d’annoncer qu’elle sera enfin repavée. Alléluia.

Mais je suis allé le refaire pour me rappeler qu’il y a dans ce tour du Lac une cadence idéale pour les apprentis rouleurs et rouleuses qui souhaitent élever leur pratique d’un cran. Peu importe le sens par lequel on l’emprunte, on débute par une montée constante, suivie d’une série de rouleaux rapides, vite franchis, dévalés avant d’avaler le suivant, parfois avec encore assez d’élan pour se hisser à mi-chemin du prochain sans trop s’éreinter.

C’est là que j’ai appris le rythme, les changements de vitesse rapides et développé ma capacité à générer des efforts successifs. C’est la chose que l’on intègre en premier : à donner de petits coups intenses. La capacité à fournir un effort constant pendant un long moment nécessite un autre apprentissage qui se résume à ce conseil que prodiguait jadis le très peu loquace Eddy Merckx : «rouler beaucoup». Il faut croire que son palmarès parlait à sa place (cinq Tours de France, autant d’Italie, un d’Espagne, trois championnats du monde et 31 classiques, entre autres…).

L’esprit du Lac

Ce que je préfère ici, c’est qu’on est en territoire conquis, en quelque sorte. Les gens du coin sont souvent eux-mêmes des sportifs. Ils s’attendent à voir des vélos sur la route, de même que des adeptes de la marche digestive ou sportive comme de la course à pied. À condition de ne pas griller les arrêts sans égard pour les autres utilisateurs, on ne devrait pas vous y faire d’ennui.

Autre source de plaisir dans ce lieu si près de la ville: malgré sa fulgurante montée en popularité chez les nouveaux riches et autres joueurs de hockey amateurs de gigantisme immobilier, l’endroit a miraculeusement conservé un peu de son esprit villégiateur. C’est encore plus vrai si vous vous éloignez du tour du lac pour aller fouiner du côté du lac Morin et du lac Bleu, un peu plus au nord. Sur ce chemin, les petits monts aux alentours se succèdent pour offrir une grande frise verte au décor et dont la route vallonne assez pour s’y sculpter un jarret bien affûté.

Envie d’ajouter du dénivelé à votre effort et de faire de votre tour un petit entraînement de grimpe? Les routes qui s’agrippent aux flancs des collines aux alentours du lac Beauport forment une succession de montées qui n’ont rien de bien ludique, mais où l’on travaille copieusement sa forme. D’autant qu’on ne devient bon dans les montées qu’en en faisant. Beaucoup. Rappelez-vous Eddy Merckx.

Le Godendard en est un excellent exemple. De l’autre bord du plan d’eau, le Cervin est pas mal non plus dans le genre. Amusez-vous, prenez n’importe quelle rue au hasard, les culs-de-sac s’y succèdent, mais on en revient les cuisses en feu.

Se rendre en paix

Il m’a fallu un moment avant de trouver le bon chemin pour atteindre le lac Beauport. Depuis la ville, mon favori consiste à prendre la 4e Avenue (bande cyclable), puis la 1re Avenue et prendre l’embranchement à gauche au monument (aux Bédard) pour aller vers le Trait-Carré, et ne rejoindre Henri-Bourassa que pour quelques secondes, tournant à droite au Jean Coutu pour ensuite remonter vers Jean-Talon, pendant un coin de rue et remonter des Platanes jusqu’au bout (bande cyclable, quartier résidentiel). 

Au bout, pas le choix de reprendre Henri-Bourassa qui est moins achalandé à cette hauteur, prenez la côte Bernier pour éviter le trafic qui entre et sort de Lac-Beauport comme de l’autoroute, et le tour est joué. De l’ouest, vous pouvez arriver par le Corridor des cheminots et sortir à la 1re Avenue.

+

RAVITO

Pour la malbouffe en tous genres, c’est chez Boub que ça se passe. Le matin, on vous conseille leurs copieux déjeuners. Le jour, la pizza est incontournable. Repaire méconnu, mais très fréquenté par les gens du coin, le Café Noisette est un magasin général qui vend surtout des produits de fine cuisine (huiles, condiments, accessoires de table) et des objets de décoration. Mais son café y est splendide, la nourriture délicieuse et les confiseries vous fourniront un parfait fix de sucre. Pascal le Boulanger a une succursale ici : valeur sûre. Pour une patate au retour, le Flash Bourg est un classique; plus loin, coin George-Muir, la Tombola est un bar laitier appartenant au propriétaire de la Boutique du Lac. D’ailleurs, pour une barre énergétique en route, c’est un excellent arrêt, de même que Genetik, qui se situe avant le Lac, à côté du Canac. David Desjardins (collaboration spéciale)

Vélo: trio de garnotte à découvrir au Québec

Vélo

Vélo: trio de garnotte à découvrir au Québec

Maxime Bilodeau
Vélo Mag
Le principal « défaut » du gravel bike, c’est que la discipline est encore très jeune, du moins au Québec. Résultat : il existe peu d’itinéraires connus pour pédaler dans les chemins de traverse de la province. Ce qui n’a pas empêché Vélo Mag de vous en dégoter trois solides. Inutile de nous remercier.

1. L’arrière-pays de Victoriaville: pour mollets affûtés

  • 107 km
  • 2900 m de dénivelé positif
  • Prévoir 5 heures
  • 85 % de l’itinéraire non asphalté
  • Niveau de difficulté de 9 sur 10
  • Circulation anecdotique
La Côte-de-Beaupré en trois tableaux

Vélo

La Côte-de-Beaupré en trois tableaux

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTES / Ce n’est pas l’affiche de bois avec son nom gravé dessus qui nous indique qu’on met la roue dans Cap-Tourmente. C’est le paysage. Dans les lisières autour du déploiement de terres agricoles qui se bute au cap de la vieille côte de la Miche, le feuillage des arbres a trouvé ses reflets argentés, tranchant avec le bleu du ciel. 

Les champs touffus font la vague, portés par les vents. Les maisons paraissent soudainement plus petites, comme pour s’ajuster à la majesté du décor.

La route nouvellement pavée passe sous les frondaisons d’un bosquet, puis s’ouvre vers la pointe, le fleuve. Des oiseaux, partout, qui chantent, piaillent; on a envie de les imiter tant c’est beau ici. En tournant vers la droite, passé l’entrée de la Réserve nationale de la faune, la route est à ce point fracassée que la flore y reprend ses droits, faisant des veines de chlorophylle au bitume.

Le pilotage redevient agréable à Saint-Joachim. Peut-être le village le plus triste de la Côte-de-Beaupré. Comme s’il avait abandonné toute velléité de briller devant l’éclat du Cap, ployant aussi sous le regard impérial du mont Sainte-Anne, qui se dresse au nord-ouest.

On le quitte sans y penser. Comme on traverse une ville inconnue la nuit.

Royale avenue

La Côte-de-Beaupré est toute en contraires. Comme si on avait fait s’affronter tout ce que le génie humain peut produire de beau et d’horrible. Le mail zombie du boulevard Sainte-Anne s’oppose aux maisons centenaires, les condos en série au bord du fleuve injuriant à leur tour les caveaux à légumes de l’avenue Royale et ses grands arbres sous lesquels on peut rouler sans trop avoir à se méfier du soleil. Ni du vent, d’ailleurs, dont on est bien abrité entre le Petit Pré, à L’Ange-Gardien, et l’entrée de Sainte-Anne-de-Beaupré.

J’ai parcouru l’avenue Royale au moins mille fois et le charme opère encore. Beauport possède un charme sauvage de village dans la cité. Dès qu’on passe Boischatel, c’est la campagne qui reprend ses droits. Le décor en pente dans lequel sont alignées les vignes à L’Ange-Gardien mérite qu’on ralentisse l’allure : derrière les maisons et les bâtiments, subsistent les fiers défenseurs de ce qui fut le garde-manger de la Nouvelle-France.

Un peu après Château-Richer, on croise une ferme de bœufs Highland. Le toit en taule rouge. J’y ai déjà vu un jeune chevreuil traverser la route devant moi lors d’une sortie au petit matin. On a le sentiment, ici, d’être si loin et pourtant si près de chez soi.

Les semi-remorques vrombissent au bout de la terre, on les voit filer dans l’horizon, le fleuve derrière.

Regarder de haut

Il faut voir la Côte-de-Beaupré d’en haut pour bien l’apprécier, mais ce n’est pas une mince affaire. Surtout pour se hisser vers Saint-Achillée, puis aboutir dans un village au silence oppressant, digne d’un récit d’horreur. Juste à côté, Saint-Ignace offre une vue splendide que l’on obtient cependant au prix d’un lourd tribut, ses pentes étant redoutables. La route menant vers le camping de la plage Fortier est dure, mais ses pourcentages moins prohibitifs, et le retour se fait dans une interminable descente dans laquelle je n’ai freiné qu’une fois dans ma vie, pour m’approcher d’un renard un peu pelé au bord de la route. J’étais tout chose de le voir là : naïf, voire un peu con, comme le Petit Prince.

Mais le plus beau point de vue est depuis la côte Sainte-Anne. Les plus tendres du mollet l’aborderont depuis Beaupré : c’est là que la grimpe est la moins punitive. La route se déroule ensuite en vallons pour plonger vers l’avenue Royale à quelque 20 %. De quoi user vos freins et vos nerfs, mais votre esprit est encore engourdi par le spectacle qui lui a été offert : l’île d’Orléans, majestueuse, les pieds plongés dans une eau qui s’est retirée de la côte pour lui faire un large liséré vert émeraude.

+

RAVITO

Mon ami Jeff déplore que je parle peu des casse-croûtes sur mes parcours et me propose chaudement le 3 Saisons, jouxtant le camping Lac-aux-Flambeaux, à Château-Richer. Même village : le nez pâtissier repérera facilement l’odeur des croissants s’échappant de chez Praline et Chocolat. Vous ne regretterez pas un arrêt ici et voudrez y remplir vos poches avant de rentrer. Les Trois Becs, à Beaupré, propose des menus du midi maintes fois testés et approuvés. Si vous avez oublié votre masque, vous ne mourrez pas de faim pour autant : les services au volant abondent sur le boulevard Sainte-Anne juste avant la Basilique.

10 sentiers où faire ses premières armes en vélo de montagne

Vélo

10 sentiers où faire ses premières armes en vélo de montagne

Gilles Morneau
Vélo Mag
Enfin, vous vous êtes décidé : vous vous lancez dans le vélo de montagne. Ces dix sentiers soigneusement sélectionnés par Vélo Mag et nos conseillers locaux conforteront votre choix.

1- Saint-Raymond : Vallée Bras-du-Nord, secteur Shannahan 

Combo des deux chutes 

S’initier sur un sentier large et facile, c’est plaisant, et quand on le fait dans un paysage à couper le souffle, l’expérience devient inoubliable ! Le Sentier Delaney mène à la fameuse chute du même nom, une des plus hautes au Québec, objectif tout à fait approprié pour les jeunes. Au retour, la Grande Évasion, un brin exigeante, offre davantage de flow et conduit à l’autre illustre chute, la chute à Gilles, où on peut pique-niquer dans un décor inspirant. Ces pistes longent le secteur bonbon (sentiers Tire d’érable, Beurre d’érable et Sucre d’orge), qui demande un certain bagage mais qu’on apprécie pour ses tracés sinueux hyper fluides et son sol sablonneux dépourvu de racines et de roches.

Services : randonnée, canot, kayak, via ferrata, canyoning, hébergement en camping (sans services), yourtes, refuges ou chalets (on recommande particulièrement Le Petit Loup !).

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Boucles portneuvoises

Vélo

Boucles portneuvoises

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTES / J’ai découvert le comté de Portneuf en le roulant. Et je suis loin d’avoir fini. Il y a quelques semaines, arrivant de Saint-Raymond, j’empruntais pour la première fois la route de Corcoran qui mène à celle de la Chute-Panet. Cette dernière longe la rivière Sainte-Anne et de paisibles forêts de conifères avant d’obliquer vers le rang du même très saint prénom où j’ai reconnu le parcours du défunt Grand Prix Cycliste de Saint-Basile (ravivant le souvenir d’un jour de course caniculaire à laquelle ma nostalgie prête des proportions homériques). 

Mais cette rubrique n’est pas un recueil de rangs méconnus autant qu’une introduction aux parcours classiques, destinés à celles et ceux qui souhaitent fuir, pour un moment, le chahut des pistes cyclables.

Aux portes du comté

Ma première proposition d’une quarantaine de kilomètres débute tout juste en dehors de Portneuf, soit à Saint-Augustin-de-Desmaures. Quiconque n’a jamais mis le pneu sur le chemin du Roy, dans ce secteur, devrait s’empresser d’y remédier. Une fois la vertigineuse côte Gagnon franchie, la topographie est plutôt compatissante.

Mais comme souvent sur ces routes en marge, l’effort se noie dans la beauté et on a peine à croire qu’on est ici à quelques minutes de voiture de la ville, le décor agricole convolant en très justes noces avec le littoral pour former un couple qui respire la sérénité. J’aime venir ici très tôt l’été, en période de canicule, pour éviter la chaleur du jour. En août, les cigales hurlent comme des perdues et le soleil chauffe les champs à blanc.

Une petite bosse abrupte nous attend au bout. Jetez un œil côté nord sur les jolies maisons, puis au sud, en bas, sur les marais.

Direction la 138 vers Neuville, que l’on repave en ce moment. Laissez-vous porter au bas de la côte et entrez dans le village par la rue des Érables, que vous vous ferez une joie de traverser de bout en bout en admirant ses nombreuses maisons patrimoniales.

Puis, de retour sur la 138, traversez la route et empruntez Belleau pour rejoindre la très fluviale Vauquelin. Le quartier est résidentiel, la route paisible longe mollement le Saint-Laurent avant de remonter. La route 365 à cette intersection vous permettra de passer de l’autre côté de Félix Leclerc : attention aux voitures qui émergent de la bretelle du côté nord. Mais tout juste après, virez à droite sur le 2e Rang et vous retrouverez la quiétude. Il ne se passe rien ici. Surtout pas à la Cabane à sucre Chabot, désertée. Au bout, vous virez pour retraverser l’autoroute, mais cette fois, le spectacle qui vous attend est grandiose, car en glissant vers le fleuve, sur la route Gravel, vers le village de Neuville où vous étiez un peu plus tôt, vous aurez droit à une des vues les époustouflantes du fleuve dans ce secteur. Comme si vous plongiez dedans.

Pour terminer, vous pouvez reprendre le chemin du Roy, si vous n’avez pas peur de regrimper la côte Gagnon. À cette hauteur, l’accotement est très large sur la 138 et le retour se fait rapidement. Dans le village, c’est une autre affaire : soyez prudents.

Ami cycliste, amie cycliste, lève ton verre (d’eau) !

Vélo

Ami cycliste, amie cycliste, lève ton verre (d’eau) !

Benoît Lamarche, Ph. D.
Université Laval
Catherine Trudel-Guy, Dt.P.
Université Laval
Reconnaître ses besoins en hydratation en fait suer plusieurs. L’importance de bien s’hydrater fait d’ailleurs couler beaucoup d’encre chez les sportifs. Augmentation des battements cardiaques, fatigue musculaire, hyperthermie, voilà des symptômes qui peuvent s’abattre sournoisement sur tout cycliste mal hydraté, même le plus expérimenté. Quels sont les impacts réels d’une hydratation réussie et de son contraire sur la performance sportive à vélo ? Abreuvons-nous des plus récentes recherches en la matière.

Qui ne rêve pas de gravir les plus rudes ascensions plus rapidement que ses amis Strava ? Si le fait de se déshydrater permet de jeter du lest au moment critique, cette approche est intrépide et non sans risque. Passe peut-être pour le cycliste professionnel bien entouré d’une équipe médicale, mais pour le cycliste dit récréatif ?

Les données quant à l’importance d’une saine hydratation sont pourtant implacables. Par exemple, boire suffisamment durant un effort de plus de deux heures, c’est-à-dire entre 0,5 et 1 L/h pour une personne de 70 kg, pourrait améliorer la performance d’au moins 3 %1. Sur une course de six heures, cela représente un gain de 10 minutes ! 

Aussi, une étude réalisée sur des cyclistes récréatifs a révélé que les réserves de glycogène musculaires s’épuisaient 24 % plus rapidement chez les cyclistes déshydratés que chez ceux qui étaient bien hydratés2. Compte tenu du rôle crucial du glycogène comme substrat énergétique lors d’efforts prolongés, voilà une situation non souhaitable. 

Finalement, une étude a comparé les impacts sur la performance d’une consommation prescrite d’eau par rapport à une consommation au choix au cours d’une épreuve de 30 km, durant laquelle les cyclistes alternaient tous les 5 km entre intensité élevée (100 %) et modérée (50 %). Boire de façon prescrite à chaque kilomètre améliorait l’équilibre hydrique, surtout en fin de parcours, et augmentait également la puissance (watts) générée par les athlètes, comparativement à boire ad lib.3 

On recommande donc de boire régulièrement et à des périodes fixes pendant des efforts prolongés. Or est-ce que ce principe de régularité s’applique à tous ? Il semble bien que non. D’abord, il est bien démontré que les hommes transpirent davantage que les femmes, surtout avec l’âge. Et que dire de la génétique, qui influence le taux de sudation lors d’effort tant sur le plan du volume de liquide perdu que sur celui de la quantité de sel présente dans chaque goutte de sueur ? Sachant que trop s’hydrater peut malencontreusement causer des troubles digestifs et de l’hyponatrémie (diminution drastique et dangereuse du sodium dans le corps), les habitudes d’hydratation doivent inévitablement prendre en considération les caractéristiques et préférences individuelles des cyclistes, l’environnement extérieur ainsi que l’intensité et la durée de l’effort. Comme quoi trop, c’est comme pas assez !

Si vous voulez ajouter de la précision à votre hydratation, pesez-vous avant et après une sortie de 60 minutes. La recommandation est d’un bidon par kilogramme de poids perdu dans des conditions normales ; il faudra évidemment adapter votre hydratation en tenant compte de la chaleur, de l’humidité de même que de l’intensité de votre sortie

On sait bien que la bonne humeur a des impacts positifs sur la performance. Par contre, peu savent qu’un état de déshydratation peut à lui seul engendrer une humeur maussade4. La prochaine fois que vous roulerez en peloton, rappelez-vous que le bidon d’eau oublié à la maison peut vous rendre marabout ! À la différence du coureur, le cycliste n’a aucune excuse pour manquer d’eau et de liquides, puisqu’il a la possibilité de s’autosuffire en ravitaillement. Au final, des bidons bien remplis comportent plus d’avantages que d’inconvénients. 

***

CONSEIL

De l’eau pure suffit à garantir de la vigueur sur des sorties de moins de deux heures. Il faut cependant y ajouter des glucides et des électrolytes si on veut maintenir la cadence sur une plus longue durée.

***

Costaudes équerres

Vélo

Costaudes équerres

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS PISTES / L’ennui avec les parcours les plus intéressants, c’est qu’il n’existe pratiquement jamais de manière agréable de s’y rendre.

Prenez les Équerres. Une boucle aux abords de la rivière Jacques-Cartier, qui comprend quelques bosses fameuses, mais où l’on est constamment récompensé par des paysages sublimes formant une ribambelle de cartes postales vivantes.

Pour s’y rendre, la route 371 qui relie Stoneham à Tewkesbury est réservée aux routiers d’expérience (ça monte, le trafic est rapide et l’accotement possède l’extraordinaire capacité de se volatiliser, tout comme le pavage d’ailleurs). L’autre porte d’accès est au sud : le boulevard Valcartier. L’accotement y est passable, mais inégal, et le trafic intimidant. 

Si, contrairement à moi, vos loisirs ne passent pas nécessairement par le titillement de votre pulsion de mort, déplacez-vous jusqu’à ce parcours en voiture.

Se contenter du beau

En stationnant à la chapelle de Tewkesbury, à l’extrémité nord, ou au Village Vacances Valcartier, au sud, vous pourrez vous délecter d’un parcours de 35 km sur ces fameuses équerres : nom évoquant les virages serrés et les pentes abruptes qui caractérisent la route 371 (5e Avenue) et le chemin Richmond qui forment une boucle surmontée d’un segment aller-retour entre ces pôles. 

Le gain d’élévation étant assez costaud (plus de 400 m), assurez-vous que votre vélo possède les braquets (vitesses) pour parvenir en haut sans y laisser vos jambes, vos poumons ou votre dignité. Prenez votre temps et ne vous laissez par intimider par ces montées, pour la plupart situées dans la portion aller-retour du parcours : voyez-les comme le tribut dont vous devez vous acquitter afin de profiter d’un des plus beaux territoires de la région. 

Dans tous les sens

Si vous craignez de ne pas avoir les jambes pour conclure par les plus punitives de ces grimpes, débutez par le sud (Saint-Gabriel), et empruntez la 5e Avenue (qui est aussi la 371, à l’est de la rivière). Le pavage n’y est pas trop mal, même neuf par endroits, et le tracé très sinueux égayera ce début de balade. Poursuivez ensuite tout droit jusqu’à la chapelle (non sans avoir souffert les trois principales montées), puis revenez sur vos pas (en vous grisant des descentes). 

Le décor dans cette portion aller-retour est splendide. Le soleil y dit «yo» aux montagnes qui s’élèvent au nord-ouest d’une rivière que l’on peut parfois presque toucher en se penchant. 

Le tour du lac Saint-Joseph : une topographie du plaisir

VÉLO

Le tour du lac Saint-Joseph : une topographie du plaisir

David Desjardins
David Desjardins
Collaboration spéciale
HORS-PISTES  / Le lac n’est jamais calé lorsque je m’y rends en début de saison. La lumière est crue, la canopée encore inexistante, mais c’est le genre de terrain que j’adore car ses quelque 300 m de dénivelé positif répartis sur un peu moins de 30 km de rouleaux bitumés constituent un excellent parcours d’entraînement si on souhaite pousser la machine, le plus souvent à l’abri du vent.

Et si on cherche une balade exigeante sans être éreintante, on sera également servi : suffit d’ajuster sa vitesse.

Je m’y rends rarement sans y croiser plusieurs membres de la confrérie – ou sororité – du lycra; une indéniable popularité qui tient à trois choses : sa proximité de la ville, la qualité du terrain et la faible densité du trafic automobile.

Mettons les choses au clair : la proximité est relative. De chez moi (en ville), le parcours total représente une centaine de kilomètres. Mais je fais partie d’une secte de rouleurs qui cumulent la distance parcourue comme on se procurait autrefois des indulgences : par de longs pèlerinages et la mortification qu’induit l’effort excessif.

Il existe cependant plusieurs manières d’accéder au lac Saint-Joseph sans s’y rendre à vélo. Soit en s’y dégotant un stationnement sur place (attention : la municipalité de Fossambault-sur-le-Lac interdit de laisser sa voiture dans les rues), ou alors en ajoutant une dizaine de kilomètres au parcours pour faire un aller-retour bien plat par la vélopiste Jacques-Cartier/Portneuf depuis Shannon. Le segment est peu fréquenté, entièrement boisé et sa surface en poussière de pierre est d’excellente qualité.

Peu importe de quelle manière j’accède au lac (par la route, depuis Sainte-Catherine, ou la piste cyclable), j’emprunte presque toujours le passage de ladite vélopiste qui relie le stationnement de la station Duchesnay et la route de Fossambault. La route de Duchesnay, qu’elle permet d’éviter, est mal entretenue et le trafic lourd y est intimidant, même pour un routier expérimenté.

Avec le « centre-ville » de Sainte-Catherine, c’est le seul endroit passant du secteur. Le reste du tour, même la fin de semaine, demeure assez détendu.

Gaspésie à vélo : rangez les sacoches. Prêt ? Pédalez !

Vélo

Gaspésie à vélo : rangez les sacoches. Prêt ? Pédalez !

Maxime Bilodeau
Vélo Mag
La Gaspésie à vélo n’est pas réservée qu’aux amateurs de cyclotourisme, tant s’en faut ! Dans les chemins de traverse, sur route ou sur les plages, cette région a de quoi plaire à tous les types de cyclistes, y a constaté Vélo Mag.

La Matanie : paradis du vélo de gravelle ?

Qu’est-ce que je regrette de ne pas avoir emporté mon vélo de garnotte ! À peine ai-je pédalé quelques kilomètres sur les routes 100 % asphaltées d’une boucle d’environ 110 km reliant Matane, Sayabec et Baie-des-Sables que je constate mon erreur. C’est que dans La Matanie et la vallée de la Matapédia, les chemins graveleux ou cahoteux sont rois. Dès mon départ sur la route 195 en direction de Sayabec (prononcer « sé-bec »), j’en croise un certain nombre qui mènent droit à de paisibles hameaux de quelques centaines d’habitants. L’escapade en sera ponctuée tout du long.

Les incontournables pour rehausser son vélo de gravelle

Vélo

Les incontournables pour rehausser son vélo de gravelle

Johanna Baumgartner
Vélo Mag
À l’achat d’un vélo de gravelle neuf, certains éléments sont à considérer pour améliorer votre monture et ceux-ci ne sont pas nécessairement inclus. Les plus obsessifs d’entre vous prendront plaisir à personnaliser leur vélo avec ces quelques composantes supplémentaires.

Guidon évasé Specialized Hover Alloy

Surélevé de 15 mm, avec un angle de 12 degrés, il offre une meilleure stabilité dans les sentiers accidentés.

Guidoline Fizik Terra Bondcush Tacky

Sa matière rembourrée absorbe mieux les chocs. Sa texture est non glissante et les coloris se fondent bien dans la forêt.

Roues Mavic Allroad

Six paires de roues destinées à la pratique tout-terrain : tubeless ready, alu ou carbone.

Vélo: gravelmania 2020

Vélo

Vélo: gravelmania 2020

Johanna Baumgartner
Vélo Mag
Johanna Baumgartner s’est laisse embarquer par la vague du vélo de gravelle. Elle partage pour  nous sa passion.

J’ai un terrible aveu à vous faire. Cette année, je quitte ma clique de route, j’ai été contaminée par le virus de la gravelmania. En 2020, j’investis dans un seul vélo capable de m’accompagner dans toutes mes aventures. Vous l’aurez compris, le vélo de gravelle est capable de répondre à pas mal d’envies. 

Goûter à cette tendance, c’est ouvrir les portes d’un monde fait de gros pneus, de pauses café dans le bois et de tenues décontractées... Bienvenue dans le fabuleux monde de la garnotte ! 

Portrait d'un vélo de gravelle

Voici ce qui caractérise généralement un vélo de gravelle :

Une géométrie repensée

Enfant illégitime d’un vélo de cyclocross et d’un vélo de montagne, le vélo de gravelle présente des bases allongées et un poste de direction rehaussé de façon à ce que vous soyez à la fois stable sur les terrains accidentés et confortable sur de longues distances.

Des pneus plus volumineux

À l’achat de votre nouveau vélo, vérifiez que celui-ci puisse accueillir des pneus allant au moins jusqu’à 40 mm pour des roues de 700c et jusqu’à 50 mm pour des roues de 650b. Choisissez-les de préférence en version tubeless pour mieux jouer avec la pression.

Goodyear | Connector | 

  • Ce pneu est capable de s’adapter à tous les terrains.
  • 700 X 40 mm, 477 g

WTB | Venture | 

  • Lui aussi est polyvalent, avec en prime un gros volume.
  • 650b X 47 mm, 555 g

Plus de points de fixation

Les fabricants prévoient maintenant des œillets à des endroits insoupçonnés. Il y a les classiques pour les bidons, mais on en trouve aussi sur la fourche, sous le tube diagonal, sur le tube horizontal et même quelquefois sur les haubans… Ils facilitent la fixation des systèmes de transport des bagages en plus des sacs flexibles et imperméables qu’on peut placer à différents endroits : sur le tube supérieur pour la pochette accueillant cellulaire et barres d’énergie, sous la selle, sous le tube supérieur et même à votre guidon.


Garnotte et caoutchouc

Vélo

Garnotte et caoutchouc

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Le Soleil
Avez-vous déjà entendu l’expression «vélo de garnotte» (ou gravel bike) ? Ce type de vélo existe déjà depuis six ans, mais il gagne en popularité chaque année. Jacques Sennéchael, rédacteur en chef de Vélo Mag, nous explique l’engouement pour cette pratique. En complément, il nous indique les étapes à suivre en cas de crevaison… car personne n’est à l’abri de ce petit inconvénient!

À ne pas confondre avec le «fat bike», spécialement conçu pour rouler sur la neige, le vélo de garnotte s’apprête aussi bien sur les chemins de montagne que sur les routes asphaltées. Toutes les pièces ont été repensées pour conférer une position plus confortable au cycliste : 

- Une géométrie révisée pour offrir une meilleure aisance où que vous alliez

- Des pneus plus volumineux pour faciliter la circulation et éviter les risques de crevaison 

- Des freins à disque, considérés plus efficaces, peu importe les conditions météorologiques

- Des axes traversants pour rendre les roues plus rigides et centrer efficacement les disques des freins

- Des points de fixation additionnels pour accrocher bagages et sacs

Toutes ces améliorations en font le «vélo idéal pour partir à l’aventure», selon le rédacteur en chef de Vélo Mag. «Les gens sont tannés des contraintes du vélo de route. Ils ont envie de rouler dans différents endroits. Ils veulent découvrir de nouveaux chemins l’esprit en paix en sachant que leur vélo peut y aller», estime-t-il. Cette pratique à laquelle même les débutants peuvent s’adonner prend de l’ampleur dans la province. «Actuellement, c’est la pratique de vélo qui connaît le plus de développement», ajoute-t-il. La région de Charlevoix a d’ailleurs accueilli en 2019 le premier Grinduro canadien, une course mondiale célébrant le vélo de garnotte.

Le prix minimum de base, autour des 1000 $, est toutefois plus élevé qu’un vélo hybride, mais c’est un investissement qui vaut la peine. Sa taille est plus robuste et ses pneus plus gros, ce qui évite les risques de crevaison. «Ça permet d’explorer et de sortir des sentiers battus sans craindre un souci mécanique», soutient M. Sennéchael.

Réparation de crevaison 101

Un pneu crevé sur un vélo est toujours désagréable, mais la réparation peut s’effectuer très facilement si on a les bons outils : deux à trois démonte-pneus, une chambre à air et une mini pompe à vélo. «Ces outils tiennent tous dans une poche arrière, vous n’avez donc pas besoin de traîner votre boîte à outils», assure M. Sennéchael. Voici les étapes à suivre:

  1. Repérer le trou
  2. Enlever la chambre à air défectueuse. (Avant d’installer la nouvelle chambre à air,  M. Sennéchael conseille de trouver la raison qui a provoqué la crevaison.)
  3. Installer la nouvelle chambre à air
  4. Regonfler le pneu à l’aide de la pompe à vélo
  5. Repartir !

Pour les inexpérimentés, M. Sennéchael conseille de se pratiquer à enlever et à remettre la chambre à air. La répétition de l’exercice permettra aux cyclistes débutants d’être plus en confiance lorsque la crevaison impromptue surviendra.


Assistance électrique: le vélo de route entre dans la danse

Vélo

Assistance électrique: le vélo de route entre dans la danse

Martin Turgeon
Vélo Mag
Pendant des années, tel le village gaulois d’Astérix, les fabricants de vélos de route ont résisté à l’écrasante vague d’assistance électrique qui a envahi le reste de l’industrie. Mais 2020 semble l’année où ils succombent à la tendance. Pourquoi tant de résistance ? État des lieux de cette nouvelle famille en pleine croissance.

Le routier classique est réfractaire au changement, et les freins à disque encore boudés en sont un excellent exemple. L’assistance au pédalage est perçue par certains comme de la tricherie, voire du dopage (mécanique). On sait que le cycliste sur route a une relation assez tumultueuse avec cette notion… 

Quoi qu’on en pense, les vélos de route à assistance électrique (VAE) sont en voie de changer le paysage des vélos à guidon cintré. Au-delà de la performance, le facteur plaisir est assurément présent. Les chicanes entre « avec moteur » et « sans moteur » sont déjà dépassées. La vague ne peut que grandir, augmentant du même coup la pratique cycliste. La preuve : de grandes figures du cyclisme d’élite endossent leur utilisation. Thomas Voeckler a créé un Gran Fondo où les VAE sont les bienvenus (lui-même en pilotait un) et Julian Alaphilippe a chevauché un de ces vélos lors d’une journée de repos du Tour de France.  

Après tout, le VAE offre bien des avantages. Non seulement il est tout aussi possible de s’entraîner à haute intensité, mais certains terrains de jeux deviennent accessibles à ceux qui ne pouvaient qu’en rêver. En clair, deux personnes ayant des capacités différentes peuvent partager une expérience cycliste commune. Les fabricants l’ont bien compris et clament haut et fort que ces nouveaux produits s’adressent à de vrais cyclistes. Specialized personnalise même l’utilisateur : « C’est vous en plus rapide. »

Rouler l’esprit tranquille

Vélo

Rouler l’esprit tranquille

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Le Soleil
Avant de partir en vélo, plusieurs vérifications s’imposent pour rouler l’esprit en paix. Jacques Sennéchael, rédacteur en chef de Vélo Mag, nous donne ses conseils.

La pression des pneus

«Les gens roulent souvent avec une pression inadéquate», affirme M. Sennéchael, mais c’est un petit deux minutes d’ajustement qui pourrait rendre votre randonnée plus agréable.» Normalement, la pression de gonflage minimum et maximum conseillée est indiquée sur le flanc du pneu. Si vous prévoyez pédaler sur un parcours cabossé, ajustez la pression minimale, le pneu sera ainsi plus mou afin d’augmenter votre confort. Si au contraire, vous prévoyez rouler sur une route lisse, ajustez la pression au maximum pour durcir le pneu. 

Un bon cadenas

Si on prévoit s’arrêter en cours de route, un bon cadenas est indispensable. «Il n’y a aucun cadenas d’inviolable, mais au-delà de 30 $, cet achat offre déjà une meilleure garantie», estime M. Sennéchael. La façon d’attacher son vélo est simple : choisissez un poteau sécuritaire pour y attacher la partie principale du vélo avec la roue avant. «Plus l’ensemble du vélo est attaché, moins il y a de risque», assure le rédacteur en chef de Vélo Mag.

Vêtements appropriés

Des vêtements qui sèchent vite, protègent du soleil et sont confortables, voici les trois critères à prioriser lors de leurs achats. Un investissement dans un cuissard de qualité est d’autant plus utile, «car celui-ci apporte plus de confort, surtout pour les longues sorties», conseille M. Sennéchael.

Le casque

Le casque peut être une cause d’inconfort pour plusieurs. Il y a toutefois des trucs pour le diminuer. Vérifiez le poids et l’aération du casque en question. Assurez-vous aussi qu’il est à la bonne taille après ajustement. Après l’avoir mis, bougez votre tête de haut en bas et de gauche à droite. Si le casque se déplace de plus de 2 cm, vous pouvez réajuster les courroies ou choisir un casque plus petit. S’il existe des points de pressions qui dérangent, vous pouvez, le cas échéant, ajouter ou enlever des coussinets. 

La hauteur de selle

«Quand la selle est trop basse, on pédale en canard et répéter ce mauvais mouvement peut devenir douloureux. Quand elle est trop haute, on pédale sur la pointe des pieds et ce n’est pas plus confortable, précise M. Sennéchal, d’où l’importance de bien l’ajuster.» Il suggère également de faire attention à ce que la tige de la selle soit assez resserrée afin d’éviter qu’elle descende pendant que vous roulez.

La mécanique de base

En cas de crevaison, ou pour de simples ajustements et réparations, un coffre à outils portatif est un indispensable pour les cyclistes avertis. «On peut trimballer le minimum de mécanique et ça tient dans une petite pochette. Avec ça, on peut presque tout réparer», confirme M. Sennéchael.

La chaîne

Avec l’utilisation, votre chaîne aura tendance à s’user et à craquer. Pour l’entretien, M. Sennéchael rappelle de passer un chiffon imbibé d’huile sur la chaîne de temps en temps.

Inséparables, même à vélo

Vélo

Inséparables, même à vélo

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Réal Dostie et Jocelyne Blais sont inséparables, même à vélo. Ce couple de retraités de Sherbrooke circule en tandem depuis 20 ans.

C’est une question d’harmonie dans la vie conjugale, lance M. Dostie, un homme à la longue barbe blanche.

« Quand tu fais du vélo à deux, il y en a toujours un qui va moins vite que l’autre. Généralement, le plus rapide doit attendre», explique-t-il, sans préciser qui des deux a moins de vélocité. «Avec un tandem, nous n’avons pas  ce problème.»

«Là, nous pédalons ensemble à la même vitesse. C’est une vraie activité de couple!»

Réal Dostie avait prévu le coup il y a 20 ans quand il s’était procuré ce vélo deux places. La bécane devait pouvoir évoluer dans le temps. «J’ai acheté un tandem avec un très bon cadre», se souvient l’homme de 71 ans.

«Comme ça, nous avons pu changer les composantes qui roulent quand elles sont trop usées. C’est un vélo qui porte bien et sur lequel le vent à moins d’emprise. Comme tu es deux sur le vélo, il est plus pesant. Nous avons déjà atteint 90 kilomètres/heure dans une descente…»

Le couple Dostie-Blais a voyagé à plusieurs endroits au Québec et aussi aux États-Unis. On privilégie les pistes cyclables et les routes moins achalandées. Il se souvient d’une randonnée de cyclotourisme qui les avait menés de l’autre côté de la frontière, pour revenir par la Montérégie, il y a quelques années. 

«Nous avions notre équipement avec nous sur nos vélos. Nous cherchions des campings, mais ils ne sont pas tous adaptés pour les cyclistes. Nous nous retrouvions entre deux motorisés avec notre petite tente à terre», se remémore-t-il.

«De nos jours, plusieurs terrains de camping sont mieux adaptés pour les cyclistes.»

Aujourd’hui, les randonnées sont moins longues, mais on prend plus le temps de savourer chaque kilomètre, enchaîne-t-il. 

«Nous allons moins loin. Et on fait moins de camping aussi. Mais on prend le temps. Le temps de regarder et de sentir. Nous arrêtons dans une épicerie et nous faisons un petit pique-nique. Nous sommes devenus des contemplatifs!»

«Il y a l’âge. Nous sommes plus à l’écoute de notre corps. Je me souviens d’avoir subi un coup de chaleur. Il faisait très chaud et nous étions à Magog. Il nous restait 30 ou 35 kilomètres à parcourir. Et il y a des côtes…»

Réal Dostie réclame qu’on aménage plus de pistes cyclables sur le territoire. Il verrait d’un bon œil la réalisation de la piste cyclable qui relierait Sherbrooke à Saint-Joseph-de-Coleraine. Rappelons que le tronçon de 94 kilomètres, sur une ancienne voie ferrée, partirait du Marché de la Gare de Sherbrooke en passant par Ascot Corner, East Angus, Dudswell, Weedon et Disraeli pour aller s’arrêter au sentier des trois-monts à Saint-Joseph-de-Coleraine. On apprenait l’an dernier que les retombées annuelles seraient de 7 M$, selon les promoteurs.

«Ça serait une bonne idée pour la région. Mais nous sommes déjà bien équipés. On peut aller à partir de Sherbrooke à Montréal sur un bord et à Québec sur l’autre», analyse-t-il.

«Les temps ont changé. Quand nous avons commencé à faire du vélo sur les pistes cyclables au Québec, il fallait payer sa vignette.»

Enfin, s’il avait un conseil à formuler aux autorités, M. Dostie suggérerait qu’on asphalte systématiquement les accotements des routes. On donnerait plus de place aux cyclistes pour rouler sans être sur la chaussée et on protégerait le pavage contre les poids lourds de la route.

Comment trouver le vélo de ses rêves

Vélo

Comment trouver le vélo de ses rêves

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Le Soleil
Alors que la saison estivale est sur le point de commencer, plusieurs Québécois aimeraient s’adonner à la pratique du vélo, soit pour s’initier, soit pour simplement changer leur vieille «bécane». Jacques Sennéchael, rédacteur en chef de Vélo Mag, nous conseille sur les questions à se poser avant d’effectuer cet achat.

«De quoi ai-je besoin?»

C’est la première question que tout éventuel acheteur devrait se poser. Avant de mettre les pieds dans un magasin de vélo, un travail d’introspection est préconisé. Quelle pratique du vélo m’intéresse? Le vélo de route, de montagne, de ville, de pistes ou de cyclotourisme? Une fois notre choix effectué, cela réduit instantanément nos options.

M. Sennéchael suggère ensuite d’affiner nos critères afin d’éliminer d’autres options. Par exemple, veut-on encourager un produit fabriqué localement? Quelle esthétique désire-t-on? Et bien sûr, quel est notre budget? Il recommande d’ailleurs de toujours se réserver un montant pour «les à-côtés indispensables», tels que le cadenas, le casque, la mécanique de base et les vêtements appropriés.

«Plus on rajoute de critères, plus les choix de vélos vont se réduire», d’où la technique de l’entonnoir préconisée par M. Sennéchael.

Une fois dans la boutique

Il déconseille l’achat d’un vélo dans les quincailleries. Il suggère plutôt de choisir une boutique de vélo ou un magasin spécialisé dans les activités de plein air. Les vendeurs auront plus d’expertise pour vous conseiller et vous guider. «Ils prendront également le temps d’ajuster la hauteur de la selle et le guidon à votre taille», ajoute M. Sennéchael.

Aussi, n’hésitez pas à demander d’essayer les vélos en «démo» afin d’avoir une idée plus précise. Certains fabricants organisent même des journées «démo» où il est possible d’en louer un pour la journée. «Ça ne coûte rien d’essayer. Ce sont des petits avantages qu’on ne connaît pas forcément, mais qui peuvent nous aider», poursuit-il.

Le prix minimal à débourser pour un (bon) vélo hybride neuf varie entre 500 et 600 $. Malgré son coût élevé, il assure que contrairement à une voiture, un vélo, s’il est bien entretenu, a moins besoin de réparations, donc de frais à débourser par la suite.

Acheter neuf ou usagé?

L’avantage principal de se procurer un vélo usagé est au niveau du prix, confirme M. Sennéchael. Même s’il affirme qu’on trouve d’excellentes occasions de vélos usagés, il recommande de bien vérifier toutes les pièces du vélo en question.

Est-ce que les pneus sont secs? Ce qui signifierait que le vélo a été inutilisé pendant longtemps. Est-ce que les pneus sont usés? Est-ce que la chaîne est rouillée et craque? Est-ce que le passage des vitesses se passe bien? Est-ce que le pédalier est fluide? Quand je tourne les roues, est-ce qu’elles sont droites?

«Parfois, ce sont des vélos que les pièces n’ont pas la même durée de vie qu’un vélo neuf. Mais ça peut être une bonne alternative si on n’est pas attaché au dernier détail à la mode», conclut M. Sennéchael.

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Cinq conseils avant de se lancer

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Cinq conseils avant de se lancer

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Les premiers kilomètres à vélo peuvent être déterminants pour la poursuite d’une saison longue et plaisante sur deux roues. Pour ce faire, vaut mieux être bien préparé. Voici quelques conseils à observer.

Idéalement, vaut mieux avoir fait un peu d’exercice avant la saison de vélo. Comme la marche, la raquette ou le ski de fond, histoire d’avoir fait bouger le bas du corps. Les premiers tours de pédalier seront moins pénibles.

Choisir un vélo ajusté à son gabarit et ses besoins. Trop souvent, la position du cycliste n’est pas adéquate. Par exemple, la selle est trop basse, ce qui ne permet pas une amplitude maximale du mouvement des jambes. Aussi, pourquoi choisir un vélo équipé d’amortisseurs et de pneus larges quand on ne circule que sur des pistes cyclables asphaltées et sans obstacles? Évitez de surcharger le véhicule avec des sacoches inutiles. Bien nettoyer et huiler sa chaîne pour éviter la friction en pédalant.

Les vêtements de vélo sont souvent dispendieux. Si on ne peut s’en procurer, il est préférable de choisir des vêtements de sport. Les jeans n’ont pas été inventés pour les cyclistes…

Penser à s’hydrater et à s’alimenter en fonction de l’effort. L’eau convient la plupart du temps. Pour les distances plus longues, certains préparent des recettes maison qui incorporent par exemple du sirop d’érable, un peu d’agrumes et du sel. Des noix et des fruits séchés peuvent constituer une bonne collation énergisante.

Les premières sorties seront pénibles pour le fessier. La largeur, la longueur ou le rembourrage de la selle n’y changeront rien. Le meilleur conseil? Commencer par de courtes, mais fréquentes sorties sur la bécane. Les muscles endoloris vont obtempérer…

Bonne saison! #leteseravelo  

Pistes cyclables, mode d’emploi

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Pistes cyclables, mode d’emploi

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
BILLET / De petites précisions avant de commencer. Je roule presque exclusivement sur deux roues sept à huit mois par année. Et comme je reste en banlieue, nous avons une auto. Et une Labrador, que je marche quotidiennement. Autrement dit, je ne suis pas un extrémiste du bicycle à pédales et suis aussi un conducteur et un piéton. Ça va? On peut démarrer? Voici des petits conseils pour tous à propos des pistes cyclables.

Respect et politesse

Respect des autres, bien sûr. Mais surtout respecter la signalisation. Me semble qu’une très grande partie des engueulades seraient évitées.

Justement : soyez polis. Tout le monde. Me crier après ou me tirer une bouteille vide (histoires vécues) à l’intersection parce que ça vous énerve d’attendre deux secondes de plus ne change pas le fait que j’ai priorité si je suis arrivé en premier. L’inverse est aussi vrai. On ne fait pas un doigt d’honneur à un automobiliste qui a priorité parce que ça vous force à ralentir...

Une saine distance

Ça ne sert à rien de pousser dans le cul des gens, ceux qui vont plus lentement ne font pas exprès. Et en vélo comme en voiture, il faut doubler à une distance raisonnable. J’ai pas le goût de recevoir vos gouttelettes, pandémie ou pas.

«Ça a du sens»

Ça peut sembler évident, mais il faut respecter le sens de la circulation sur une piste cyclable. On peut ainsi esquiver beaucoup de désagréments, dont les collisions. N’oubliez pas que les cyclistes n’ont pas l’usage exclusif de la chaussée, surtout sur les pistes multifonctionnelles. 

Beaucoup de marcheurs et de joggeurs se déplacent à contresens pour éviter de se faire rentrer dedans. Ce n’est pas une raison pour rester en plein milieu. Il n’est écrit nulle part que les cyclistes doivent se tasser — à la vitesse où ils roulent, vaut mieux conjurer les manœuvres brusques. On ne joue pas une partie de chicken — déplacez-vous sur le côté, sur le trottoir s’il y en a un, le temps de laisser passer le ou les vélos.

Parlant de trottoirs, c’est un no-no pour les vélos. Le Code de la sécurité routière proscrit d’y monter, sauf en cas d’urgence. Et ça vous évite de rentrer dans une voiture qui tourne dans une entrée (histoire vécue, je conduisais).

La vitesse

Une piste cyclable n’est pas une piste de course, même si vous avez un beau kit aérodynamique qui va avec vos vélos hors de prix. Allez-y mollo au lieu de stresser tout le monde avec vos manœuvres dangereuses. 

Prudence

On ne sait jamais. Un chien sans laisse qui fait un faux bond et bang! fracture majeure du bras (histoire vécue, par une amie). Un conducteur qui brûle une rouge et vous fait tomber en pleine face (histoire vécue, une dent en moins et un délit de fuite en prime…). Fait que portez donc un casque, ça pourra au moins vous éviter le pire! Et, surtout, soyez visibles...