Hubert, 5 ans, était fier de voter lundi.

Un vote dans la bonne direction

CHRONIQUE / J’ai vu défiler plusieurs photos d’apprentis électeurs sur les réseaux sociaux lundi.

Des petites cocos en train de cocher un cercle, un toutou à la main. Des bettes tout sourire, avec un autocollant Électeur en herbe de couleur sur le manteau, montrant fièrement le tatouage temporaire reçu.

Plusieurs mentions du genre : si mon enfant peut voter, tu le peux toi aussi.

À la grandeur du Québec, plus de 168 000 mini-électeurs, la plupart entre 3 et 12 ans, ont voté en même temps que leurs parents.

L’idée a tellement été populaire qu’une amie me disait que ses enfants n’ont pas pu voter, il n’y avait plus de bulletins! Ils étaient évidemment déçus. Elle leur en a fait un. C’est normal pour une première expérience aux élections générales provinciales. Il y a de l’ajustement à faire.

J’ai croisé mes filles alors qu’elles sortaient du bureau de vote avec leur père. Tellement fières de faire comme les grands. Les mots se bousculaient quand elles m’expliquaient leur vote, du haut de leurs 5 et 7 ans.

Nos enfants devaient répondre à la question : «Pourquoi penses-tu qu’il est important de voter?» Un peu plus de 41 % d’entre eux ont dit : «Pour que les idées de chaque personne soient entendues».

L’idée de ces élections parallèles semble faire l’unanimité chez les parents de mon entourage. Une façon pour les jeunes de rendre le moment d’attente plus agréable.

Mais ce qui m’a fait le plus plaisir comme maman, c’est d’avoir un outil de plus pour sensibiliser mes filles à l’importance de voter. On avait déjà fait de petites élections à la maison, inspirées par l’idée d’une amie. Les cocottes avaient aimé mettre le bulletin de vote dans la boîte, compter et puis recommencer. Une façon de les initier à la démocratie.

Mais quand c’est dans un bureau de vote, un bulletin réel... Wow. Là, l’effet est décuplé.

Dans les écoles, les plus vieux ont voté aussi. Eux devaient se prononcer sur les vrais candidats. Verdict : ils auraient élu un gouvernement de Québec solidaire minoritaire et la CAQ comme opposition.

L’exercice aura été l’occasion de parler des différents partis, de leurs idées, de confronter les jeunes à leurs valeurs. Apprendre à définir leurs priorités. Et à les défendre surtout.

Certains de ces jeunes en ont certainement discuté à la maison. Ils ont peut-être même poussé leurs parents à se pencher eux aussi un peu plus sur la campagne et ses enjeux. À justifier leurs choix.

L’organisation des petits bureaux de vote lundi aura coûté un peu moins de 28 000 $. Des pinottes, quoi. Bien moins cher que les campagnes de pub traditionnelles, dont on peut douter de l’efficacité. On dénonce les erreurs de nos institutions lorsqu’il le faut. Cette fois, c’est un bon coup qui vaut la peine d’être souligné.

Plus on commence tôt à parler à nos enfants de vote et de démocratie, plus on augmente les chances que le geste devienne un automatisme. Qu’ils ne se demandent pas s’ils vont voter ou pas.

Il est trop tôt pour savoir si cette initiative — qu’on souhaite revoir à chaque élection — va porter ses fruits. Si, quand le vote ne sera plus un jeu mais un devoir, le taux de participation de nos jeunes va grimper. Mais ça vaut le coup d’essayer. On n’a rien à perdre et tellement à gagner.

Ce qui est sûr, c’est que c’est un vote dans la bonne direction.