Une vingtaine de jeunes filles ont passé la dernière semaine à apprendre les rudiments du rock à la YWCA.

Un camp pour filles qui rockent!

«Rock, papier, ciseau!» Le cri d’équipe est lancé, la répétition peut commencer. Cinq jeunes filles empoignent guitare, basse, baguettes, clavier et micro et se lancent dans le vide avec énergie, confiantes qu’à la fin de la semaine, une chanson aura pris forme.

La scène se reproduit dans trois autres locaux de la YWCA. Elles sont une vingtaine, âgées de 10 à 15 ans, à s’être lancées dans l’aventure du premier Camp rock des filles proposé à Québec.

Le concept est né à Portland, en Oregon, en 2001. Après plusieurs années à travailler pour des bands en tournée, la fondatrice, Misty McElroy a eu envie d’équiper les filles qui voudraient faire carrière en musique pour qu’elles soient indépendantes, confiantes et qu’elles déjouent les stéréotypes trop souvent associés à leur sexe. 

Depuis, une quarantaine de villes américaines, sept villes canadiennes, six villes australiennes et plusieurs capitales européennes se sont jointes au mouvement, qui a fait l’objet d’un documentaire (Girls rock!) en 2007.

À l’appellation «camp rock pour filles», on a ajouté «et pour jeunes de genre non-conformes», une formule inclusive que la YWCA a décidé d’adopter.

En ce beau mercredi après-midi, les campeuses reçoivent une formation «Gestion des médias», donnée par la chroniqueuse et réalisatrice Marjorie Champagne. Comment donner des réponses complètes, avec un début et une fin, qui durent entre 30 secondes et deux minutes? Toutes se plient à l’exercice avec sérieux et enthousiasme, aidées par leurs gérantes, des animatrices qui les accompagnent tout au long de la semaine.

La pratique tombe à point, puisque trois d’entre elles ont accepté de répondre aux questions du Soleil pendant la pause : Réponse, 11 ans, du band Les démodées, Gisele, 12 ans, des Rockettes et Sabrina, 13 ans, qui-ne-peut-dévoiler-le-nom-de-son-band-pour-l’instant.

Gisele, Sabrina et Réponse au Camp rock pour les jeunes filles au YWCA

Pourquoi s’être inscrit au camp rock? «Je voulais vivre une nouvelle expérience. Le rock, on ne voit pas vraiment ça à l’école», répond Gisele, qui joue de la basse. «J’aime bien l’énergie du camp, les personnes. Quand on fait une erreur, ça ne fait rien, on recommence.»

Il faut tendre l’oreille pour entendre Réponse en début d’entrevue, mais lorsqu’on lui demande ce qu’elle préfère au camp, ses yeux s’illuminent. «J’aime vraiment chanter. Je le faisais déjà avant, mais là, au camp, j’adore». Chaque groupe travaille sur une composition originale, qui sera présentée samedi lors d’un spectacle, puis enregistrée. «Nous, on parle de la liberté des femmes dans notre chanson. On a eu l’idée après les ateliers», annonce-t-elle.

Sabrina et son band ont décidé de garder leur sujet, tout comme leur nom, secret jusqu’au lancement — les stratégies de mise en marché font déjà leur chemin. «On a pris un sujet sérieux et triste, de la vie de tous les jours, et on a essayé de le présenter de manière plus joyeuse», explique toutefois la claviériste, qui dit avoir beaucoup appris pendant les premiers jours du camp. «Tout le monde s’améliore pas mal vite. J’ai déjà essayé de faire de la basse, mais ça faisait mal aux doigts. Quand je vois notre bassiste qui persévère, je trouve ça impressionnant», note-t-elle. «Ça a l’air vraiment facile d’écrire des chansons quand on voit des artistes qui sortent deux disques par année. Mais, c’est vraiment difficile, on s’aperçoit que chaque parole a été pensée et a une signification. Je porte plus attention aux paroles maintenant.»

Bien entourées

La pause est terminée, le trio gambade jusqu’aux locaux de pratique où les attendent les mentores, Frédérique Anne (Fria Moeras) et Mélodie Spears, qui commencent à faire leur marque sur la scène musicale underground, Marie Fillod qui enseigne aussi la batterie et la violoniste Justine Béliveau. Les gérantes continuent d’assurer une présence rassurante. Les jeunes rockeuses sont décidément bien entourées.

«On voulait faire des groupes où les filles allaient se sentir le mieux possible. Il y a une bonne chimie qui naît, elles ont le temps de discuter, de réfléchir, de proposer leur idées», indique la responsable du Camp rock pour filles, Émilie Tremblay.

Les cours d’instruments le matin, des ateliers l’après-midi et les pratiques en groupe en fin de journée représentent de grosses journées. «Il y a beaucoup de choses à écouter, les autres, le son de leur propre instrument ou de leur propre voix dans le micro. Elles travaillent fort, elles veulent apprendre, elles sont épatantes!», lance Mme Tremblay.

Le concept d'un camp rock pour filles est né à Portland, en Oregon, en 2001.

Sur le mur d’un des locaux de pratiques, les règles du camp donnent une bonne idée de la philosophie du camp rock. «On est soi-même», «Ça va pas? Dis-le!» et en caractères éclatés, «S’amuser!».

Il y aura un spectacle public samedi à 14h au District, sur la rue Saint-Joseph. Les compositions seront enregistrées au Pantoum dimanche, puis disponibles sur bandcamp.com

Le camp devrait revenir l’an prochain. 

Info : www.ywcaquebec.qc.ca/camprock

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QUELQUES CAMPS OU CLUB ESTIVAUX ORIGINAUX

Le Machin Club

Explorer ce qui l’entoure, utiliser les nouvelles technologies, stimuler la curiosité et croire en l’expérience collective, voilà, en bref, la chartre du Machin Club. Les membres peuvent s’inscrire à différentes activités en collaboration avec des organismes culturels de Québec (cet été, l’émission Crème glacée, limonade sucrée sur les ondes de CKRL) et lancer leurs propres projets. Pour les 5 à 105 ans! 

www.lemachinclub.com

La folie du katag

Plusieurs camps à Québec (Kéno, Bourg-Royal) offrent des semaines de katag, un jeu coopératif avec des épées en mousse. Différentes thématiques (médiéval, chevalier de la lumière, ninja, pirate, sportif) sont proposées. Les équipes sportives et autres groupes peuvent aussi planifier une journée sur mesure. Dès 5 ans.

www.katag.ca/camp-de-jour/ 

Été stimulant

Le camp Stimuli, de la Clinique d’orthophonie sociale de Québec, prépare les enfants de 4 à 6 ans avec un retard de langage pour leur entrée à l’école. Il vise l’épanouissement et le plaisir, tout en offrant des services essentiels (évaluation orthophonique et plan d’intervention individualisé) intégrés au quotidien. Au centre communautaire Jean-Guy-Drolet, dans Limoilou. 

orthophoniesociale.org/camp-stimuli/

Cuisiner à la ferme

La ferme Marichel, à Saint-Agathe-de-Lotbinière, sur la Rive-Sud, offre un camp de vacances où les 10 à 13 ans apprennent à cuisiner des compotes, du pesto, du pain, des tisanes et s’initient aux techniques de germination. Ils récoltent les légumes, prennent soin des animaux et font plusieurs activités actives, en plein air. 

fermemarichel.com

Jeunes entrepreneurs

Visiter des entreprises, découvrir des professions, mettre au point des produits; le camp entrepreneurial Audace (au Saisonnier et à la Maison des entrepreneurs à Lac-Beauport) s’adresse aux jeunes de 10 à 15 ans. Les 16 ans et plus peuvent aussi s’inscrire à une semaine de formation à l’École d’entrepreneurship de Beauce, à Saint-Georges.

devenirentrepreneur.com/fr/camps-entrepreneuriaux