De la planche à pagaie à Lac-Beauport.
De la planche à pagaie à Lac-Beauport.

Un air d’Australie dans les camps de jour

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
Comme plusieurs, Jessica Fortin s’est cherchée — et trouvée — lors d’un voyage de jeunesse. Entre le cégep et l’université, «quand elle était en quête d’un sens à sa vie», elle s’est rendue en Thaïlande, en Nouvelle-Zélande puis en Australie, où elle a découvert le surf et une façon de voir le monde qu’elle rêvait d’importer à Québec. C’est cette passion qu’elle tente aujourd’hui d’enseigner aux jeunes, au milieu des eaux troubles de la pandémie.

La piqûre pour la planche et les vagues, elle l’a attrapée en 2004 au large des plages de Byron Bay, à l’est du pays-continent, près de Brisbane. «J’ai passé environ huit mois en Australie. J’ai eu un gros coup de cœur pour le surf, raconte la trentenaire de Lac-Beauport. Là-bas, il fait toujours beau et les gens sont joyeux. Ça influence beaucoup le moral. Alors, j’ai voulu garder cet état d’esprit à mon retour afin d’offrir aux gens un peu de soleil dans un contexte joyeux.»

Mme Fortin a terminé des études en kinésiologie et a lancé il y a six ans l’école de planche La Plage, dans Sainte-Foy. Il y a un an et demi, des ateliers offerts dans des écoles primaires l’ont motivée à s’impliquer davantage auprès des jeunes. Toutefois, la pandémie est venue mettre des bâtons… dans ses vagues. Ses contrats scolaires ont été annulés. Difficile de faire tourner on entreprise quand on travaille dans l’industrie non essentielle du divertissement nautique.

Garder la tête hors de l’eau

Pour initier le plus de jeunes possible à son sport favori — et du coup aider son studio à garder la tête hors de l’eau —, Mme Fortin lance le projet de «surf et SUP pour faire bouger les jeunes» (SUP pour Stand-Up Paddle, ou planche à pagaie en français) sur la plateforme de sociofinancement La Ruche. L’objectif : amasser 19 000 $ pour tenir des activités cet été dans des camps de jour et des maisons de jeunes. Tout en respectant les règles sanitaires et la distanciation sociale, bien sûr.

Jessica Fortin, lors d’un voyage de surf dans la région de Nayarit, au Mexique, en 2018.

Les sommes récoltées serviront à acheter un minibus pour le transport des planches, à se procurer planches de surf, planches à pagaie, combinaisons isothermiques (wetsuits), à offrir le service à des écoles défavorisées, etc. Pour l’instant, il reste 8000 $ à récolter en deux semaines. Atteindre l’objectif permettrait à La Plage de doubler sa mise, puisque le Fonds gouvernemental Mille et UN pour la jeunesse verserait à son tour 19 000 $ dans l’aventure en soutien aux projets destinés aux jeunes.

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«La planche à pagaie est un sport en plein développement à Québec, indique la fille d’un militaire native de Nanaimo, sur l’île de Vancouver. Le surf, ça continue de fasciner les gens. On ne voit souvent que les grosses vagues, mais ce sport s’accompagne d’une belle hygiène de vie, de l’entraînement, d’une saine alimentation. C’est aussi ça le message que je veux véhiculer auprès des jeunes, de prendre soin de soi et de leur corps.»

Activité pour tous

Bonne nouvelle pour La Plage, le gouvernement permet la tenue de camps de jour au Québec cet été. Mais tout flotte dans l’incertitude.

Malgré tout, Mme Fortin garde le cap. «Mon but est de rendre accessible à tous la découverte de ce sport», dit la femme d’affaires qui a accès à plusieurs points d’eau de la région. «Tout le monde craint de tomber, mais la planche est plus stable qu’on le croit. C’est une activité familiale. On peut même embarquer avec un enfant sur la planche, ou faire du yoga ou du fitness dessus. C’est vraiment un beau sport pour les 3 à 99 ans!»

Du yoga sur une planche à pagaie à Lac-Beauport.

Des activités sont aussi offertes aux particuliers, aux familles et aux groupes privés, selon les disponibilités au calendrier.

Le «rêve le plus fou» de Jessica Fortin? Amener un groupe de jeunes découvrir le «beau surf» qui se pratique au large des plages du Maine. Un rêve qui se réalisera peut-être avec de la chance, un petit répit du virus et un peu de générosité des gens de Québec…

Info : laplagequebec.com

La campagne de financement participatif de proximité de La Ruche : laruchequebec.com/projet/surf-sup-pour-faire-bouger-les-6817

L’animation d’un camp de planche à pagaie.
Souvenir de la première activité de surf de Jessica Fortin à l’école secondaire Neufchatel.


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