Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Marie-Ève Laprise et Antony Damour co-fondateur de l’entreprise Purpop, sucettes glacées naturelles aux fruits.
Marie-Ève Laprise et Antony Damour co-fondateur de l’entreprise Purpop, sucettes glacées naturelles aux fruits.

Tout fruit, tout frais

Maintenant que le printemps semble avoir mis fin à sa quarantaine et que le temps doux commence à se pointer, vos papilles ont envie de frais?

Ça tombe bien : une entreprise estrienne propose des douceurs glacées aussi originales que vitaminées, parfaites pour les jours d’été. Regard sur Purpop, une jeune bannière qui, depuis trois ans, s’est donné comme mission de réinventer le bon vieux popsicle.

La délicieuse idée a germé au loin et au chaud, alors que Marie-Ève Laprise et Antony Damour étaient en voyage de surf au Mexique. Pour composer avec le soleil de plomb et la touffeur des jours, il y avait l’option de plonger la tête sous l’eau… et celle de croquer dans de savoureuses paletas.  

« En Amérique du Sud, même si le climat est très chaud, il n’y a pas vraiment de crème glacée comme ici », explique Marie-Ève, qui a craqué pour les paletas, de rafraîchissantes barres glacées aux fruits. 

« On était parti en voyage pour se ressourcer, on était tous les deux à la recherche d’un nouveau défi, poursuit-elle. On a vite réalisé que ce genre de produit artisanal pouvait avoir sa place au Québec. On voyait là-dedans une occasion de réinterpréter le traditionnel popsicle, qui est ni plus ni moins qu’un mélange d’eau avec du sucre et du colorant. On a tous déjà fait des sucettes maison glacées avec du jus de fruit, mais nous, on avait envie de pousser le concept encore plus loin, en proposant une version bonifiée, plus nutritive. »  

De retour au pays, ils ont mûri le projet et épluché le contenu des congélos d’épicerie. 

Fudges variés, bâtonnets multicolores et glaces en tous genres inondaient les tablettes. Mais des barres fruitées comme celles auxquelles ils pensaient, il n’y en avait pas dans les vitrines.

« On a vraiment constaté qu’il y avait de l’espace pour ce qui nous trottait dans la tête. On s’est dit que ça valait la peine de tenter le coup et de développer une sucette glacée naturelle et végétalienne qui conviendrait à ceux qui cherchent une option glacée meilleure pour la santé », confie Marie-Ève. 

Sensible à la question des allergies alimentaires, elle avait aussi à cœur de concocter une recette qui conviendrait à ceux qui doivent composer avec des restrictions dans l’assiette.

« Ma sœur a deux enfants et l’un d’eux a plusieurs allergies. J’ai vu à quel point ça complique les choses et à quel point ce n’est pas toujours évident de trouver des produits sécuritaires. Ma sœur n’est pas la seule à chercher des alternatives, je sais qu’il y a un besoin là, que plusieurs doivent éviter les produits laitiers ou le gluten, par exemple. Ils cherchent des avenues et dans ce qui existe déjà, il n’y en a pas tant que ça. D’emblée, on avait en tête et à cœur de répondre à ce besoin. » 

Restait à trouver la formule parfaite. Celle qui transformerait le pops sur bâton en produit d’exception. Après plusieurs tests et nombre d’essais-erreurs, le couple est parvenu à créer d’heureuses combinaisons de saveurs glacées. 

« Il fallait doser nos ingrédients, trouver le bon pourcentage de sucre à intégrer dans nos barres pour parvenir à un résultat juste assez onctueux. La texture était importante, parce qu’on ne voulait pas que les gens aient l’impression de croquer dans un bâton de glace. »

Autre élément-clé : le mariage des parfums, que les deux complices voulaient original, inventif et différent de ce qui se trouvait déjà en épicerie. Pas question ici de s’en tenir à un seul fruit. Chaque sucette mettrait plus d’un ingrédient en vedette. Fraise-melon-basilic, mûre-bleuet-gingembre, mangue-carotte, coco-lime, framboise-hibiscus et kiwi-banane-menthe sont les six déclinaisons de pops glacés actuellement commercialisés par l’entreprise. 

« On a fait goûter nos produits lors d’événements estivaux ainsi qu’en épicerie, note Marie-Ève. On a tout de suite mesuré l’intérêt des gens et constaté que les petits autant que les grands aimaient nos mélanges de fruits, légumes et laits végétaux. »

Pour parvenir à ces savants mélanges, les deux Estriens ont fonctionné par palette… chromatique! 

« C’est particulier, mais pour élaborer nos variétés, on a travaillé à partir des couleurs, raconte Marie-Ève. On souhaitait des options vibrantes, mais on ne voulait pas employer de colorants artificiels. Pour la sucette glacée à la mangue, par exemple, l’ajout de jus de carottes pressé à froid permet d’obtenir un bel orangé, sans compter la valeur nutritionnelle ajoutée. Et la saveur est vraiment au rendez-vous. »

Toutes les collations glacées sont sucrées au sirop d’érable et Purpop vise obtenir sa certification biologique d’ici septembre. 

« On y tient beaucoup, parce que ça correspond à nos valeurs. On s’approvisionne aussi auprès de producteurs québécois quand c’est possible », résume Marie-Ève, qui a étudié en commercialisation de la mode avant de suivre une formation en naturopathie. Son amoureux a, de son côté, un baccalauréat en administration des affaires. 

« On n’a pas de diplôme dans le domaine alimentaire, mais on a un intérêt personnel pour le sujet. Tous les deux, on a le souci d’avoir une saine alimentation. Au sein de l’entreprise, nos forces sont vraiment complémentaires », souligne Marie-Ève.  

Les projets ne manquent pas pour la jeune entreprise qui, après trois ans d’opération à Eastman, vient de s’installer dans les locaux du Centre de valorisation des aliments de l’Estrie (CVA), près de Deauville. 

« On habite à Eastman, et c’était très important pour nous de rester dans la région, explique Marie-Ève. On n’aurait pas voulu déménager à Montréal pour faire grandir l’entreprise. Le fait d’avoir accès à des installations comme celles du CVA nous permet de prendre davantage d’expansion. On a accès à du matériel de pointe et à des entrepôts réfrigérés qui nous facilitent les choses. On a fait 80 000 barres glacées l’an dernier, on pense pouvoir franchir le cap du 120 000 cette année. » 

La malle des projets à venir est bien remplie. Les deux entrepreneurs de 26 et 28 ans caressent l’idée de développer un fudge glacé qui serait fait à partir de cacao brut. 

« Notre grosse saison, c’est l’été, mais on souhaite développer ce genre de saveurs un peu plus hivernales qui plaisent aux gens à d’autres moments de l’année. »

La mise en marché d’un format plus familial est aussi dans la mire de la PME, dont les produits sont déjà distribués dans une centaine de points de vente. Avril, Marché TAU, Rachel-Béry, certains Metro et IGA affiliés sont quelques-unes des enseignes où on trouve les boîtes de Purpop. 

« On suit le marché, on vise éventuellement rayonner plus loin. On aimerait bien, par exemple, gagner aussi le marché des dépanneurs, pour pouvoir y offrir nos options santé. »  

Autrement dit, l’horizon est ouvert... et aussi coloré qu’une sucette glacée Purpop! 

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Purpop.ca