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La pieuvre en deux façons du Tapas & Liège
La pieuvre en deux façons du Tapas & Liège

Tapas & Liège pour emporter: surprise, surprise

Sophie Marcotte
Sophie Marcotte
Le Soleil
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CRITIQUE / Entre plats rustiques et mets plus finement travaillés, Tapas & Liège amène du bon dans notre assiette.

Je me suis emballée. Ça m’arrive. Mais, à ma défense, un menu cinq services pour deux à seulement 55 $, ça annonce des petites portions, il me semble. Des tapas, tiens, comme le laisse entendre le nom du resto. Ce n’était pas du tout ça. C’était un repas plus que complet. Généreux. Bref, avec ce que j’avais commandé en extra, on en a eu pour deux soupers – un beau problème.

Commençons par les ajouts, soit trois (consistantes) tapas servies chaudes. Après 20 minutes de voiture par un froid de canard, elles étaient tièdes, sans surprise. Mais la plus réussie des trois n’avait pas pâti de cette chute de température. Un magnifique plat que cette pieuvre en deux façons! Le poulpe grillé était tendre, tandis que la terrine de pieuvre nous donnait une leçon de saveurs complémentaires avec sa robe de prosciutto. De minces rondelles de bacon s’occupaient de l’apport croustillant, et une salade tiède savamment composée de dés de rutabaga rôti, citron confit, câpres et anchois fournissait une touche acidulée. Très, très réussi.

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Les tortellinis aussi ont surpassé mes attentes : une farce de courge et mascarpone délicate, une huile de truffe qui contenait ses ardeurs, un accompagnement de fromage au lait cru Vlimeux au goût fumé fort approprié... Bel équilibre!

Le plat le plus réussi : la pieuvre en deux façons, soit grillée et en terrine. Avec le bacon et le prosciutto, on avait droit à une belle complémentarité de saveurs.

Concernant le dernier plat, un pétoncle U-10 avec déclinaison de champignons, évidemment que je n’espérais pas un mollusque impeccable après le covoiturage que je lui avais imposé. J’ai même dû, en me faisant violence, le passer 10 secondes au micro-ondes pour qu’il retrouve un peu de chaleur — je sais, vous avez envie de hurler, et je vous comprends. Mais rassurez-vous, je ne l’ai pas gâché : il a malgré tout conservé une fort belle texture. Mon bémol va plutôt à la tombée de champignons qui l’accompagnait, un brin trop vinaigrée — peut-être à cause de la marinade, à base de vinaigre de cidre, dans laquelle avaient baigné les armillaires et les pleurotes.

Le menu plus gros que prévu

Venons-en enfin au fameux menu cinq services, qui contente aisément deux personnes dotées d’un appétit normal. Servi froid, il faut en réchauffer quelques éléments.

Je passe vite sur les amuse-gueules (des gougères avec une mousse de poivrons rôtis) et sur le dessert hors saison (deux costaudes croustades aux pêches — congelées — et romarin) pour vous parler plus longuement des étoiles du match. D’abord, le hoummous aux pois chiches et carottes rôties, prodigue en cumin et d’une onctuosité exemplaire pour ce genre de préparation. Des carottes glacées au miel maison l’accompagnaient, ainsi que des pointes de pain naan que j’avais passées au four deux minutes. Le velouté-qui-n’en-était-pas-un calmait les envies de soupe roborative avec ses morceaux de volaille, ses grains de maïs, ses dés de carotte et ses fines nouilles Fideo qui y barbotaient en harmonie.

Les tortellinis à la courge et au mascarpone, avec une discrète huile de truffe. Par contre, après 25 minutes dans le contenant fermé, le fromage Vlimeux — fondu — n’avait pas aussi fière allure dans mon plat que sur cette photo…

Deuxième dose de réconfort avec la pièce de résistance, un parmentier de bœuf braisé, poireau (en quantité un peu limitée) et purée de pommes de terre gratinée au cheddar de l’Île-aux-Grues. Il ne réinventait pas la roue, mais n’en était pas moins réussi, le fromage apportant un bon quota salé qui réveillait tout le reste. Simple et savoureux. Parfois, on ne demande rien de plus.

Parfois, aussi, on est agréablement surpris par une vinaigrette, comme celle que j’avais versée sur la roquette d’accompagnement. Pourquoi n’ai-je jamais pensé à ajouter de l’origan à la recette de base (moutarde, miel, huile…)? Ça vous allume une salade.

Au dessert, je me suis régalée d’un gâteau au fromage, bleuets et estragon que j’avais aussi commandé en extra, et dont le riche goût fromagé était particulièrement exquis.

Un très bon dessert que ce gâteau au fromage, bleuets et estragon, onctueux à souhait.

Entre autres avantages, cette abondance de mets aura permis de mettre en lumière les différences entre la carte régulière, plus raffinée, et le menu hebdomadaire, où le chef Stéphane Guay explore des territoires plus rustiques. (Oui, vous avez bien lu : hebdomadaire. Au moment où vous lisez ces lignes, il a donc changé… Désolée.) À noter qu’on ne peut pas commander de vin en ligne, mais qu’on peut en acheter sur place en récupérant notre repas. Ça vaut la peine de se garder du temps pour magasiner une bouteille, leur carte est impressionnante.

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Tapas & Liège

• 1297, avenue Maguire
• Mets pour emporter du jeudi au dimanche en soirée, livraison offerte
• Commandes au tapasetliege.com
• Coût de l’addition pour l’équivalent de deux repas pour deux, avant taxes et pourboire : 116 $