Un week-end avec ou sans sexe

CHRONIQUE / À vous le week-end! Exit les obligations, la famille et les guenilles; ces trois jours sont pour vous. Carpe diem! Hôtel, magasinage, resto, massage; la vie vous appartient, histoire enfin de faire le plein. Ceci dit, qui dit vendredi, samedi et dimanche entre amoureux dit parfois aussi souci.

Oui! Comme celui de vouloir, voire de prévoir, des rapprochements. Devant cette réalité me vient l’envie de vous demander si vous êtes de ceux qui, à l’idée même de traverser le Parc ou pourquoi pas le continent, sentez cette pression, cette nécessité et cette responsabilité d’avoir à faire l’amour avec votre bien-aimé?

La fin de semaine d’amoureux parfaite?

Il est logique d’anticiper, chez le couple, la fin de semaine idéale, peu importe ce qu’elle sera. Le couple n’est pas organisé pour faire le difficile. Puisque les journées roulent à vitesse grand V, dans ma vie comme dans la vôtre, l’adulte en permission se voit la plupart du temps rarement si exigeant. Être ailleurs lui suffit.

Néanmoins, c’est souvent lorsque ce dernier se donne le droit de diminuer le tempo en termes de préoccupation, de rendement et/ou d’efficacité qu’il voit sa tête et son corps relégués à un niveau inférieur.

Cortisol et adrénaline, merci et bonsoir!

Tellement fatigués d’être aux aguets des stress autant absolus que relatifs, du repos, ceux-ci en réclamaient depuis des lunes! De ce fait, il est possible pour plus d’un de se voir, malgré toute la bonne volonté du monde, en mode paresse, oisiveté, et parfois même enrhumé. Vous comprendrez alors que l’idée même de la relation sexuelle puisse constituer un défi en soi.

Maintenant ou jamais

La voilà cette prémisse contribuant certainement au possible stress de devoir performer.

« Pour une fois qu’on est ensemble, pas le choix. »

« Cette occasion ne repassera pas de sitôt. »

« Je ne peux pas croire qu’on ne se touchera pas un peu. »

« Au prix que ça coûte, c’est le minimum. »

Ces témoignages de vacanciers illustrent peut-être des réflexions que vous avez vous-mêmes entretenues. Inutile de vous préciser que de pareilles croyances n’aident en rien à vous détendre.

Au contraire, elles nuisent à la décompression, au lâcher-prise et à l’abandon qu’exige cette première phase de la réponse sexuelle qu’est l’envie ou l’excitation.

Obligés?

Que les choses soient claires: l’obligation d’avoir recours à des activités sexuelles sans intérêt devrait être bannie à vie! À l’hôtel, au motel, au loft, dans le chalet de location, alouette; rien n’indique que devez faire l’amour ou pas. Toutes bouderies en ce sens, commentaires désobligeants, disputes, sous-entendus, et j’en passe, sont inacceptables et souvent à la base d’une possible violence sexuelle. Voyez-y.

À faire

Reconnaître l’absence de désir, l’angoisse qu’elle occasionne et les émotions qu’elle fait vivre; en voilà déjà un grand pas pour profiter davantage du congé présent. Ne reste maintenant qu’à nommer à l’autre ce qui en est pour vous et à profiter de chaque instant autrement. Qui sait, il est possible qu’une fois ces étapes affranchies, l’envie vous prenne. Allez savoir!

Parce qu’un vendredi, un samedi ou un dimanche à courailler devrait donc être merveilleux, je vous souhaite un bon week-end à tous, avec ou sans sexe.