Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

Quand le stress joue le trouble-fête

COURRIER DU LECTEUR / Je vis en ce moment une triste situation dans ma relation. En effet, depuis peu, mon ex et moi avons décidé de nous remettre ensemble. Tout va super bien. Nous avons également une vie sexuelle très active. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Lors de nos ébats, de son érection jusqu’à la pénétration, tout est normal... jusqu’à ce qu’arrive le moment d’évacuer. Là, c’est la catastrophe ! Il n’y a rien. On peut rester là des heures. Pourtant, l’excitation est à son comble. Au départ, j’ai cru que c’était moi qui ne lui plaisais plus puisqu’avant notre rupture, tout était normal. Il m’a fait comprendre que c’est certainement lié au stress, mais voyez-vous, je n’en suis pas convaincue. Je l’aime et n’ai pas envie que cela détruise notre couple. 

CHRONIQUE / En premier lieu, je vous lève mon chapeau pour cette seconde chance que vous donnez à votre couple. De nos jours, où la séparation a la cote, peu de gens traitent les difficultés conjugales comme un défi surmontable. Bravo !

Le renouement, bien qu’à première vue positif, se voit fréquemment source de stress. La pression, bien entendu, que cette seconde fois soit la bonne, celle de la réussite, celle où l’on se répète « Ça passe ou ça casse », est bien présente.

Puisque les motifs de votre séparation ne reposent certainement pas que sur des peccadilles, gageons que divers dossiers conjugaux sont à l’ordre du jour. De ce fait, il est d’autant plus louable de ressentir une certaine pression.

Anxiété de performance

Effectivement, une telle pression se rapporte parfois jusque sous la couette. Quand la tête et le coeur se voient submergés par mille et une préoccupations, dont celle d’être à la hauteur, il n’est pas étonnant que le corps abdique. Comment ? En affectant les composantes de la réponse sexuelle.

Diminution de l’excitation, difficulté orgasmique, perte d’érection, éjaculation retardée, voire absente ; voilà des soucis qui révèlent qu’il est grand temps de diminuer les tensions extérieures.

Votre homme a probablement besoin de calme, de confiance, de compréhension, de patience et d’être rassuré. L’anxiété le guette peut-être, allons savoir ?

Autrement, une explication médicale peut également préciser les motifs de l’éjaculation retardée ou de l’absence d’éjaculation. Un détour chez le médecin de famille reste donc une bonne idée.

Remise en question

« Est-ce moi ? » « Ne suis-je pas assez belle et désirable ? » « Suis-je trop petite, trop grande, trop grosse ou trop maigre ? » « Peut-être que je ne fais pas bien l’amour ? » « Et s’il y avait quelqu’un d’autre ? »

Ces préoccupations, je les entends tout le temps de la part du ou de la partenaire. Porter la responsabilité est un mécanisme ô combien fréquent, mais inutile.

Tel que vous l’a précisé votre partenaire, sa situation ne vous concerne en rien. Il est probable que seuls des facteurs intrinsèques l’amènent à ne pas éjaculer. Il revient donc à lui de gérer la situation, avec ou sans aide extérieure.

Vous accuser de tous les torts aura certes pour effet de vous faire du mal. Celui, bien entendu, de miner votre estime personnelle, mais aussi votre confiance sexuelle.

Partager ces doutes infondés n’a souvent pour effet que d’augmenter l’angoisse de performer. De quoi perturber une dynamique de couple, croyez-moi !

Bien que de « seconde main », votre couple est bel et bien nouveau. Puisque le temps est toujours le meilleur des alliés, à vous deux d’y aller progressivement, étape par étape, histoire de refaire les fondements.

Gageons qu’avec un brin de légèreté, dans la vie comme au lit, votre union deviendra une version améliorée de ce qu’elle était.