Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

Mieux comprendre les inconduites sexuelles

CHRONIQUE / Inconduites sexuelles. Un phénomène dont on a tant entendu parler au cours des dernières années. Accusations contre de supposés chouchous québécois, procès en bonne et due forme ou via les réseaux sociaux, échanges corsés sur mille et une tribunes. Tous et toutes y vont de leur opinion, mais avant de se prononcer, n’y a-t-il pas lieu de s’éduquer ? Qu’en est-il des inconduites sexuelles ? Comment se définissent-elles ? Comment se manifestent-elles ? Qui sont les victimes ? Quelles en sont les conséquences ? Voyons-y...

Le ministère fédéral de la Défense nationale illustre sa vision des inconduites sexuelles à l’aide d’un spectre de couleurs rappelant les feux de circulation.

La teinte verte représente, bien sûr, une relation, un environnement et un contexte sains, où la dignité et le respect sont assurés. Ces liens sont non toxiques et sécuritaires, ce que l’on souhaite à tous et toutes !

Dans une situation se dégradant vers la nuance jaune, les inconduites sexuelles s’immiscent graduellement, souvent sans crier gare. Langage et blagues salaces, affichage d’images sexuellement explicites, insinuations à caractère sexuel, attentions sexuelles inopportunes, textos, courriels ou images inappropriés, commentaires sexistes ou dégradants et comportements discriminatoires sont représentés. Un climat où le plaisir n’est pas partagé. Il y a officiellement lieu d’intervenir... et que ça saute !

Pour ce qui est de la nuance rouge, les inconduites sont de nature criminelle. Agression sexuelle, outrage à la pudeur, harcèlement sexuel, usage de menaces, chantage, contacts sexuels, voyeurisme ; l’heure est grave. La violence sexuelle est alors une évidence aux yeux de la loi.

Victimes et contextes

Un mythe persiste voulant que les victimes d’inconduites sexuelles soient nécessairement des femmes peu confiantes, vulnérables et sans recours. Tout faux ! Ces dernières peuvent être madame et aussi monsieur Tout-le-Monde.

Le contexte est également fort variable. Ambiance de travail, milieu de soins, environnement sportif, consultation professionnelle, résidence privée ; les inconduites sexuelles peuvent se produire partout, chez nous comme chez vous !

Portrait des auteurs

L’Ordre professionnel des sexologues du Québec suggère un portrait des auteurs d’inconduites. Comme pour toutes les formes de violence sexuelle, la majorité des coupables sont des hommes, bien que les femmes aussi peuvent en commettre. Est-ce que ceci insinue que tous les hommes sont des agresseurs ? Aucunement.

Cette source met également en lumière une étude rapportant que les hommes acteurs d’inconduites sexuelles posent plusieurs gestes sur plusieurs victimes ; les femmes, sur une seule victime. Nuance intéressante.

Au diable les étiquettes ! À l’instar des victimes, aucun portrait juste et précis ne permet d’identifier un certain type d’individus au potentiel agresseur. D’ailleurs, certains tombent parfois en bas de leur chaise en apprenant des inconduites sexuelles.

Conséquences

Les impacts de tous les types de violence sexuelle ne se quantifient pas en fonction de la nature de l’agression. Chaque victime porte son lot de conséquences, et ce, quel que soit l’acte commis. Comprenez-moi bien : des mots, des regards, des sous-entendus et des photos peuvent être aussi dévastateurs que des touchers, des contacts ou des sévices physiques sexuels.

Peur, honte, doute, remise en question, perturbation de l’estime de soi, trouble de la concentration, difficulté au travail, relations interpersonnelles perturbées, symptômes dépressifs, choc post-traumatique ; voilà autant de conséquences possibles liées aux inconduites sexuelles.

Trop souvent banalisées, les inconduites sexuelles sont alarmantes. S’y sensibiliser s’avère un premier pas pour les contrer.