Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

La diversité de genre à l’écrit

CHRONIQUE / C’est terminé, l’époque où le genre masculin l’emportait sur le féminin. Voilà que l’Office québécois de la langue française (OQLF), via sa Banque de dépannage linguistique, propose de communiquer et de rédiger autrement. Parce que l’égalité et l’inclusion semblent désormais avoir une place dans la parole et dans la rédaction, voyons aujourd’hui la possibilité d’échanger différemment.

Selon Wikipédia, le langage épicène et la rédaction épicène sont un ensemble de règles et de pratiques cherchant à éviter toute discrimination sexiste par le langage ou l’écriture. D’autres termes sont aussi utilisés, dont langage neutre, écriture inclusive et langage dégenré.

L’OQLF suggère, via ses principes généraux, d’éviter le recours au masculin générique pour rédiger des textes plus inclusifs. Hommes, femmes, personnes transgenres, fluides ou non-binaires se sentent ainsi tou.tes interpellés.es et la discrimination est écartée.

Comment l’appliquer ?

Les terminologues Marie-Ève Arbour et Hélène de Nayves y vont d’explications, mais aussi d’exemples simples, dans leur formation sur le sujet.

De prime abord, elles abordent la féminisation lexicale de mots anciens pouvant se féminiser, comme pâtissier à pâtissière ou auteur à auteure. Ne suffit que de sélectionner le bon terme en fonction du sujet, de la personne, d’une fonction ou, pourquoi pas, de proposer les deux mots.

Les pâtissières font de bons gâteaux ! Anaïs Barbeau-Lavalette, auteure à succès, est talentueuse !

La rédaction épicène, quant à elle, se rapporte à un texte. Les deux spécialistes de la terminologie précisent qu’elle consiste à employer l’appellation féminine à côté de la masculine, à abandonner progressivement le masculin générique, c’est-à-dire quand le masculin englobe les deux genres, et à rendre plus égale la représentation des femmes et des hommes dans le texte lui-même. Ceci en jouant sur les structures, les pronoms, le style utilisé, les accords, etc.

Les pâtissiers et les pâtissières font de meilleurs desserts que moi ! Le ou la bibliothécaire s’occupera des livres d’auteurs et d’auteures demain.

Possible aussi, en cas de doute, de faire référence à un adjectif épicène, soit ayant la même forme peu importe le genre. L’appellation bambin ou bambine pourrait être remplacée par jeune enfant, suggère l’OQLF à titre d’exemple.

Iel ou yel, ol ou yol, ille, ellui...

Des pronoms peuvent aussi remplacer il ou elle ! L’identité sexuelle allant au-delà du féminin et du masculin, les communautés prônant la diversité y vont personnellement d’un lexique autre, créatif et réinventé pour qualifier une personne.

Vivement les néologismes ! Pensons à frère et à soeur qui deviennent froeur ; un ou une, an ; heureux ou heureuse, heureuxe ; auteur ou auteure, autaire. De quoi s’amuser longtemps !

Demander à un tiers ou à une tierce comment iel veut se faire interpeller et quel pronom le ou la définit est une marque de respect qui fait une différence pour cette personne.

Un pas à la fois

Puisque rien ne change, mais tout se transforme, il est possible de communiquer autrement, en commençant d’abord par de simples modifications du français parlé ou écrit.

Un choix de mot épicène, une formulation inclusive, une référence à la diversité de genre ; il y a là un premier pas !