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Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

La dépendance à la pornographie

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CHRONIQUE / De la porno, encore de la porno, toujours de la porno ! Et si la pornographie prenait une grande place dans votre vie ? Qu’elle monopolisait une bonne partie de vos journées ? Qu’elle se montrait au « top-1 » de vos priorités ? Qu’elle faisait objet d’antistress, d’anxiolytique, voire même d’antidépresseur ? Qu’accompagnée ou non d’une bonne séance de masturbation, elle vous apaisait, ne serait-ce que le temps d’un bref instant, jusqu’au prochain moment ? Et si vous étiez dépendant ?

Votre rapport à la pornographie, parlons-en...

D’entrée de jeu, comprenez bien mon intention. Loin de moi l’idée de diaboliser cette fameuse pornographie. Bien que dénonçant la plupart du temps cette dernière dite mainstream, aux allures stéréotypées et génitales à la puissance dix, sachez que je considère qu’effectivement, il soit possible de considérer cette dernière comme une distraction en amusant quelques-uns et quelques-unes. Nécessairement une question de contrôle.

En dépit que la dépendance à la pornographie représente encore en 2021 une réalité non répertoriée, à juste titre, dans les critères diagnostics du DSM-V, bible de l’American Psychiatric Association, elle reste et demeure pourtant bien réelle ! Des personnes dépendantes à celle-ci, en voulez-vous ? En voilà !

Comme pour toutes autres dépendances, elle peut se définir par une pratique inadaptée, persistante et répétée conduisant à une altération du fonctionnement social, professionnel, scolaire ou dans d’autres domaines significatifs. La préférer aux contacts sexuels réels, une éventualité répertoriée dans plus d’un cas. Que d’évitement !

Plus forte que tout, certains chercheurs l’associent également à cette compulsion, cette envie irrésistible d’avoir accès à de la pornographie, coûte que coûte. Divers miseront sur une quantité incroyable de contenus, alors que d’autres se montreront plus spécifiques en termes d’exploration. Un degré supplémentaire de perversion, précision, contexte, personnage les alimentera.

Elle amène également cette souffrance intérieure. Cette volonté vaine de reprendre le contrôle en diminuant sa consommation ou encore en la cessant complètement.

La dépendance guette qui ?

Tellement accessible que cette pornographie. Il ne suffit que d’un téléphone, une connexion internet, un clic, et c’est parti ! Personne n’est donc à l’abri de développer un jour ou l’autre une dépendance à cette dernière. Ni elle, ni lui, ni vous, ni moi !

Cela dit, les nombreuses statistiques rapportées sur le phénomène placent davantage les hommes comme étant de potentiels accrocheurs. Notez bien, chers parents, que les adolescents ne sont pas en reste, surtout dans un contexte pandémique où les « pitons » semblent être un loisir de prédilection, faute de mieux.

Conséquences

Rien d’anodin que de visionner à répétition ce monde sexuel majoritairement faux, pour ne pas dire irréel. L’insensibilité devant un comportement sexuel semble omniprésente. Un peu comme un grattage de tête ou une simple poignée de main, une pénétration ou encore une fellation apparaissent, à la longue, assez platoniques.

Pas étonnant de voir subséquemment apparaître un possible désintérêt pour la relation sexuelle digne de la « vraie vie ». Diminution du désir sexuel, trouble de l’érection ou éjaculatoire peuvent ainsi donc s’en suivre, tout comme divers enjeux interpersonnels et conjugaux.

La tolérance à la domination masculine et l’objectivation de la femme, la masturbation compulsive et les lésions péniennes, les hausses du taux de violence sexuelle et de la criminalité, la perturbation de la santé mentale, les soucis professionnels et scolaires, alouette, tous des contrecoups rattachés à la pornographie.

Puisqu’un mal réel que la dépendance à la pornographie, la reconnaître pour ensuite demander de l’aide constitue un début de la solution. Pensez-y.