Myriam Bouchard

Hymne au clitoris

CHRONIQUE / Le clitoris, cet organe humain ayant pour seule fonction d’offrir du plaisir. Scientifiques de ce monde, s’abstenir pour la cause, je vous prie!

C’est en revenant encore une fois sur ce court métrage d’animation de Lori Malépart-Traversy, proposé par l’Institut national de la santé publique et appelé justement Le Clitoris, qu’a surgi en moi l’étincelle de revenir sur les vertus de ce dernier.

Ô combien souvent relégué aux oubliettes, usé jusqu’aux balbutiements de ses capacités, parfois effleuré non sans dédain, ignoré à force de convictions erronées sur sa nature, ce film propose historiquement et humoristiquement une vision positive de son plein potentiel. Voyons-y.

Anatomie 101

Qui dit clitoris imagine possiblement ce petit rikiki abouti situé à la croisée des chemins entre le bout du bout du pubis et l’intersection des petites lèvres de ces dames.

Eh bien sachez que ce gland clitoridien ne représente, toute proportion gardée, que la pointe du plus gros iceberg n’ayant pas encore fondu de l’Antarctique.

Effectivement, tel l’escargot des jardins secrets, cette partie féminine du corps cache la quasi-totalité de son entité dans les entrailles de la vulve. S’y retrouvent deux grandes racines de 10 centimètres ne cherchant qu’à être stimulées. Imaginez!

Diplômée en cinéma d’animation à l’Université Concordia, Lori précise qu’à l’instar d’un « petit pénis », le clitoris se gorge de sang pour ensuite s’allonger lorsqu’il est excité. Muni d’une multitude de capteurs sensitifs, sa réceptivité aux chatouilles lui permet ses montées au Nirvana. Rien de moins.

À cet égard, s’il faut réellement faire une distinction, par son appropriation territoriale, sur l’ensemble des organes génitaux externes incluant les portes du vagin, l’orgasme clitoridien se voit souvent confondu par le vaginal.

Plaisir au féminin

Dans cette même ligne d’idées, fréquentes sont ces femmes en quête dudit orgasme, quel qu’il soit. Soifs de point G, de plaisirs vaginaux, d’éjaculation de toutes sortes, de multiplications des sensations, c’est entre les quatre murs de mon bureau qu’elles font le constat d’ignorer leur clitoris.

Tel le chaud combat entre David et Goliath, miser seulement et uniquement sur la zone vaginale interne pour atteindre l’apogée représente un grand risque. Celui de se retrouver bredouille, vous l’aurez compris!

Bien que la pornographie et les médias d’aujourd’hui proposent de ces amantes comblées à l’idée même d’être pénétrées, rares sont celles qui, dans la vraie vie, ne réclament pas préalablement et/ou uniquement ces caresses clitoridiennes pour arriver à leurs fins. Bye Freud!

Faites connaissance

Enchanté! Puisqu’il n’est jamais trop tard pour se lancer, si les présentations officielles n’ont pas encore été faites entre vous et monsieur le clitoris, lancez-vous!

Bien qu’ayant historiquement eu mauvaise presse, soyez au fait que la masturbation n’assure plus ni la cécité ni la surdité. Elle ne vient également pas avec un aller simple vers l’hôpital psychiatrique ou encore les âtres de l’enfer.

Recommandée dans une perspective de connaissance de soi, cette dernière augmente en fait la possibilité d’un épanouissement sexuel plus grand.

Logique! En plus d’être autonomes, celles se connaissant bien se voient forcément en mesure de donner les meilleures indications à qui l’accompagnera. Après tout, rares sont celles ayant comme accompagnateur ou accompagnatrice ce devin capable d’anticiper avec exactitude les volontés de l’autre.

N’étant jamais mieux servi que par soi-même, comme le propose le dicton, à vous de voir, gent féminine, les grandes capacités qu’offrent votre clitoris.