Des relations intimes malaisantes

COURRIER DU LECTEUR / Bonjour Mme Bouchard, Venant d’une famille où l’intimité est importante, je fais face à une situation inconfortable depuis que mes enfants sont ados et reçoivent de la visite à dormir. Celle-ci concerne les rapports intimes que ces derniers ont dans ma demeure. Personnellement, je dois préciser que je n’ai aucun problème lorsque cela reste dans leur chambre respective [...]. Cependant, devrais-je accepter de laisser mes enfants prendre des bains ou encore des douches avec leur copine lorsque nous sommes présents dans la maison ? Il est à noter que la salle de bain est adjacente à ma chambre. Je vois cela comme un manque de respect ce qui me met en colère. J’ai de la misère à concevoir que le jugement de mes enfants n’est pas suffisamment grand pour comprendre que certaines situations soient inacceptables. Après avoir discuté avec ma conjointe, je me suis rendu compte que j’étais le seul dérangé par la situation. Alors, accepteriez-vous que votre ado fasse l’amour dans la salle de bain voisine pendant que vous êtes tranquille dans votre chambre à regarder un film ?

CHRONIQUE / Les grands questionnements ! Merci de votre témoignage interpellant certainement plus d’un parent de « grands enfants ».

Il y a effectivement de ceux qui se voient dérangés, pour ne pas dire outrés, devant l’indifférence des notions d’intimité de leur progéniture.

Être au courant qu’elle a une vie sexuelle active, en voilà une chose. En être témoin, c’est une tout autre histoire légitimant le malaise pour la plupart.

Ceci dit, ne pas s’en préoccuper peut aussi devenir une réalité familiale envisageable. C’est selon.

« C’est chez moi »

Le voici cet argument que propose ce jeune adulte, voire même l’adolescent, s’adonnant dans sa propre maison à des agissements sexuels en dehors des limites de la discrétion. Au-delà de la modestie, son manque de perspicacité ne semble aucunement l’affecter.

Douche interminable, lit qui craque, séance cloîtrée dans une chambre à coucher sexuellement malodorante, aller-retour à la salle de bain, jouissance cacophonique, puisqu’il est chez lui, tout lui semble permis.

Au grand dam de ses parents, frères et sœurs. Après tout, qui ne dit mot consent, dit-on.

Le cadre parental

L’envie me prend, monsieur, de vous demander si les règles, les attentes et les consignes de votre maison sont claires, nettes et précises ?

Oui, tel le bébé, le trottineur ou l’enfant, les plus vieux, incluant aussi les « Tanguy-des-temps-modernes » ont besoin de directives.

Inutile d’attendre la prise de conscience, le jugement suprême, l’illumination de vos trésors adorés.

En tant que parent, vous avez le privilège, la nécessité, l’obligation de dicter le cadre, ne serait-ce que dans votre maisonnée.

À eux de s’y accommoder.

Du berceau au tombeau, ce n’est pas à ceux-ci d’établir ce qui est acceptable ou non chez vous.

De ce fait, d’inverser les rôles dans ce présent contexte peut fort probablement justifier votre inconfort.

Je vous déclare donc le président-directeur général de votre salle de bain ! À vous de rectifier le tir.

Élever des enfants à deux

Le défi d’un couple ad vitam aeternam ! S’entendre dans l’éducation des enfants, c’est un sacré mandat.

Puisque tout est sujet à devenir sujet de litige, la communication et l’établissement de stratégies communes restent certainement la clé du succès.

Le compromis, l’écoute, le respect des limites de l’autre, de ses croyances et valeurs, l’ouverture, l’affirmation, alouettes, sont toutes des vertus nécessaires menant au succès familial, mais aussi conjugal.

Une petite rencontre serait hypothétiquement nécessaire chez vous.

Ce qui est admissible chez nous ne l’est possiblement pas chez vous, ou vice-versa.

Ici aussi, tout est relatif. L’important est d’être en contrôle de sortes d’obtenir ce niveau de confort tant mérité sous votre toit.

Bonne continuité.