Les plats commandés au Bati Cantine
Les plats commandés au Bati Cantine

Pour emporter: Bati Cantine, le Cambodge sur le pouce

CRITIQUE / Feuilles de lime kaffir, coco, cari, citronnelle: si vous êtes friand de ces saveurs, vous risquez bien de raffoler de la cuisine de rue cambodgienne de la Bati Cantine, dans Saint-Roch. Toujours en version pour emporter, nous l’avons dégustée avec des étoiles plein les yeux. 

«Je pense que c’était un des meilleurs repas que j’ai mangés depuis longtemps», a décrété David après avoir avalé sa dernière bouchée de bœuf Saolin. Je me suis opposée mollement à son sens de l’exagération — Cendrillon, La Tanière : la récente concurrence était féroce —, mais il fallait bien le reconnaître : ce souper était excellent. Et différent.

Évidemment, la Bati Cantine n’apporte pas le même soin maniaque aux détails qu’une grande table gastronomique. Mais ce qu’elle fait, elle le fait plus que bien. Sucré, aigre, piquant : les saveurs et effets ne transgressent jamais les frontières du pays de l’harmonie. Les parfums de citronnelle et de feuilles de lime kaffir explosent en bouche, mais sans excès. Les cuissons sont irréprochables. Et surtout, ces plats sans flafla nous font voyager, ce qui n’est pas à dédaigner ces temps-ci.

Le sandwich Nõm Pangh sach aux lanières de porc laqué BBQ, garni de légumes marinés et d’une sauce sucrée-vinaigrée.

N’ayant jamais mis un orteil en Asie du Sud-Est et n’ayant donc jamais goûté à la cuisine du cru, loin de moi la prétention de juger de leur authenticité. Mais mon petit doigt me dit qu’on n’est vraiment pas loin de ce qu’on peut manger au coin d’une rue animée de Phnom Penh.

La surprise a été d’autant plus grande qu’à mon dernier — et lointain — repas au Bati Bassac (qui s’écrivait Bassak à l’époque), je n’avais pas été impressionnée. Les choses ont changé, et l’annexion de cette cantine dans le stationnement adjacent au resto, en 2018, est un extra à valeur ajoutée. D’ailleurs, cet été, une grilladerie cambodgienne s’installera sur la terrasse, m’a-t-on appris.

Savant équilibre

Je bavarde, je bavarde, mais qu’avons-nous donc mangé de siiii bon, vous demandez-vous avec raison. Je vous balance ça dans le désordre, un peu comme nous avons consommé ces nombreux plats, pigeant dans l’un, retournant goûter à un autre, comme des enfants devant un sac de jujubes.

Il y avait d’hallucinantes boulettes de maïs, croustillantes et relevées du goût vif de la feuille de lime kaffir, que j’adore. Aussi dans l’appareil, de la farine de riz, du cari rouge, du cumin, des graines de sésame noir et, enrobant tout ça, de la noix de coco râpée. Vous avez dit bonheur?

Un duo de choc: le poulet frit cambodgien et les boulettes de maïs saupoudrées de noix de coco.

Autre petit délice : le poulet KFC, version cambodgienne très éloignée des barils du colonel. Tendres en dedans, croustillantes en dehors, les ailes de poulet entières étaient nappées d’une sauce miel et pomme agréablement sucrée et épicée.

Pour venir rincer nos papilles de ces fritures, la salade de papaye verte faisait son effet. Bien pimentée, entre aigre et sucrée, et garnie d’arachides broyées, elle était rafraîchissante — mais j’augmenterais le ratio carotte/papaye à l’avantage de cette dernière.

La rafraîchissante salade de papaye verte, avec carottes, arachides et chips au porc.

J’ai beaucoup aimé le goût franc de citronnelle de la brochette de bœuf Kroeung, de même que le bœuf Saolin, l’un des plats signature. Légèrement panés, les morceaux de viande sautés baignaient dans une excellente sauce teriyaki à l’orange, en compagnie d’une bonne portion de riz au jasmin et de tronçons de carotte et de courgette — j’avais demandé l’exclusion des poivrons, puisque mon estomac ne les tolère pas. Ce qui donnait son oumf au plat? Des zestes d’orange confite aromatisés au sésame. Oh oui.

Le bœuf Saolin, au goût d’orange juste assez présent.

Du populaire sandwich Nõm Pangh sach, c’est le pain brioché, épais et à la mie moelleuse, qui a retenu mon attention, ainsi que la sauce nappant les lanières de porc laqué BBQ : sucrée-vinaigrée, elle me rappelait la sauce garnissant certains banh mi (un sandwich vietnamien). Des légumes marinés (chou, carotte, concombre, fèves germées) et de la coriandre complétaient ce costaud assemblage.

Après les mets pour emporter goûtés dans les dernières semaines, qu’il fallait réchauffer ou dresser, ça faisait du bien, quand même, d’avoir un repas clé en main. Le seul plat qu’on a passé au four, c’est le dessert — trois heures après le souper, le temps que nos estomacs retrouvent leur souffle. Des trois beignets, je vous le confie, c’est celui aux pommes, le meilleur.

Bati Cantine

  • Commandes pour emporter tous les jours, et le soir du mardi au dimanche
  • Livraison offerte à coût variable
  • Menu au cantinebati.com, commandes au 418 522-4567 (le site Web transactionnel sera en fonction d’ici quelques jours pour les commandes en ligne)
  • Coût de l’addition pour un gros repas pour deux (six plats et trois beignets), avant taxes et pourboire: 74 $