L’entrée d’arancinis aux champignons avec sauce marinara du Fin Gourmet.
L’entrée d’arancinis aux champignons avec sauce marinara du Fin Gourmet.

Pour emporter: au Fin Gourmet, Elsa, elle l’a

Sophie Marcotte
Sophie Marcotte
Le Soleil
CRITIQUE / De l’amour et des produits d’ici : c’est ce qu’on trouve en quantité dans les plats du Fin Gourmet, mitonnés par Elsa Bhérer.

Ça fait 14 ans qu’Elsa Bhérer met la main à la pâte dans ce petit resto de l’avenue Raoul-Jobin, dans l’ouest du quartier Saint-Sauveur. Au début, à l’âge de 18 ans, elle a commencé par épauler sa mère, Marina, propriétaire de l’endroit, en se chargeant du service. Elle a ensuite suivi un cours de sommellerie, a acheté des parts du restaurant, et depuis trois ans, elle est chef copropriétaire.

C’est donc elle qui injecte de l’amour dans les moules en escabèche, acras de morue, ris de veau, fish & chips et autres plats, pour le moment encore uniquement offerts pour emporter. Les desserts, qui m’ont à chaque visite laissé un souvenir précieux, sont quant à eux toujours le terrain de jeu de sa mère.

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Des mets tout prêts, ce sera bienvenu en ce samedi de travaux de rénovation où nous n’avons ni le temps ni l’envie de cuisiner. J’ai failli craquer pour l’assiette de tapas, toute en fraîcheur et suffisante pour constituer un repas, mais David et moi avons finalement respecté la sainte trilogie entrée-plat-dessert, avec en extra un pain de la boulangerie Le Soleil Levain, à Deschambault.

Belle maîtrise des textures dans l’entrée d’arancinis aux champignons avec sauce marinara.

Pour commencer, direction l’Inde avec du chou-fleur rôti au garam masala et gratiné de parmesan, dans une sauce coco, lime et oignons. L’aspect est beige, mais pas le goût! C’est gorgé de saveurs et ça réchauffe le cœur. Les arancinis sont eux aussi réussis, particulièrement leur coque frite, mince et étonnamment peu grasse. À l’intérieur, un risotto cuit dans un bouillon de pintade, du parmesan, des morceaux de portobellos et de champignons de Paris… et des poivrons qui jouent les envahisseurs — j’en incorporerais moins, pour mieux mettre les champignons en valeur. Mention à la sauce marinara, très peu acide — je sais, c’est une obsession chez moi.

Nous aurions pu acheter du vin sur place — il y en avait de très inspirants —, mais nous voulions prendre une pause d’alcool. Sauf qu’une fois attablée devant l’appétissant cassoulet, je refuse de l’accompagner d’un vulgaire verre d’eau, et je vais chercher un reste de rouge de Jean-Paul Daumen (Méditerranée, 2018) dans notre petit frigo à vin. Heureuse idée! Il se marie bien à ce mijoté tout simplement parfait : des hauts de cuisse d’une émouvante tendreté et goûteux à souhait (ils ont été confits dans le gras de canard), deux excellentes saucisses de canard confit de la Maison du gibier, des lardons en quantité, des haricots blancs, quelques légumes — chou-fleur, carottes, courge musquée —, le tout dans une sauce épaisse qui accueille avec joie la visite d’un bout de pain. Un plat presque aussi réconfortant que les étreintes d’êtres chers qui nous manquent tant.

Le réconfort est à la mode cet automne. Vous en trouverez une bonne dose dans l’impeccable cassoulet du Fin Gourmet.

Le tartare de thon nous laisse mi-figue mi-raisin. Sa sauce vierge à la putanesca ne lui procure pas beaucoup de liant, et des morceaux de poivrons rouges sont encore ici un brin expansifs. Les frites brunes, elles, nous rappellent d’agréables repas estivaux dans les casse-croûtes, mais leur mayonnaise au pesto de fanes de carottes et persil les élève dans une autre catégorie. Avec ça, une salade mesclun et de bons croûtons gorgés de beurre.

Comme d’habitude, nous n’avons plus faim, mais trois desserts nous attendent. Il faudra leur faire honneur. On réchauffe d’abord au four les bottereaux, de jolis petits beignets frits originaires de Nantes, enrobés de sucre et contenant de l’eau-de-vie (ici, du kirch discret). C’est le conjoint d’Elsa qui les fait, apprendrai-je plus tard; il est Nantais, et c’est la recette de sa grand-mère. Ensuite, place au moelleux gâteau aux carottes de Marina, qui réserve de belles surprises — ananas, abricots, noix de Grenoble — et dont le crémage fromagé est très peu sucré, ce qui me plaît beaucoup. On a gardé le meilleur pour la fin : le gâteau aux dattes et chocolat, nappé d’une sauce au caramel à la fleur de sel. Une combinaison d’ingrédients que personne ne pourrait désapprouver.

Les desserts de Marina, copropriétaire du resto avec sa fille Elsa, sont renommés depuis plus de deux décennies. Ici, son gâteau aux dattes et chocolat nappé de sauce au caramel salé.

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Fin Gourmet

• Mets pour emporter du mercredi au samedi soir et du mercredi au vendredi midi.
• Commandes au lefingourmet.ca ou au 418 682-5849
• Coût de l’addition pour un repas (deux entrées, deux plats, du pain et trois desserts), avant taxes et pourboire : 94 $