Les nombreux plats commandés au Mezzé ont fait souffler une douce brise grecque sur notre confinement.
Les nombreux plats commandés au Mezzé ont fait souffler une douce brise grecque sur notre confinement.

Papilles vagabondes: les plats pour emporter de l'Éléphant et du Mezzé

Sophie Marcotte
Sophie Marcotte
Le Soleil
CRITIQUE / Puisque c’est le moment de trouver des façons de voyager sans bouger, on a convié l’Inde et la Grèce à la maison cette semaine, grâce aux plats pour emporter de l’Éléphant et du Mezzé.

ÉLÉPHANT

Ce petit resto semi-caché, tenu par le proprio de Laurentien Buvette gourmande et le chef Darryl Masih, n’est pas encore ouvert physiquement, mais a pris la crise par les cornes et décidé d’offrir quelques plats pour emporter. Son créneau : des recettes indiennes traditionnelles revisitées.

La courte carte peut être complétée par quelques plats du Laurentien, mais David et moi nous en sommes tenus à l’indien, question de se réchauffer les papilles — et l’âme, du même coup. J’ai commandé et prépayé dans l’après-midi par l’intermédiaire de la plateforme UEAT, et demandé une livraison à 18h. À 17h59, le livreur cognait à notre porte. Comme je m’y attendais, les plats sont arrivés froids, mais dans des barquettes allant au micro-ondes.

Savoureux et parfumés, les mets indiens de l’Éléphant réchauffent l’âme.

Tous accompagnés d’un riz basmati al dente et parfumé, les mets nous ont séduits par la richesse de leurs saveurs et leurs cuissons maîtrisées. Dans l’assiette aloo gobi, des morceaux de chou-fleur et de pommes de terre croquants baignaient dans une sauce au garam masala, tomates et chili. Belle cuisson aussi du côté du curry de bœuf Madras, sauce onctueuse, mais légèrement trop tomatée — perso, j’ajouterais des épices et du gingembre, somme toute discret. C’était quand même une joie d’y tremper le pain naan au beurre à l’ail maison.

Le meilleur plat? Le poulet au beurre, différent de tous ceux que j’ai déjà goûtés ou cuisinés. Peut-être à cause des épices utilisées? Il ne me semblait pas contenir de cari. Un goût presque fumé en ressortait, qui rappelait le charbon. Unique. Et excellent.

Au dessert, nous avons quitté l’Inde avec une tartelette choco-café nappée de caramel. Un fort bon repas, qu’on aurait pu arroser d’une bière de microbrasserie québécoise ou d’un vin figurant à la carte. Sauf que c’était jour sans alcool pour les confinés que nous sommes…

Éléphant

  • Commandes pour emporter (par téléphone, courriel, Facebook ou UEAT), le midi en semaine et tous les soirsLivraison offerte dans plusieurs secteurs de la ville, pour 6,75 $
  • Menu Internet et info sur Facebook 
  • Coût de l’addition pour deux, avant taxes, pourboire et livraison: 43,35 $

*****

LE MEZZÉ

J’adore cette taverna grecque. Depuis longtemps. C’est une dose de soleil instantanée, du bonheur à chaque bouchée. J’étais donc ravie de l’encourager en commandant plusieurs de ses petits délices. (À noter qu’il est recommandé d’appeler la veille.)

Quand je suis allée chercher notre repas, j’ai applaudi à l’idée de l’équipe: disposer les vins sur des tables alignées, avec les prix bien en vue (et abordables, entre 20 et 40 $). Pétillants, blancs, rouges, nature… L’employé qui m’a accueillie connaissait bien ses produits, et m’a conseillé un excellent blanc dont j’ai oublié de noter le nom avant qu’il disparaisse à la récup, mais bon, sachez que vous serez bien aiguillés.

Toujours impeccable, la pieuvre grillée du Mezzé est un incontournable.

En déballant les sacs chez moi, je me suis dit qu’on avait exagéré… Des mezzés (hors-d’œuvre) chauds et froids, de la pieuvre, du poulet, un fromage frit, une salade, un baklava... Nous aurions sûrement un dîner pour le lendemain (je vous dévoile déjà le punch: non).

Le temps de prendre des photos, les calmars avaient refroidi; direction le four pour cinq minutes. Quelle qualité! Même réchauffés, ils n’avaient pas raidi d’une fibre. Ils se sont vite envolés, couplés au tzatziki qui les accompagnait. Le tarama (une mousse d’œufs de cabillaud), onctueux et d’un salé marin bien présent, était superbe avec les pitas (eux aussi réchauffés au four, avec un peu d’huile d’olive). Même bonheur avec le féta frit arrosé de miel grec attiki et saupoudré de sésame — un bel équilibre sucré-salé. Un mezzé qui pourrait faire office de dessert.

Fidèle à elle-même, la pieuvre grillée était d’une tendreté impeccable. Et ce petit goût indéfinissable… j’ai bien tenté de savoir dans quoi elle est pochée, mais c’est un secret de famille. Son accompagnement d’oignons rouges, câpres rôties et réduction de balsamique au miel lui sied à merveille.

Le reste a aussi disparu en entier, que ce soit la salade marouli (romaine, concombre, câprons, aneth, menthe, huile d’olive, jus de lime) ou le demi-poulet de Cornouailles rôti au citron et origan, qui a d’ailleurs bien plu à l’un de mes chats, venu chiper un morceau sur la table. Un baklava, généreux en noix et nappé d’un délicieux miel de thym, a joliment conclu ce lumineux festin.

Finale tout en miel, en noix, en cannelle et en muscade avec le baklava du Mezzé.

Je me répète: encouragez les restos qui font des pieds et des mains pour survivre à cette crise, surtout que ce qu’ils offrent est à la hauteur de ce qu’ils servent en salle.

Le Mezzé
418 692-5005

  • Commandes téléphoniques pour emporter, du mercredi au dimanche de 13h à 19h
  • Livraison offerte au centre-ville, pour 3 $
  • Menu sur Facebook
  • Coût de l’addition pour deux, avant taxes, pourboire et alcool: 83,50 $