Les différents éléments du menu du vendredi, avant préparation et assemblage.
Les différents éléments du menu du vendredi, avant préparation et assemblage.

Groupe La Tanière: kits gastronomiques à assembler 

Sophie Marcotte
Sophie Marcotte
Le Soleil
CRITIQUE / Amateurs de bonne bouffe et de jeux d’assemblage (modèles à coller, Lego, meubles IKEA), vous aurez un plaisir fou à «fabriquer» les trois soupers pour emporter du Groupe La Tanière.

Rassurez-vous, préparer et dresser les assiettes de ce menu spécial prend beaucoup moins de temps que monter une bibliothèque BILLY. En 15 ou 20 minutes, vous obtiendrez un repas digne d’un grand restaurant, et comme vous aurez (très légèrement) mis l’épaule à la roue, vous éprouverez même une certaine fierté d’avoir «créé» de si beaux plats.

Voici le concept : le Groupe La Tanière propose chaque semaine un menu différent, à base de produits locaux, intitulé «3 soirées d’exception» et destiné à vous nourrir le vendredi, le samedi et le dimanche. Idéalement, vous le commandez six ou sept jours avant. Quand j’ai acheté le nôtre, le prix était de 150 $ pour trois repas pour deux (il a depuis augmenté à 165 $). Faites le calcul, ça revient à 25 $ par personne par soir pour un souper gastronomique trois services. Une aubaine! Des accords mets-vins sont aussi offerts.

Comme j’avais envie d’aller marcher dans les environs de place Royale, désertée de ses touristes, je suis allée chercher la commande au resto, vendredi après-midi, plutôt que de la faire livrer. On fait la file à l’extérieur et on récupère notre précieux par une fenêtre ouverte, un peu comme au service à l’auto, mais à pied.

Préparation et dégustation

Contrairement à mon chum, j’adore suivre des modes d’emploi. J’étais donc ravie de parcourir le feuillet d’instructions détaillant les étapes pour préparer et dresser chaque plat. Rien de compliqué ici. En gros, il faut réchauffer les sauces ensachées dans l’eau bouillante, les viandes ou poissons sur une plaque au four, et les purées au micro-ondes. C’est tout!

Les différents éléments du menu du vendredi, avant préparation et assemblage.

Le repas du vendredi a été notre favori, même si je ne suis pas fan de viande rouge. En guise d’entrée, un bel avant-goût de ce printemps qui se laisse désirer : crevettes nordiques et omble fumé (délicieux et fondant) servis sur une salade de pomme compressée, carottes nantaises et concombre, avec quelques croûtons. Seul défaut de ce plat frais : l’eau rendue par les concombres et les pommes, qui empêchait la vinaigrette de bien adhérer.

L’entrée du vendredi soir : crevettes nordiques et omble fumé servis sur une salade de pomme compressée, carottes nantaises et concombre.

Ont suivi des médaillons de bison poêlés sur une purée de chou rouge lisse comme un rêve, avec sauce au cassis, panais rôtis et salade de chou. Cuisson impeccable de la viande, mais surtout une splendide union de saveurs avec le chou rouge et l’acidité du cassis. Ajoutez à cela que c’est le genre de plat que nous ne cuisinons jamais, et voilà l’indice de bonheur qui augmente, avant d’atteindre son apogée au dessert, grâce à des choux farcis de mousse à la camerise (un petit fruit qui goûte un peu la framboise et le bleuet), d’un peu de crème et de quelques camerises confites. Délectable.

En plat principal vendredi, nous avons eu droit à du bison poêlé sur une purée de chou rouge, avec sauce au cassis, panais rôtis et salade de chou.

L’apport des détails

Samedi, l’entrée, qui semblait classique sur papier, a généré une agréable surprise. Sur des tranches de pain au sapin baumier réchauffées au four, on étalait de la mousse de foie de volaille qu’on garnissait ensuite d’un chutney de courge et canneberge et de l’ingrédient qui donnait des airs de fête à l’assiette : un muesli sucré composé de riz sauvage, graines de tournesol et graines de citrouille pralinés au sirop d’étable. Et ce léger goût de sapin, combiné au foie de volaille et aux canneberges, c’était magique… Comme d’habitude, l’équipe de la Tanière mise sur les détails, et remporte le gros lot.

Au plat principal, c’est surtout la texture du saumon rôti — à la fois dense et légère, étonnamment — qui a suscité l’admiration. Un produit de grande qualité, du Nouveau-Brunswick. Le poisson était servi avec purée de céleri-rave, crémeux de graines de tournesol à la fleur d’ail, échalote braisée et sauce crème au vin blanc (avec vert de poireau et persil). En finale sucrée, des tartelettes à l’érable.

La boîte à surprises : celle des desserts

Pour le dernier repas, nous étions plus en territoire bistronomique. Adaptée à ce dimanche pluvieux, la crème de betteraves rôties d’un fuchsia vibrant, parsemée de chèvre frais aux herbes, était excellente. Le réconfort s’est poursuivi avec un poulet de Cornouailles en crapaudine grillé, pommes de terre grelots rôties aux herbes, compotée de tomates confites et sauce chimichurri. Autre gros coup de cœur pour le dessert : une mousse aux cerises et amaretto Avril dans une coque de chocolat blanc. Wow.

Ces «3 soirées d’exception» sont assurément une belle façon de se gâter même si on est confiné, ou de combler un proche — la fête des Mères arrive, je dis ça comme ça… Et pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer 150 $, pourquoi ne pas diviser la commande en trois, avec des amis? Ce n’est sûrement pas illégal de manger le repas du dimanche un vendredi…

Groupe La Tanière

• Commandes en ligne pour emporter
• Livraison offerte jusqu’à Saint-Augustin et Lac-Beauport, pour 10 $
• Info et commandes au kerrmess.com/commande
• Coût de l’addition pour trois repas trois services pour deux, avant taxes et pourboire : 150 $