Le parc Alamo désert, près des célèbres maisons victoriennes surnommées <em>Painted Ladies</em>, avec le centre-ville illuminé de San Francisco au loin.
Le parc Alamo désert, près des célèbres maisons victoriennes surnommées <em>Painted Ladies</em>, avec le centre-ville illuminé de San Francisco au loin.

Vivre confinée… à San Francisco

Certaines villes sont plus jolies que d’autres en temps de confinement. À preuve, cette photo d’Anne-Pier Voyer prise lundi au parc Alamo, près des célèbres maisons victoriennes, avec le centre-ville illuminé de San Francisco au loin. Le Mag vous présente la photo et le récit de cette expatriée en temps de crise de la COVID-19.

Nom : Anne-Pier Voyer
Âge : 33 ans
Profession : psychologue pour enfants, adolescents et jeunes adultes

Qu'est-ce qui vous a amenée à San Francisco?

«Nous sommes déménagés à l'automne 2017 pour le programme de MBA de mon mari Gabriel Dion à la Hult International Business School. Diplômé depuis 1 an, il travaille maintenant à temps plein comme consultant en localisation de site (traduction libre de site locator)pour une firme d'immobilier commercial. Pour ma part, je suis psychologue pour enfants, adolescents et jeunes adultes pour le Pacific Anxiety Group, une clinique privée de la Bay Area (je travaille à Menlo Park et à San Francisco). Pour l'instant, j'offre uniquement des rencontres en ligne, service que j'avais commencé à offrir depuis quelques mois déjà à certains patients. Le nom de notre chien est Willis (@willis_the_westie sur Instagram).»

Comment se passe la crise de la COVID-19 et le confinement chez vous?

«Nous sommes tous les deux en santé et extrêmement reconnaissants de pouvoir continuer à travailler de la maison. Notre chien est aussi bien heureux. Les mesures de distanciation sociales dans les commerces essentiels (limite du nombre de clients au même moment, distance entre les clients dans la file pour payer, heures spéciales pour aînés et personnes à risque) ont pris plus de temps à se mettre en place à San Francisco qu'au Québec et peuvent être assez variables d'un commerce à l'autre, notamment pour la désinfection des paniers.

Aussi, il faut encore user de stratégie pour obtenir du papier de toilette ou des produits nettoyants (aller à la pharmacie du coin le mardi matin à 8h55 parce qu'on sait qu'ils reçoivent leur commande à ce moment et que l'heure d'accès pour les personnes âgées est presque terminée et que la file d'attente ne sera pas trop longue à ce moment). Mes parents me disent qu'ils doivent se laver les mains avant d'entrer dans les commerces à Québec, ce qui n'est pas le cas dans les grandes surfaces de San Francisco que nous fréquentons. Le système d'assurance santé est si compliqué qu'outre les possibles effets de la maladie, on craint également de devoir naviguer à travers les assurances, l'hôpital et les possibles factures astronomiques.»

Travaillez-vous pendant la crise?

«En tant que psychologue, il est intéressant de vivre cette crise et de pouvoir supporter des patients avec des profils anxieux et dépressifs. Puisque cette situation est synonyme d'inconnue pour tout le monde, il est aussi intéressant de partager le sentiment d'incertitude avec eux et de discuter de l'importance de porter son attention sur les éléments que l'on peut contrôler dans le contexte.»

Vous ennuyez-vous du Québec?

«Il est particulier de savoir que nous ne pouvons pas retourner à Québec pour l'instant. Nous souhaiterions être près de nos familles et amis de Québec, mais on sait bien qu'on ne pourrait pas plus les voir que via FaceTime/Messenger ce qu'on fait déjà à partir de San Francisco. Entre temps, le confinement nous pousse à découvrir et redécouvrir les rues et quartiers à proximité de notre appartement, apprécier la chance que l'on a d'être ici, d'être en santé et d'avoir adopté Willis deux mois avant que tout cela ne débute!»

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