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Partir vivre en France: brasser des affaires de Paris

Raphaëlle Plante
Raphaëlle Plante
Le Soleil
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Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du globe. Pour le travail, par amour ou juste pour voir si l’herbe y est plus verte. Le Mag présente ces expatriés qui acceptent de raconter leur nouvelle vie à l’autre bout du monde.

Nom : Marie-Pier Michaud  
Âge : 30 ans
Profession : Global Brand Manager (responsable marketing mondiale) pour une marque de luxe dans le secteur de la beauté
Ville d’origine : Québec  
Ville d’adoption : Paris
Partie depuis : 4 ans 

Ma trajectoire… 
«J’ai grandi dans une banlieue tranquille de Québec. Mon baccalauréat en poche, je suis déménagée à Montréal pour poursuivre mes études au HEC. J’ai gradué d’une maîtrise en commerce, spécialisée en affaires internationales en 2014. À la suite de quelques opportunités professionnelles, au Québec et à l’étranger, j’ai été recrutée par une compagnie internationale pour évoluer dans le département marketing. J’ai grandi au sein de l’entreprise sur le marché canadien jusqu’à ce que l’opportunité se présente pour moi : rejoindre le siège social mondial à Paris. J’avais 26 ans, un condo à Montréal et envie de voyager, j’ai donc sauté les deux pieds dans l’aventure!»

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«Habiter une ville comme Paris veut aussi dire diversifier ses transports : moins de voiture et plus de marche et de vélo! Classique promenade en vélo sur les jardins du Louvre. On aperçoit d’ailleurs la fameuse pyramide.» 

La raison de mon départ…
«Il faut dire qu’à la base, je suis une grande fan de voyage et j’adore l’aventure. Je voulais propulser ma carrière à l’international et me confronter à d’autres réalités, autant professionnelles que personnelles. Je suis super choyée d’avoir eu la chance de rejoindre le siège social mondial avec un poste me permettant de voyager un peu partout. J’ai été servie : quatre ans plus tard, j’ai fait du développement de produits, de l’innovation, des shootings publicitaires pour des campagnes qui ont été déployées au niveau mondial, je vis une opportunité incroyable! Côté personnel, j’ai aussi voyagé dans plus de 60 pays, touché et vu tellement de nouvelles choses stimulantes!»

«Paris est assez central pour plaire aux parents et aux amis! J’ai eu la chance d’accueillir mes parents chez moi à Paris et nous avons ensuite profité de la proximité pour réaliser un rêve : visiter le Portugal pour le 35e anniversaire de mariage de mes parents.» 

Le plus dur à apprivoiser... 
«Le manque d’espace. Le nombre de touristes, les petits appartements, les espaces restreints : tout est calculé à Paris!»

Je vis comme une Parisienne…
«Je vais à l’épicerie/boulangerie/poissonnerie presque chaque jour (sauf le dimanche, car les commerces ne sont pas ouverts), je marche énormément et je travaille plus tard le soir. En France, les horaires sont un peu décalés. On peut dire après quatre ans que je suis bien adaptée!»

«Mon 40e pays; je souhaitais marquer le coup en visitant une place complètement déconnectée de mon quotidien. On m’aperçoit de dos, regardant la Mosquée blanche à Abou Dhabi et portant la tunique formellement obligatoire pour les femmes et les hommes.» 

Je mange...
«Très, très bien! Paris ne tient pas sa réputation pour rien : super gastronomie, fantastique variété de nouveaux aliments que je ne mangeais pas au Québec. Il faut savoir qu’en France, si ce n’est pas de saison, il est pratiquement impossible de retrouver l’aliment en épicerie. J’ai raffiné mes choix de fromages — comté, burrata, raclette — et de desserts! Je bois aussi beaucoup de bons vins et de champagnes à la suite de ma visite dans les caves de Reims.»

«Visite de ma meilleure amie Anissa dès ma première année d'expatriation. Nous en avons profité pour saluer la tour!»

J’habite... 
«Un petit appartement au 5e d’un immeuble haussmannien des années 1800 dans le 3e arrondissement (appelé Le Marais). Mes collègues vous diront que mon appartement est immense, bien qu’il fasse seulement 50 m2 (soit un peu plus de 500 pi2). Fun fact : j’ai la chance d’avoir une chambre fermée et ce qu’on appelle une cuisine «américaine», c’est-à-dire un vrai four, un petit frigo d’hôtel avec congélateur et un lave-vaisselle. J’ai également un bidet et une laveuse qui est aussi ma sécheuse (oui, oui!).»

«Paris à la tombée du soir pendant le confinement : il n’y a presque plus personne dans les rues et même devant la magnifique tour Eiffel qui s’illumine.» 

Je m’ennuie...
«De mes proches bien évidemment, bien que j’aie été énormément choyée au niveau des visites. Sinon, je dirais des espaces verts et de la facilité de faire les choses. En France, il y a une lourdeur bureaucratique qui peut être très pesante sur des choses toutes simples de la vie. Par exemple : ils utilisent toujours les chèques; pour s’abonner à un forfait mobile, il faut écrire une lettre postale; les services courants (Internet, assurances, etc.) sont payants lorsqu’on essaie de les contacter par téléphone.»

De bons coups que je rapporterais au Québec... 
«Quelques bonnes expressions, de bonnes bouteilles et la façon de toujours challenger le statu quo. Les Français aiment bien débattre de leurs idées et je pense que la diversité des points de vue peut nourrir la discussion.»

Tournée des merveilles du monde en Europe et découverte du Moyen-Orient: la Jordanie avec Petra, la mer morte avec le sel au lieu du sable, le désert en chameau (photo) et Oman en trekking dans les grottes.

Mon pays/ma ville d’adoption à l’ère de la COVID-19…
«À Paris, le couvre-feu existe depuis avant les Fêtes. Il est maintenant à 18h, donc pour l’espace, les conditions sanitaires, le nombre de cas qui ne cesse d’augmenter et la distance avec mes proches, j’aimerais mieux être au Québec!»  

Je parle… 
«Français et anglais. J’ai d’ailleurs gardé mon accent québécois pour le plus grand bonheur (et malheur parfois) de mes collègues. J’ai appris à la dure qu’inviter quelqu’un à dîner, en France cela signifie souper et donc, cela peut être rapidement interprété comme une invitation romantique. J’ai aussi découvert quelques mots qui n’ont pas la même signification, par exemple une camisole, ce n’est pas vraiment une camisole, mais bien une camisole de force… Ici, on dit débardeur. Bref, la liste est longue!»

«Comme les appartements à Paris sont petits, les gens se réunissent et s’approprient complètement la ville. Un apéro classique à Paris c’est : une bonne baguette, un fromage et une bonne bouteille sur le bord des quais de la Seine.» 

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