Vue impressionnante sur la géographie très particulière de la capitale.

Partager l’expérience du Québec, au Luxembourg

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

Nom : Daniel Laliberté

Âge : 55 ans

Profession : Professeur de théologie 

Mon épouse, Lucie, devant une jolie cascade dans la région dite Mullerthal, qu’on appelle aussi la petite Suisse luxembourgeoise.

Trajectoire

«Je suis parti de Québec (Charlesbourg) pour aller m’installer au Luxembourg en 2014. Je travaille en ville, mais j’habite Herborn, un tout petit village de 175 habitants près de la frontière allemande, à environ 30 km du bureau.»

Raison

«J’ai fait des études de doctorat en théologie à l’Université Laval en 2008, avec l’espoir d’y enseigner. Aucun poste n’étant libre, j’ai réintégré mon ancien emploi d’agent de pastorale pour l’Archidiocèse de Québec. Puis un affichage de poste a atterri dans mes courriels. L’Église de Luxembourg cherchait quelqu’un avec une réflexion théorique et une expérience pratique sur la fin de l’enseignement religieux scolaire et le transfert de la transmission de la foi aux paroisses, aux communautés chrétiennes. Le Québec était passé par là et j’avais le profil de l’emploi. Je suis arrivé en octobre 2014. Mon épouse m’a rejoint en janvier 2015.»

La vue depuis le bureau de notre appartement, à Herborn (Est luxembourgeois).

Le plus dur à apprivoiser…

«A été la distance avec les personnes aimées. J’ai quatre enfants adultes qui sont restés à Québec où ils y ont leur vie. J’ai encore mes deux parents. Et nous sommes grands-parents, une deuxième petite-fille est arrivée récemment. J’ai aussi dû m’habituer au côté plus réservé de la population. Je dois me méfier de mon réflexe de tutoyer trop rapidement, une familiarité qui arrive plus tard ici.»

Maintenant, je vis comme un Luxembourgeois, parce que…

«Difficile à dire. La vie dans ce petit pays au centre de l’Europe n’est pas tellement différente de celle au Québec. Il serait idéal de mieux maîtriser la langue, le luxembourgeois, mais tout le monde parle français ici avec plus ou moins d’aisance et on peut communiquer. Il faut simplement atténuer notre accent québécois. Je vis peut-être à la luxembourgeoise en pratiquant le ping-pong, un sport très répandu et aussi bien organisé ici que le hockey chez nous.»

Mon frère et moi devant deux morceaux de l’ancien Mur de Berlin, apportés à Schengen, lieu symbolique, car on y a signé l’Accord de Schengen, sur l’ouverture des frontières européennes.

J’habite…

«Un appartement à la campagne avec mon épouse, un cadre qui lui convient bien comme artiste-photographe. L'hébergement en ville au Luxembourg coûte environ trois fois plus cher qu’à Québec. D’où la décision de nous installer un peu plus loin. Nous sommes en location, pour investir nos économies dans une propriété à Québec, au moment de la retraite.»

Je mange...

«L’alimentation ressemble à celle du Québec, même si on y trouve davantage de charcuteries. Il n’y a pas de maïs en crème pour faire un vrai pâté chinois. Le sirop d’érable est cher, mais on en trouve sans problème. Avec d’autres Québécois expatriés, nous avons déniché un fromager belge qui fabrique un produit proche de notre fromage en grains. En ramenant des sachets de sauce du Québec, on peut faire de la poutine! La vallée de la Moselle produit un excellent vin blanc et un excellent crémant. Et la bière coule à flots, dans ce pays voisin de la Belgique et de l’Allemagne.» 

Lucie et moi sommes engagés auprès de la communauté des réfugiés afghans. Ici, un copieux repas en guise de reconnaissance.

Je m’ennuie…

«De ma famille. Du fleuve, des lacs. Il n’y a ici que de petits cours d’eau, le plus large étant la Moselle, 10 fois plus étroite que le Saint-Laurent. Par contre, je ne m’ennuie pas de l’hiver. On a eu seulement deux semaines sous zéro l’an dernier.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec…

«Le nouveau tramway de Luxembourg-ville est magnifique et s’allonge progressivement. La circulation est très civilisée et les ronds-points sont un atout évident. Le Luxembourg accueille un nombre élevé de réfugiés et d’immigrants au prorata de sa population et arrive à les intégrer de façon intéressante. Le nombre de semaines de vacances est plus élevé qu’au Québec. Par contre, je n’importerais pas chez nous le niveau de stress dû aux exigences de productivité, avec des semaines de 40 heures partout. Enfin, ce qui m’impressionne le plus est que tous les Luxembourgeois parlent au moins trois langues, plusieurs quatre, voire cinq.»

Je reste branché au Québec en…

«Y retournant deux à trois fois par année. En écoutant régulièrement la radio de Radio-Canada et les séries de Tou.tv. En restant en contact avec plein de monde par Facebook et Messenger.»

Le cimetière américain nous rappelle que les cruautés de la guerre ont été une réalité ici.

***

ÉCRIVEZ-NOUS!

Vous avez envie de nous raconter votre vie à l’extérieur du Québec? Écrivez-nous à lemag@lesoleil.com, nous pourrions vous fournir notre questionnaire.