Peinture murale de Tintin et du capitaine Haddock à Bruxelles, en Belgique, leur pays de création.

Louise Cliche au service de Tintin, à Bruxelles

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM: Louise Cliche

ÂGE: Entre 7 et 77 ans

PROFESSION: Graphiste, responsable du studio graphique de Moulinsart, société chargée de l’exploitation commerciale de l’œuvre d’Hergé à travers l’édition, les produits dérivés et les expositions.

«Tintin et moi»

Trajectoire

«Grâce à un projet soutenu par l’Office Québec Wallonie Bruxelles, j’ai passé trois semaines à Bruxelles, à la fin des années 80, pour visiter des maisons d’édition, des agences de publicité et rencontrer des illustrateurs. J’ai trouvé cela assez intéressant pour avoir envie de revenir y passer un an. J’ai dû me débrouiller toute seule, parce que je ne connaissais personne. Mais je me disais que je n’étais pas obligée de rester, si vraiment ça n’allait pas. Jamais je n’ai pensé partir pour aussi longtemps. J’y suis depuis 30 ans!»

Raison

«Aller voir ce qui se passe ailleurs.»

Le plus dur à apprivoiser…

«La notion de service n’est pas la même qu’en Amérique du Nord. Ici, le client n’est pas roi. Je généralise, mais après quelques mauvaises expériences, j’ai résolu de garder toutes mes factures. L’Europe aime la paperasse administrative!»

Aujourd’hui, je vis comme une Belge parce que...

«Je vais boire un verre chez Pepette et Ronron, manger une frite chez Bintje (une sorte de pomme de terre), acheter mes tulipes au marché du coin... De temps en temps, je vais prendre un bol d’iode à la Mer du Nord, à une heure et demie de Bruxelles. On peut marcher des kilomètres sur la côte belge. Ou encore, je vais à la campagne, qui me rappelle les images des casse-têtes que nous faisions étant petits.»

Un verre chez Pepette et Ronron, le bar à vin du coin. Toujours un bon endroit pour l’apéro.
Kitesurf et cabanes l’hiver à la Mer du Nord

Je mange...

«Très bien! Il y a tellement de bons restos ici. Et comme Bruxelles est une ville cosmopolite, on a le choix entre les saveurs de diverses nationalités. Le bio est omniprésent dans les grandes surfaces. Il y a des marchés dans chaque quartier. La croquette de crevettes reste une valeur sûre. Et je ne parle pas des gaufres et du chocolat!»

Les fameuses gaufres belges...

J’habite...

«Un quartier où il y a beaucoup d’Art nouveau. C’est une des richesses du patrimoine belge.»

«Hôtel Solvay, façade. Une des belles maisons créées par Victor Horta, en 1898. Cet hôtel de maître est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.»

Je m’ennuie...

«Surtout de ma famille et de mes amis. Mais maintenant avec Skype et FaceTime, la distance est réduite. L’humour belge est irrésistible, mais l’humour québécois aussi et il y a des choses qui font partie de notre ADN que je ne peux pas partager ici. Sinon, à l’automne, j’ai un manque d’épi de maïs! Quant aux bagels... En Belgique, on n’a pas compris qu’un pain rond troué n’est pas un bagel. Comme la célèbre peinture de Magritte Ceci n’est pas une pipe, je songe à créer Ceci n’est pas un bagel!»

Je reste branchée au Québec en...

«Lisant La Presse+ et en papotant avec mes amis ou ma famille.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec...

«Les trains! Entre Bruxelles-Paris, Bruxelles-Londres, Bruxelles-Amsterdam... Ils sont beaucoup plus pratiques que l’avion. Je dirais aussi la douceur du temps et ma terrasse qui reste fleurie en hiver. Le vin pas cher. Une chose qui ne s’exporte pas, le contraire de ce que les Européens viennent chercher au Québec : les courtes distances. Moi qui viens d’Abitibi, j’ai bien connu les grands espaces et je les apprécie pour la paix qu’ils procurent. Par contre, en deux heures, changer de décor, d’accent, de cuisine, de culture, j’adore! Et j’apprécie la forte concentration d’art et d’histoire (musées, églises, galeries, etc.) au kilomètre carré.»

«Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu» — Jacques Brel

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