Couverture des conséquences du tremblement de terre de 8,2 sur l'échelle de Richter à Juchitan, au Mexique, en 2017.
Couverture des conséquences du tremblement de terre de 8,2 sur l'échelle de Richter à Juchitan, au Mexique, en 2017.

En Uruguay pour mieux informer

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM : Daphné Lemelin
ÂGE : 34 ans
PROFESSION : Journaliste

Ma trajectoire…
«J’ai quitté Québec après ma maîtrise en journalisme international à l’Université Laval en 2014 pour me lancer comme pigiste vidéo à Mexico. Cette aventure a débloqué sur un premier poste comme journaliste reporter d’images (JRI) pour l’Agence France-Presse (AFP) au Mexique. En 2017, j’ai quitté cette folle aventure pour assumer le poste d’adjointe à la coordination vidéo régionale de l’Amérique latine, toujours pour l’AFP, à Montevideo, Uruguay.»

La raison de mon départ…
«Mon travail me permet de passer quelques années dans un endroit, puis dans un autre. Partir pour l’Uruguay m’a permis de prendre une pause de la couverture intense et violente du narcotrafic au Mexique, et de me lancer dans le management et la coordination éditoriale. Je suis responsable d’assurer une couverture complète, impartiale et presque immédiate de toutes les grandes actualités touchant l’Amérique latine, de la coordination de nos équipes vidéo et de nos pigistes, ainsi que de soutenir la production de reportages permettant de documenter la vie des pays latinos.»

Durant une mission journalistique dans les montagnes du Sinaloa, sur la trace des trafiquants d’opium.

Aujourd’hui, je vis comme les locaux parce que…
«Aujourd’hui, je vis comme une Latino : je mange mexicain, j’ai pris des horaires latinos (ce qui comprend des petits retards acceptables, prendre le temps de prendre le temps, mais aussi de longues heures de travail jusque tard dans la nuit), j’ai un fils uruguayen, un chien de Montevideo et un fiancé d’Acapulco.»

Le plus dur à apprivoiser…
«La nourriture! La gastronomie en Uruguay est encore assez limitée, tout est très “viande, patate”, même si ça change peu à peu. C’est difficile de trouver certains légumes et fruits. Il n’y a pas de sirop d’érable (le plus dur!) et pas beaucoup d’épices. L’offre de restaurants commence à augmenter, mais disons qu’entre pandémie, horaires réduits et manque de diversité, on ne s’y retrouve pas toujours!»

L’<em>asado</em>, le «sport» national uruguayen (après le soccer). Des tonnes de viande cuisinées longuement sur la braise. Ici, par un <em>gaucho</em> uruguayen.
Le fameux «chivito» : un des plats typiques de l’Uruguay, celui-ci «canadien» parce que concocté avec du jambon dit canadien.

Je mange...
«Je mange le plus souvent possible des mets d’inspiration mexicaine, si on arrive à trouver les ingrédients!»

J’habite...
«J’habite à Montevideo, dans un appartement avec une super vue sur le Rio de la Plata. C’est une ville paisible, tranquille, où il fait bon vivre, même durant une pandémie. Parfois, c’est même un peu trop tranquille!»

Je m’ennuie...
«Je m’ennuie de ma famille! Et d’une panoplie de petites choses auxquelles on pense rarement quand on y vit. Je m’ennuie des épluchettes de blé d’Inde, de savoir où aller pour faire renouveler ton permis de conduire, des dépanneurs, du sirop d’érable, du chauffage central!»

Je reste branchée au Québec...
«En ligne, je reste branchée à actualité du Québec via Le Soleil, Le Droit et La Presse, qui couvrent les zones où j’ai vécu. J’essaie de garder un lien fort avec mes proches, mais aussi de garder un œil sur la politique et les affaires sociales, pour ne pas perdre de vue quelle est ma “maison” quand je voudrai y revenir.»

Enceinte de 9 mois, à 10 jours d’accoucher, observant la Rambla depuis le balcon de notre appartement dans le quartier Barrio Sur.

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec...
«Le système de santé! Ici, tu peux voir un spécialiste dans la semaine : mon fils a des visites chez la même pédiatre depuis sa naissance, sans attente, et tout notre suivi est en ligne. Ce n’est pas totalement public, puisque je dois payer une franchise mensuelle (obligatoire, et pas très chère) à l’hôpital en plus de mes impôts, mais quelle différence de ne pas avoir à attendre des heures à l’urgence, ou des mois pour un médecin de famille!»

Mon pays d’adoption à l’heure de la COVID-19…
«L’Uruguay a agi très rapidement, dès les premiers cas, et a réussi depuis à garder les cas à un minimum. Le hic, pour nous, c’est que les frontières sont depuis totalement fermées. Depuis le début de la pandémie, je suis en arrêt de travail préventif pour une grossesse à risque. Accoucher en pleine pandémie n’était pas prévu, et encore moins de le faire sans être entourés de nos familles. Nous sommes très contents que l’Uruguay ait su contrôler les cas, mais on a hâte de revenir au Québec présenter notre petit Uruguayen!»