Centre-ville de Moscou
Centre-ville de Moscou

Apprivoiser l’imposante Moscou

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM : Frédérique Genest
ÂGE : 26 ans
PROFESSION/OCCUPATION : traductrice à temps partiel, récemment diplômée en Relations internationales eurasiatiques (maîtrise) 

Trajectoire
«J’ai débuté mon bac en Études internationales et langues modernes à l’Université Laval en 2014. Dans le cadre de ce bac, qui offrait un profil international, je suis allé étudier en Russie de 2015 à 2016, plus précisément à Moscou à l’Université d’État russe des Sciences humaines. Après avoir gradué en 2017, je suis retournée à Moscou pour faire une maîtrise en Relations internationales eurasiatiques à l’École des hautes études en Sciences économiques.» 

Frédérique Genest lors de sa graduation, après avoir complétée une maîtrise en Relations internationales eurasiatiques à l’École des hautes études en Sciences économiques.

Raison
«Je suis retournée en Russie pour plusieurs raisons : des raisons personnelles, des raisons scolaires (un intérêt envers un programme d’études spécifique à une université spécifique), mais également parce que j’avais développé un certain attachement à cette mégapole et la vie dynamique qu’elle offre.»

Le plus dur à apprivoiser
«Malgré que ce style de vie rapide et stimulant soit ce qui m’attire le plus de cet endroit, c’est également ce qui a été le plus dur à apprivoiser. L’énergie et le temps que chaque déplacement demande est épuisant et les journées finissent très tard. Certaines actions, qui à Québec sont si simples à réaliser, prennent beaucoup plus de temps et d’efforts ici à cause des distances.»

Frédérique Genest passe par la station de métro Kievskaïa pour aller donner des cours de langue.

Aujourd’hui, je vis comme les locaux…
«Parce que j’ai appris à m’ajuster à ce style de vie effréné. J’ai mon cercle social, mes endroits préférés, mon travail qui est pour l’instant celui de traductrice et d’enseignante, mais surtout ma famille. Étant mariée à un Moscovite, j’ai beaucoup de contacts avec des gens de l’endroit et non seulement avec d’autres étrangers. Cela a beaucoup aidé à m’intégrer et à mieux comprendre et apprécier la mentalité d’ici.»

Je mange...
«Autant de mets locaux que de mets québécois. Puisque nous sommes une famille mixte, nous passons des pelmenis aux pâtés chinois, des salades Olivier au sucre à la crème! Moscou est une ville multiculturelle et nous aimons aussi profiter le plus possible de la cuisine arménienne, géorgienne, ukrainienne, et azérie lorsque nous sortons.»

Frédérique Genest au bord de la rivière Moscova avec le Kremlin (murs rouges) sur l’autre rive.

J’habite...
«Dans un appartement avec mon mari, notre fille et notre chat. Nous habitons dans un quartier plutôt tranquille, pourtant à 10 minutes de distance du métro. Trouver un appartement bien situé, abordable et agréable à habiter à Moscou peut être une vraie épreuve (la demande est énorme) et nous nous comptons chanceux.»

Je m’ennuie...
«Surtout de mes proches au Québec. Nous sommes souvent en contact et j’essaye de venir au moins une fois par année. Malheureusement, avec les frontières fermées en raison du Coronavirus, ce ne sera pas possible cette année. Ce sont dans des moments comme ça qu’on se sent très loin de chez soi. Nous avons tenté plusieurs démarches pour éventuellement retourner, mais Immigration Canada a refusé la citoyenneté à ma fille et toutes les procédures que nous avons entamées ont été extrêmement lourdes, mal gérées et d’une lenteur incroyable.»

Frédérique Genest avec ses amis devant la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux à Moscou.

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec...
«L’esprit communautaire et d’entraide que l’on retrouve ici. En effet, cette mégapole peut, à première vue, ne pas sembler la plus chaleureuse. Les gens sont pressés, fatigués… Mais la générosité russe n’est pas un mythe; après avoir vécu dans ce pays pendant quelque temps, on voit que l’entraide vient très naturellement ici. Les gens sont moins gênés de demander de l’aide, et l’offrent très généreusement lorsque vous en avez besoin.»

Frédérique Genest et ses collègues de travail

Mon pays d’adoption à l’heure de la COVID-19…
«La Russie est durement affectée par la pandémie. Durant le pic, on enregistrait jusqu’à 11 000 cas par jour. Le lockdown qui débuta fin mars était strict. Il nous était seulement permis de sortir pour jeter les vidanges, sortir le chien ou faire l’épicerie. Les amendes pour ceux qui ignoraient ces mesures étaient élevées. Le port du masque est obligatoire dans le transport public et les magasins. Tous les grands rassemblements ont été annulés et la plupart des gens passent leurs vacances d’été à la datcha (chalet) familiale.»

Vue sur Moscou