Quatre mythes sur les poules en ville

L’agriculture urbaine est l’un des sujets de l’heure. Vous rêvez d’avoir des poules dans votre cour et de déguster de bons œufs frais chaque matin? La Ville de Québec, contrairement à Lévis, autorise la possession de poules en milieu urbain.

Mais pour que votre rêve ne tourne pas au cauchemar, il est important de bien s’informer avant de se lancer dans cette aventure, insiste Louise Arbour, fondatrice de l’organisme Poules en ville. Car avoir des poules chez soi n’est pas si simple qu’il y paraît.

Louise Arbour, fondatrice de l’organisme Poules en ville

Mais, l’effort en vaut le coût! En plus de fournir de précieux cocos, les poules deviendront d’adorables animaux de compagnie pour votre famille. Voici quatre mythes à déboulonner sur les poules en ville.

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1) Il est possible de n’avoir qu’une seule poule dans notre poulailler

Il est suggéré d'avoir au moins trois poules dans notre poulailler urbain. La Ville de Québec en autorise au maximum quatre.

Louise Arbour suggère d’avoir au moins trois poules. Dans le règlement de la Ville de Québec, la possession d’un maximum de quatre poules par propriété est autorisée. Les coqs sont interdits. Les poules sont «des animaux faits pour vivre en groupe, rappelle la spécialiste. [...] Même à deux poules, c’est de la cruauté. On met en péril la sécurité des poules contre les prédateurs.» On peut se procurer des poules dans un couvoir, un magasin agricole ou une pépinière. À l’achat, elles devraient être âgées de 16 à 20 semaines et être vaccinées. Leur coût varie de 12 à 22 $ par poule. On doit les réserver tôt à l’automne, car elles partent vite, affirme Mme Arbour. Les White Leghorns, Rhode Island Red, et Golden Comet sont des espèces de poules pondeuses à privilégier. Elles pondront entre 250 et 300 œufs par année.

Quel bonheur d'avoir de bons oeufs frais chaque matin!

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2) Les poules n’ont pas besoin d’abri spécifique

Un exemple de beau poulailler

Elles ont besoin d’un poulailler. Celui-ci devrait être constitué de deux sections : l’habitation interne où les poules se perchent et pondent la nuit et la volière, où elles passent la journée, mangent et boivent. Le premier espace devrait faire environ 1 pied et demi carré par poule. Quant à la volière, on prévoit de trois à quatre pieds carrés par oiseau. Il est recommandé d’élever le poulailler du sol pour diminuer l’humidité et réduire l’accès aux prédateurs (chiens errants, chats sauvages, renards, hiboux, rats, ratons laveurs). On peut construire un poulailler nous-mêmes — différents plans sont accessibles sur le Web — ou l’acheter tout fait. Le coût varie selon l’option choisie entre 2500 $ et 4000 $. À Québec, l’émission d’un permis n’est pas nécessaire pour la construction d’un poulailler. Ce dernier devrait être nettoyé des fientes quotidiennement. L’entretien d’un poulailler nécessite 5 à 10 minutes par jour.

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3) On doit chauffer le poulailler l’hiver

«C’est un mythe, assure Mme Arbour. C’est de la mauvaise éducation concernant la garde des poules urbaines. Les poules sont beaucoup plus fragiles l’été quand il fait chaud et humide que l’hiver.» Plus de 40 espèces de poules sont en mesure de résister à un froid de - 30 ou - 40 °C. Si notre poulailler est bien construit et isolé, couvrir la volière d’un plastique est suffisant. «Il faut juste couper le vent et l’humidité», rappelle-t-elle.

Plus de 40 espèces de poules sont en mesure de résister à un froid de - 30 ou - 40 °C.

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4) Après leur période de ponte, on devrait se débarrasser des poules

› Aux alentours de trois ans, les poules ont pour la plupart fini leur période de ponte. Que faire d’elles alors? Plusieurs initiatives sont en cours pour les utiliser en zoothérapie dans les écoles et les résidences de personnes âgées. «C’est très répandu en Europe, fait remarquer Mme Arbour. On est en retard de 30 ans ici.» Les poules sont appréciées pour la texture de leurs plumes, leur chaleur et leur comportement agréable.

› Elles peuvent aussi voler la vedette! Depuis 2014, l’auteure jeunesse France-Anne Blanchet transporte ses poules aux quatre coins du Québec dans des animations-spectacles où elle démontre l’intelligence de ces oiseaux. Lors de ses ateliers, populaires auprès des petits et des grands, les poules peuvent identifier des couleurs, des cartes à jouer et faire des démonstrations d’agilité.

Pour information : poulessavantes.com

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Martin Boisvert de Néo-Terra offre une formation de quatre heures intitulée Des poules chez moi... et pourquoi pas? Les prochaines auront lieu le 29 avril de 13h à 17h au Domaine Maizerets et le 6 mai, de 13h à 17h à la résidence de Martin Boisvert au 335, rue Fortier, à Saint-Isidore. Le coût est de 60 $ par personne et 100 $ par couple. Inscriptions sur le site Web de Néo-Terra (neo-terra.ca/formations)

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Liens utiles

Poules en ville : poulesenville.com

Règlement de la Ville de Québec : goo.gl/JzBb4T

MAPAQ-Poules et poulets en ville : goo.gl/UEnjpB

Néo-Terra : neo-terra.ca