Pour ou contre la fête des Mères

La fête des Mères est une occasion de se réunir, en famille, pour célébrer la force et la présence de nos mamans dans nos vies. Le Soleil vous propose certains récits, à l'aube de vos célébrations.

POUR 

Bon pour nos p’tits cœurs

Même si je suis maintenant maman de deux enfants, la fête des Mères reste la fête de celle qui m’a mise au monde. Allez savoir pourquoi, je n’ai pas encore intégré le fait que j’avais le droit d’être célébrée lors de cette journée. Et pourtant, avec deux loupiots de quatre et sept ans, mon rôle de mère prend beaucoup de place (et de temps!) dans ma vie en ce moment.

J’ai côtoyé des gens qui avaient en horreur les célébrations. Des gens qui faisaient exprès de ne pas faire quelque chose de spécial le jour de la Saint-Valentin justement parce que c’était la Saint-Valentin et que, selon eux, cette fête n’est que commerciale et bla-bla-bla... Je n’ai jamais compris ce phénomène. Moi, je traite ces personnes de rabat-joie. Voilà!

Et qu’on ne vienne pas me dire que je me suis laissée entourlouper par le marketing et la société de consommation! Oui, la fête des Mères, comme toutes les autres, peut être commerciale... ou pas. Car qui a parlé d’acheter des boîtes de chocolats en cœur ou un bouquet de fleurs fraîches qui faneront au bout de quelques jours ou — pire! — se retrouveront dans l’estomac de mon chat?

À la fête des Mères, j’aime que mes enfants aient une pensée pour moi, ne serait-ce qu’en me soufflant doucement à l’oreille «je t’aime maman». Pourquoi? Parce que j’aime sentir que ce que je fais pour eux tout au long de l’année est apprécié.

Égoïste, direz-vous? Que nenni! En 2017, le psychiatre Robert Neuburger expliquait au quotidien Le Monde que célébrer les anniversaires était essentiel pour les enfants : «Le rituel, c’est le squelette d’une famille, comme d’une société. Sans lui, il n’y a aucun sentiment d’appartenance à un groupe. La maturité de l’enfant commence avec le fait qu’il ne se contente plus de recevoir, mais donne à son tour. Souvent de sa propre initiative, spontanément. Et à cet égard, c’est un rituel essentiel, un rituel de passage en somme.»

Alors à la fête des Mères cette année, j’inviterai ma mère à souper comme toujours. Et je lui donnerai un cadeau qui me permettra de passer du temps avec elle (chut! ne lui dites pas, c’est une surprise!). Et quand mes enfants m’offriront une jolie carte ou un petit bricolage un peu tout croche, mais confectionné avec amour, et que je verrai la fierté dans leurs yeux, je l’accepterai volontiers. Parce que c’est bon pour mon p’tit cœur... et le leur. Daphné Bédard

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CONTRE

Un bain, un livre, une bière

La fête des Mères? Connais pas.

J’ai pourtant accouché de mon premier enfant il y a 10 ans. Le plus grand bonheur de ma vie. Une petite sœur a suivi quelques années plus tard. Nouveau bonheur absolu.

Mais une fête des Mères à mon goût? Connais pas.

On dirait que tout mon cynisme ressort cette journée-là. J’aurais envie de passer 24 heures toute seule à paresser dans mon lit.

Au lieu de quoi, mon réveil sonne comme en semaine, annonciateur d’une journée occupée, partagée entre toutes les femmes de ma vie. Je les adore et elles méritent pleinement d’être célébrées. Voilà tout mon dilemme.

Ma mission : leur rendre visite et leur faire plaisir, d’abord et avant tout. Comme elles l’ont fait avec la génération précédente. Moi, ça viendra peut-être un jour, quand les enfants auront grandi.

J’ai l’air égoïste quand je me relis. Et pourtant, je pense être généreuse de mon temps et de mon énergie. J’aime recevoir, cuisiner pour les autres. Je connais les petits péchés mignons de tout un chacun. Je m’efforce de rassembler la tribu le plus souvent possible, pour remplir ma boîte à souvenirs et celle de mes enfants.

C’est peut-être pourquoi ce jour-là, consacré aux mamans qui courent tout le temps, on aurait justement le goût de le passer toute seule ou entre nous, mères-filles-amies, à nous arrêter quelques heures. À ne pas nous casser la tête comme tout le reste de l’année. 

D’ailleurs, qui rappelle au conjoint-mari-chéri de penser à un petit cadeau pour sa mère? Qui court les jardineries? Qui fait la queue à la pâtisserie pour que tout soit à la hauteur?

Une couche de plus à la fameuse «charge mentale». Vous connaissez? C’est ce travail invisible et constant pour planifier et organiser la vie domestique. Notre to-do list cérébrale.

Une fête des Mères à mon goût? D’accord pour le petit-déj’ au lit, les miettes et le collier en boutons. Mais ensuite, oust! Tout le monde dehors pour aller fêter les mamies à ma place, comme il se doit. 

Pas besoin de resto, de fleurs, ni même de petite carte pour moi. La liste de mes envies? Un bain de mousse, un bon livre, une bière, pendant que les miens s’aiment et célèbrent au loin. À moi, de moi, avec (in)gratitude! Alexandra Perron

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LA FÊTE DES MÈRES EN CHIFFRES

58 % des Québécois ont l’intention d’offrir des cadeaux à l’occasion de la fête des Mères cette année. (54% en 2017)

27 % des Québécois magasineront le cadeau pour la fête des Mères sur Internet en 2018, comparativement à 24 % en 2017. Sur ce nombre, 17 % feront l’achat sur le Web.

Quels cadeaux pensez-vous offrir pour la prochaine fête des Mères?

Friandises et douceurs: 26 %

Parfum, produits de beauté: 16 %

Vin, alcool: 17 %

Livre, musique: 15 %

Billets de spectacle, sortie culturelle: 20 %

Vêtements, accessoires de mode: 15 %

Un forfait détente: 17 %

Un repas familial (au resto ou ailleurs): 48 %

Carte-cadeau: 22 %

Des fleurs, des plantes: 56 %

Combien prévoyez-vous personnellement dépenser cette année pour vos cadeaux de la fête des Mères?

Moyenne de 62 $ en 2018 (67 $ en 2017)

De 1 $ à 25 $: 17 % 

De 25 $ à 50 $: 40 % 

De 50 $ à 100 $: 32 % 

De 100 $ à 250 $: 10 % 

Plus de 250 $: 1 %

Source: Conseil québécois du commerce de détail. Daphné Bédard