Un plat sur mesure pour l’automne que cette joue de bœuf du Il Matto, servie avec gnocchis à la crème et au pesto de basilic.
Un plat sur mesure pour l’automne que cette joue de bœuf du Il Matto, servie avec gnocchis à la crème et au pesto de basilic.

Pour emporter: Il Matto, du réconfort à l’italienne

Sophie Marcotte
Sophie Marcotte
Le Soleil
CRITIQUE / Par un soir d’automne frais et pluvieux, il n’y a pas grand-chose de mieux pour se remonter le moral qu’une soupe fumante, des pâtes et un verre de rouge. Avec son menu pour emporter, Il Matto fait du bien à l’âme.

En septembre, souffrant d’une rage de carbonara, j’avais proposé à une amie d’aller manger au Matto. Elle m’avait répondu : «Bof, on dirait qu’ils n’ont pas changé de menu depuis 2012.»

Justement : ce que j’aime de cet endroit, ce sont les valeurs sûres qui trônent toujours sur la carte, à travers une poignée de nouveautés de temps à autre. Comme un refuge alimentaire, douillet et rassurant. Mais pas plate pour autant.

En ce mercredi d’octobre où j’ai besoin d’un brin de réconfort — comme vous, j’imagine —, je passe ma commande avec enthousiasme. Mais je comprends vite que je devrai renoncer à mon envie de carbonara : au bout du fil, le propriétaire, Rocco Cortina, m’explique que leur version pour emporter est à la crème plutôt qu’aux jaunes d’œuf, car la recette classique ne tolère aucune attente. Je suis rarement puriste, mais pour les carbos, si. Je commande donc mon deuxième plat favori de ce resto : les agnolottis. Et plein d’autres choses aussi.

Le serveur qui m’accueille en début de soirée me raconte que le take-out connaît un beau succès, mais qu’ils ont très hâte de recommencer à recevoir les clients en salle. Nous aussi. En plus d’être fort sympathique, il me conseille un vin italien dont je me souviendrai longtemps : un Esperienza Numero 8 Rosso di Montalcino 2018 (Rocca delle Macie).

Soutien moral

Quinze minutes plus tard, je suis chez moi en train de déballer le repas. La soupe est encore très chaude, mais je passe les croquettes de risotto au four pour que le cœur de mozzarella soit bien coulant. Les plats principaux font quant à eux un petit tour de micro-ondes.

La minestrone du Matto compte un ajout savoureux : de petits morceaux d’épaule de porc.

La minestrone, c’est mon bouillon de poulet pour l’âme. Celle-ci est généreuse en légumes (carottes, céleri, courgette, oignons, chou frisé), mais ne compte pas de fèves. C’est comme la sauce à spag’, chacun sa recette…

Par contre, on y trouve de la viande. Lorsque j’interrogerai M. Cortina quelques jours plus tard à ce sujet, il m’expliquera qu’il s’agit d’une recette de sa mère (comme plusieurs mets au menu du Matto), qui incorpore le jus de cuisson réduit d’une épaule de porc dans le bouillon de la soupe, en plus d’inviter à la fête quelques morceaux de viande pour de la saveur en boni. C’est réussi! Et le bouillon a une texture impeccable, ni clair ni parsemé d’yeux de gras, juste assez dense. Le pain est lui aussi fait maison, avec de la pâte à pizza qui lui procure une mie «bondissante».

Les suppli (croquettes de risotto) sont corrects, mais le Matto en a déjà fait de meilleurs. Un peu trop salés, peut-être en raison de la pancetta et de la saucisse italienne qu’ils contiennent? La sauce marinara qui les escorte me semble également un brin acide.

Aussi bons qu’en salle, les agnolottis au veau m’ont encore ravie avec leur sauce crémeuse à l’équilibre parfait.

À mon immense bonheur, les agnolottis sont aussi délicieux que dans mon souvenir. Farcis avec amour d’épinards, de veau et de parmesan par la mamma de M. Cortina, ils baignent dans une sauce aux saveurs en parfait équilibre qui me fait toujours m’exclamer devant l’achèvement de cet assemblage simple : crème, pesto de basilic, prosciutto, champignons, oignons. On en boirait, je vous jure. Et même si j’ai réchauffé le plat, la cuisson des pâtes est étonnamment impeccable.

David trouve aussi matière à se mettre du baume au cœur avec la joue de bœuf, tendre et goûteuse, dont la sauce est agrémentée de lardons, champignons et cipollinis. En accompagnement, des gnocchis cuits à point dans une sauce crème et pesto.

Un plat sur mesure pour l’automne que cette joue de bœuf servie avec gnocchis à la crème et au pesto de basilic.

Et ce vin si extraordinaire? vous demandez-vous. À chaque gorgée, nous n’en sommes pas revenus. Pile dans nos goûts, et très bien fait. Un sangiovese d’une belle longueur, pas trop fruité, avec de riches notes d’épices et des tanins discrets, mais pas effacés.

Un dessert italien avec du Nutella, ça va de soi. On passe au four les deux bombas, des beignets frits (c’est presque un pléonasme) enrobés de sucre, proches cousins des churros espagnols, qu’on plonge ensuite dans une sauce faite de Nutella allongé de crème.

Octobre s’éclaire soudain. Les cannolis siciliens, on les garde comme collation pour plus tard. Oh non, nous ne les oublierons pas.

Pâte frite, sucre, sauce au Nutella : les bombas ont tout pour illuminer les soirées de novembre.

+

Il Matto

• Mets pour emporter du mercredi au dimanche (Sainte-Foy) et les vendredis et samedis (Vieux-Port)
• Menu au facebook.com/ristoranteilmatto, commandes au 418 527-9444 (Sainte-Foy) ou au 418 266-9444 (Vieux-Port)
• Coût de l’addition pour un repas (deux entrées, deux plats, deux desserts), avant taxes, pourboire et alcool : 81 $

Les cannolis siciliens ne perdent rien pour attendre…