Voyage au bout du monde

Qui aurait cru que le bout du monde était accessible en ski de fond? Si vous demandez à quelqu'un de l'organisation de la 14e Traversée de la Gaspésie (TDLG), il vous dira que c'est au parc national de Forillon que ça se passe.
À Cap-Gaspé plus précisément, où un phare et des bâtiments d'une autre époque surplombent les eaux du golfe du Saint-Laurent en contrebas. C'est ici l'extrémité orientale de la Gaspésie. 
Impossible d'aller plus loin. En tout cas, en ski de fond! Et l'endroit vaut le détour. 
C'est d'ailleurs dans une baie des environs que Jacques Cartier, en juillet 1534, aurait touché terre pour la première fois en sol canadien. Voilà pour la petite leçon d'histoire.  
Pour les explorateurs que nous sommes à notre façon à la TDLG, la journée de mercredi était un peu moins chargée avec environ 23 km pour les skieurs de fond, question de pouvoir faire en matinée la transition par autobus, des Chic-Chocs à la région de Gaspé.
Tandis que le ciel est resté gris et couvert toute la journée, le spectacle se trouvait au niveau de ce qu'on appelle ici «la mer». De bout en bout, le tracé vallonné de 23 km (en aller-retour) qui longeait les eaux couleur acier, encore en grande partie libres de glace, donnait le goût de poursuivre jusqu'au bout, juste pour voir. 
À croire que la fatigue accumulée par les skieurs depuis dimanche n'existait plus. La curiosité est un bon moteur!
Ravel en intro
Il faut dire que la journée avait démarré de manière grandiose dans cet autre théâtre d'aventure de la Gaspésie. À peine étions-nous en glisse que déjà une curieuse musique éloignée nous guidait vers le rivage à longer.
C'est donc au son du Boléro de Ravel et d'une mise en scène théâtrale sur la rive que nous avons débouché sur la côte, à Petit-Gaspé, avec devant nous l'horizon sans fin et le Saint-Laurent. Splendide.
Si nous étions désormais loin du relief des Chic-Chocs, atteindre le bout du monde allait nécessiter tout de même quelques efforts. Entre la forêt, les falaises et la mer, la progression était néanmoins loin d'être ennuyeuse.
Ceux qui ont persévéré jusqu'au sommet de Cap-Gaspé ne semblaient pas regretter leurs efforts. Dans le refuge où le ravitaillement avait été organisé, le lieu chargé d'histoire semblait avoir inspiré le groupe d'aventuriers de la TDLG. Le temps d'un Gatorade chaud et d'une bouchée, plusieurs parlaient voyages
Le défi de la neige
Le couvert de neige est une préoccupation constante pour les organisateurs de la TDLG. Au besoin, ils revoient les parcours et s'adaptent aux humeurs de dame nature. Plan A, plan B, plan C... Rien n'est laissé au hasard.
À Forillon par exemple, l'épaisseur de neige était bien mince à certains endroits exposés au vent, comme au sommet de Cap-Gaspé. 
Tandis que de la pluie était prévue pour jeudi, la bande de la TDLG réfléchissait déjà aux solutions de rechange. Mais comme notre gang est rempli de bien bon monde... il neige au moment d'écrire ces lignes et le tapis blanc qui est au sol s'annonce particulièrement joli pour cette cinquième journée.
Souhaitons-nous que ça dure! 
Moment fort du jour : outre la visite à Cap-Gaspé, la pause dans le refuge de Grande-Grave, au retour, a été particulièrement réussie. Il y avait de l'ambiance à souhait alors que skieurs et raquetteurs de la TDLG convergeaient vers le bâtiment. Autour du poêle qui faisait grand bien, les trois musiciens «de route et de montagne» du groupe les Zappalaches nous ont encore une fois offert un accueil mémorable.   
Pour suivre l'aventure de la TDLG en direct, visitez la carte interactive à https://share.delorme.com/JSMassicotte et suivez la page www.facebook.com/Le.Soleil.Plein.air.jsmassicotte
Pour cette aventure, Jean-Sébastien est l'invité de la Traversée de la Gaspésie. Il est équipé par Arc'teryx, Pelican et Osprey.