Sébastien Lapierre figure désormais parmi la vingtaine d'explorateurs qui ont déjà atteint le pôle Sud en solitaire et en complète autonomie.

Un pompier de Québec à 208 km du pôle Sud

Il est en voie de devenir le premier Canadien à atteindre le pôle Sud avec pour seul moyen de transport ses deux jambes et ses skis. En complète autonomie, sans ravitaillement ni contact humain, ne traînant derrière lui que son matériel et ses vivres, ce pompier de 38 ans de Québec approche petit à petit de son but. Alors que 208 kilomètres l'en séparent, Le Soleil a pu prendre des nouvelles lundi de Sébastien Lapierre, en direct du 88e parallèle sud, au beau milieu de l'Antarctique.
Sa voix, remplie d'énergie, ne laissait paraître aucun signe de fatigue, malgré les centaines de kilomètres parcourus depuis plus d'un mois. Parti de Hercules Inlet, près de la côte du continent de glace, à la fin novembre, il devrait normalement avoir franchi les 1200 km qui le séparaient du pôle Sud la semaine prochaine... Si tout se déroule comme prévu. Avançant au rythme moyen de 27 km par jour, l'aventurier devrait rejoindre les siens, à Québec, aux alentours du 20 janvier. 
«Ça va bien, ça va bien», a-t-il débuté, à l'occasion d'un appel téléphonique diffusé en direct sur les réseaux sociaux par notre chroniqueur plein air, Jean-Sébastien Massicotte. «Aujourd'hui, ça a été rough. [...] 300 mètres de montée en deux jours... je ne m'attendais pas que ça allait monter tant que ça», a-t-il confié, avouant que ses jambes étaient «finies» lundi soir. 
Ayant maintenant dépassé le 88e parallèle, le pompier raconte avoir atteint un plateau, duquel la vue est tout simplement fantastique. Le soleil, illuminant constamment le ciel à cette période de l'année dans l'hémisphère sud, offre un paysage splendide. «Les journées ensoleillées, c'est vraiment, vraiment, vraiment magnifique, l'Antarctique. Tous les bleus que vous pouvez imaginer, ils sont tous là.» 
Ce soleil permanent ne le gêne pas une seconde, bien au contraire. Il lui permet de recharger ses appareils électroniques la nuit, lorsqu'il dort, à l'aide des panneaux solaires, et même de réchauffer sa tente au milieu de températures extérieures avoisinant les - 40 degrés Celcius. 
Modérer ses efforts 
Prudent mais excité à l'idée d'atteindre bientôt sa destination, il reconnaît l'importance de modérer ses efforts physiques, car des jours plus difficiles sont encore devant lui. «C'est un peu dangereux, ce feeling-là, de me dire que je suis proche du but. Ça va être facile de vouloir pousser la machine. [...] Ça ne paraît pas gros, 208, quand tu te dis que j'en ai fait au-dessus de 900, mais il peut en arriver, des choses, dans ce 208-là», a-t-il expliqué aux dizaines de personnes en ligne pour écouter les dernières nouvelles de son périple. 
«Noël a été rough un peu. Je ne suis pas un tripeux de Noël, mais d'être loin de ma famille, de mes enfants, c'était spécial. D'ailleurs, le lendemain de Noël, j'ai eu un petit down», a avoué celui qui a déballé le cadeau que sa conjointe avait soigneusement placé dans ses bagages en même temps qu'il discutait avec sa famille au téléphone. 
Une fois son long voyage achevé, Sébastien Lapierre figurera parmi la vingtaine d'explorateurs qui ont déjà atteint le pôle Sud en solitaire et en complète autonomie. D'ici là, il est possible de suivre sa position sur https://goo.gl/gEAQev ainsi que le récit de son aventure sur son blogue, au https://goo.gl/WZAEoJ.