Les raquetteurs ont grimpé à la file indienne pendant plus de trois kilomètres avant de se retrouver sur les crêtes exposées au vent.

Toucher le ciel en raquettes

Peut-être était-ce dû aux effets de la fatigante journée en ski de fond de la veille. Ou encore à l'attrait d'un parcours aérien souvent évoqué depuis le début de cette aventure. Mais toujours est-il qu'une quarantaine de skieurs ont plutôt décidé de chausser les raquettes lundi pour aller explorer les sommets des monts Vallières-de-Saint-Réal, au coeur des Chic-Chocs. Pour une journée passée à toucher le ciel, c'était définitivement le choix à faire.
En ce jour deux de la 14e Traversée de la Gaspésie (TDLG), le nombre de raquetteurs a ainsi doublé au détriment des fondeurs. Ces derniers n'étaient néanmoins pas en peine avec une escapade sur l'imposant mont Ernest-Laforce. Mais tandis que les vents de plus de 40 km/h annoncés en montagne forçaient les organisateurs à revoir leurs plans pour les skieurs, il devenait clair que la spectaculaire crête des Vallières offerte aux raquetteurs était l'endroit où il fallait être.
<p>Le masque de ski était nécessaire sur les sommets. </p>
Et dire que j'ai failli rater ça! Sauf qu'au moment où les organisateurs mettaient l'accent sur les précautions du jour et les équipements à apporter, avertissant au passage que les conditions seraient sans pitié sur les sommets, le choix devenait de plus en plus évident. Quand ça prend un masque de ski pour faire de la raquette... 
<p>Pour une deuxième année à la Traversée de la Gaspésie, les participants peuvent vivre l'expérience comme raquetteurs. </p>
Car c'est aussi ça la TDLG. Pour une deuxième année, les participants peuvent vivre l'expérience comme raquetteurs. Vous savez marcher et jouer du mollet? Bienvenue à bord! Un jumelage naturel entre les deux disciplines, puis une organisation qui a suffisamment de souplesse, et voilà qu'il y a moyen de plaire pratiquement à tous selon l'humeur du moment, autant celle des participants que celle de dame nature.
<p>À la limite des arbres, après plus de trois kilomètres à monter, le spectacle de notre groupe d'environ 80 raquetteurs dans ce décor grandiose était fantastique.</p>
Spectacle unique
Je connaissais peu les monts Vallières-de-Saint-Réal et tout ce que j'en savais - une arrête 
exposée unique qui relie huit sommets - semblait d'une grande beauté et où le panorama sur l'ensemble des Chic-Chocs devait être exceptionnel. En particulier par une journée ensoleillée comme lundi.
Pour le chef guide Jacques Bouffard, aucun autre massif des Chic-Chocs n'offre une expérience comparable. Une balade de plusieurs kilomètres dans l'alpin sur une crête exposée où s'enchaînent les sommets soufflés par le vent. À faire rêver.
À destination, en prenant de l'altitude en suivant la longue file indienne qui montait au pas, il était de plus en plus évident que la journée serait mémorable. Et elle l'a été! À la limite des arbres, après plus de trois kilomètres à monter, le spectacle de notre groupe d'environ 80 raquetteurs dans ce décor grandiose était fantastique.
<p>Moment grisant du jour : marcher d'un sommet à l'autre en observant la longue file de compagnons se déployer devant soi, les nombreux raquetteurs ressemblant à des fourmis, si petits dans un panorama aussi immense.</p>
Malgré le vent constant sur la crête croûtée et le froid - facilement - 30 Celsius avec le vent - qui pinçait le visage de ceux qui tardaient à se couvrir complètement, tous se savaient chanceux d'être là. Même pour ceux qui avaient l'expérience des Vallières, la journée de lundi avec une pareille visibilité et une météo alpine aussi inspirante malgré son sérieux était spéciale.
Tout autour, l'horizon se révélait sans fin sur 360 degrés, offrant une vue imprenable sur les imposants sommets avoisinants. Un véritable terrain de jeu entre ciel et montagnes.
Au moment de devoir tourner les raquettes pour redescendre, et malgré mes nombreuses visites dans les Chic-Chocs par le passé, je me faisais encore ce même constat : difficile de croire que nous sommes toujours au Québec.
Et pourtant, en quittant le dernier sommet, après des heures dans cet environnement splendide, le vent cinglant me rappelait que je ne rêvais pas. 
Moment grisant du jour : marcher d'un sommet à l'autre en observant la longue file de compagnons se déployer devant soi, les nombreux raquetteurs ressemblant à des fourmis, si petits dans un panorama aussi immense.
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Pour cette aventure, Jean-Sébastien est l'invité de la Traversée de la Gaspésie. Il est équipé par Arc'teryx, Pelican et Osprey.