Le grand réservoir Kipawa, au coeur du Témiscamingue, est un véritable paradis pour les amoureux des sports nautiques.

Retour aux sources au Témiscamingue

C'était exactement ce que j'avais promis à ma compagne d'aventure pour justifier les longues heures de route. Les grands pins qui ponctuaient l'horizon et les innombrables baies et îles aux berges rocailleuses de l'immense réservoir Kipawa qui se dévoilaient à chaque détour. La première impression de la nature sauvage du Témiscamingue ne pouvait être meilleure.
Sur nos surfs à pagaie, nous étions en route vers les îles du Sandy Portage pour une nuit en camping. Une première expérience de la sorte en stand up paddle (SUP). Les planches chargées du strict minimum, nous étions heureux de pouvoir profiter ainsi des eaux limpides de l'imposant plan d'eau pour plus d'une journée, dans une rafraîchissante simplicité.
Un retour en pays de connaissance après une trop longue absence dans mon cas, mais surtout une occasion de découvrir l'un des quatre secteurs du tout nouveau parc national d'Opémican, petit dernier de la Société des établissements de plein air du Québec, qui doit prendre son envol officiellement en 2018. 
Pour cette aventure, nous étions un peu au sud de la municipalité de Laniel, à proximité du territoire de l'île aux Fraises, un secteur déjà bien délimité en attendant l'ouverture du parc national.
Notre abri pour la nuit, où les planches gonflables ont servi de matelas de sol pour minimiser le matériel à transporter.
Une bonne nouvelle pour la région, qui voit du coup un territoire varié de 252,5 km2 maintenant protégé. À commencer par la fougueuse rivière Kipawa, qui se jette dans le lac Témiscamingue et longtemps menacée par un projet hydroélectrique. Un véritable bijou pour l'eau vive.
Assurément, l'ouverture du parc national - le premier au Témiscamingue et parfait complément à celui d'Aiguebelle, du côté de l'Abitibi - aura un effet dans l'attrait et la rétention des touristes. Randonneurs, kayakistes, canoteurs et autres adeptes de plein air pourront s'y amuser à souhait. L'organisation d'un parc national devrait aider à faire connaître le potentiel comme jamais auparavant.
Car c'est souvent la même chose quand il est question d'une virée en Abitibi-Témiscamingue. À moins d'en être natif comme moi, c'est souvent la région qu'on tarde à découvrir. L'ultime frontière du nord-ouest québécois résiste souvent trop longtemps!
Et pourtant, le potentiel récréotouristique est bien là. Force vive derrière le site Web accespleinair.org de Tourisme Abitibi-Témiscamingue, mon amie d'enfance France Lemire l'a compris il y a longtemps. Depuis déjà plusieurs années, elle regroupe sur le Web - et désormais sur une application mobile - tous les itinéraires possibles, par activité. Durée, niveau de difficulté, aménagements, secteurs à explorer... tout y est.
C'est d'ailleurs par cette porte grande ouverte que nous avons planifié notre sortie de surf à pagaie au Témiscamingue. 
Fascinant hasard ou encore démonstration ultime de la détermination sans borne de mon amie à faire connaître ses coins d'aventure favoris, c'est dans un détour du Kipawa, sur le chemin du retour, que j'ai retrouvé France au fil de l'eau, en mission photographique avec un groupe de kayakistes! 
Ça devait bien faire 10 ou 15 ans qu'on ne s'était pas croisé...
Preuve que si la nature du Témiscamingue est grande, le monde est bel et bien petit!
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Sur des surfs à pagaie québécois
Assurément, les surfs à pagaie (SUP) gonflables Do Sport que nous avions à l'essai pour notre aventure au Témiscamingue ont fait tourner les têtes. Aisément trimballées à bord de notre véhicule et rapidement déployées à l'aide d'une pompe une fois à destination, les planches étaient parfaites pour ce périple d'exploration. Bébé de la sportive et femme d'affaires Dominique Vallée, l'entreprise Do Sport existe depuis 2012. Basé à Trois-Rivières, Do Sport propose une gamme de planches de surfs, de surfs à pagaie gonflables et rigides, ainsi qu'un modèle de kayak de mer. Pour cette première en SUP-camping, les planches de la marque québécoise offraient un juste équilibre entre maniabilité, vitesse et stabilité. Et une fois au campement, sous la bâche pour la nuit, elles ont fait de bons matelas de sol malgré leur rigidité. Info : dosport.ca