Les équipes d'Urgence-Environnement sont sur place. 

Quai Chouinard: oui aux pêcheurs, non aux autos

Les pêcheurs urbains peuvent taquiner le poisson sur le quai du Louis-Jolliet, mais pas y garer leur automobile, viennent-ils d'apprendre par la bouche d'un mystérieux agent de sécurité.
Le Soleil a publié samedi un reportage sur la pêche en ville. Le quai Chouinard, où s'amarre le Louis-Jolliet, est l'un des endroits fréquentés assidûment par les adeptes. Certains stationnent leur véhicule directement sur le quai pour avoir accès à leur coffre à pêche et à leurs appâts ainsi qu'à une glacière pour garder leurs prises au frais.
En milieu d'après-midi lundi, un agent de sécurité portant les couleurs de la compagnie Garda est débarqué pour avertir les pêcheurs que leur présence est tolérée, mais pas leurs véhicules. Il a dû les menacer d'une contravention pour les convaincre de partir.
Carl Aubut, un pêcheur habitué du secteur, s'indigne de cette nouvelle directive. Malgré l'interdiction manifeste de stationner sur le quai, ses camarades et lui n'étaient pas embêtés depuis le début de la saison et même les années précédentes.
M. Aubut fait remarquer qu'il n'y a pas de stationnement gratuit à proximité et qu'il faut tout un attirail pour pêcher au fleuve. «Quand on pogne du poisson, il faut le mettre sur la glace tout de suite pour pas qu'il se gaspille. On ne peut pas se déplacer en vélo», tonne-t-il.
L'homme va même plus loin et soutient que la présence de pêcheurs expérimentés constitue un «attrait touristique» dans le Vieux-Port. Des touristes s'arrêtent pour leur parler, des résidents se déplacent expressément pour les voir en action.
Employé du port
À la Ville de Québec, propriétaire du quai Chouinard, le porte-parole David O'Brien précise que l'endroit est loué pour une période de 10 ans à Croisières AML, qui est responsable de la sécurité et de la circulation.
S'il répète que la Ville n'est «pas du tout» dérangée par la présence des pêcheurs sur son quai et n'a pas envoyé d'agent de sécurité à leurs trousses, M. O'Brien souligne que «ce n'est pas un stationnement, ça n'a jamais été un stationnement».
Chez Croisières AML, la porte-parole Marie-Ève Malouin assure que l'entreprise n'est pas à l'origine de l'intervention auprès des pêcheurs, qui sont les bienvenus, même si elle est aussi d'avis que le stationnement n'est pas permis là où ils s'installent.
Les agents de sécurité de Garda sont plutôt employés par le Port de Québec, qui contrôle l'accès à ses propres quais tout autour. Le porte-parole Anick Métivier n'a cependant pas vu passer de rapport d'intervention spécifique pour la journée de lundi. «Si jamais c'est un de nos patrouilleurs, la seule chose que je peux voir, c'est qu'il avait des craintes pour l'accès des véhicules d'urgence sur notre territoire», a-t-il tenté. «Ce n'est sûrement pas le fait qu'ils [les gens] pêchaient», dit-il.